Innovation : seuls 39 % des assureurs ont un budget dédié !

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Selon une étude exclusive de KPMG, moins de la moitié des assureurs ont une stratégie existante en faveur de l’innovation, et seulement 39 % ont un budget dédié.

L'innovation tarde, selon une étude de KPMG, à se matérialiser dans le secteur de l'assurance
L'innovation tarde, selon une étude de KPMG, à se matérialiser dans le secteur de l'assurance
©Thinkstock

« Le produit que les assureurs vendront dans 15 ans ne sera pas celui qui les fait vivre aujourd’hui, assure Francine Morelli, associée KPMG, en charge des activités assurance. Et le cœur de métier évoluera vers le service ». Mais cela, ce sera demain car selon la dernière étude de son cabinet « A new world of opportunity : the insurance innovation imperative », seuls moins de la moitié des acteurs de l’assurance dans le monde ont développé une stratégie existante en faveur de l’innovation, et seulement 39 % disposeraient d’un budget dédié.

L'innovation bientôt un chantier opérationnel

A la loupe, ils sont toutefois 44 % à indiquer que l’innovation était au cœur des discussions de leur comité de direction lors de chacune de leurs réunions (47 % précisent que leur comité en discute au moins une fois par an…). A noter qu’à l’heure de la transformation digitale, le sujet n’est, pour 9 % des dirigeants, jamais évoqué. Où sont donc les freins ? Selon KPMG, ils résultent de la poursuite de la stratégie en cours qui n’inclue pas encore l’innovation dans sa configuration actuelle (79 %), du manque de salariés disposant des compétences moteur en interne pour mener cette innovation  (74%) et du manque d’investissement (71%). A cet égard, la ponction effectuée sur l’enveloppe budgétaire globale par les assureurs pour se mettre aux normes règlementaires explique, en grande partie, ces chiffres. La solution ? 70 % des répondants de l’étude croient aux vertus partenariales avec, notamment, le monde de la Fintech, des start-up et de l’assurtech.

Nouveaux entrants et disruption environnante

« Le digital favorise l’intrusion  de nouveaux acteurs connexes à l’assurance en abaissant les barrières à l’entrée. Dans ce contexte, les assureurs doivent accélérer leurs stratégies de diversification en imaginant de nouveaux services leur permettant de maintenir une différenciation forte sur leurs marchés », affirme Anne-Sophie Lendrevie, Director, Strategy & Operations chez KPMG qui mentionne quelques disrupteurs britanniques performants comme Beagle Street (qui a pris en deux ans 8% du marché anglais de l’assurance vie) et LIME (une plateforme d’assurance vie désintermédiée).

De quoi faire raisonner les propos de John Meyer, directeur indemnisation de Metlife : « si quelqu’un doit disrupter notre industrie, autant que ce soit nous ! ». A la tête du pôle assurance international de KPMG, Gary Reader estime même qu’« un monde d’opportunité » s’ouvre aux assureurs avec « la voiture sans chauffeur, le « machine learning », la maison intelligente, la robotisation ou encore l’intelligence artificielle ». La concurrence sur les produits classiques d’assurance est telle que les assureurs et mutuelles doivent, de toute manière, offrir d’autres gammes de services connexes liés, notamment, à la prévention des risques. « L’impératif de l’innovation n’est pas simple. Il n’existe pas de package idéal. Les assureurs doivent trouver le juste équilibre en développant de nouveaux produits, en adaptant les produits existants à chaque canal, en nouant des partenariats, tout en capitalisant sur les ressources humaines, insiste Francine Morelli, il faut passer des réflexions à la mise en œuvre opérationnelle de la stratégie »

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