InsurTech : les gagnants et les perdants

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Les vrais disrupteurs sont rares dans le secteur de l’assurance, selon une étude Oliver Wyman. La gestion de sinistres est le domaine le plus porteur.

Malgré l'avènement d'une vague d'Insurtechs, les vrais disrupteurs sont rares dans le secteur.
Malgré l'avènement d'une vague d'Insurtechs, les vrais disrupteurs sont rares dans le secteur.
©Thinkstock

«L’InsurTech passée au crible : bulle passagère ou nouvelle frontière ?», s’interroge le cabinet Oliver Wyman. Ces start-up innovantes promettent de bouleverser le secteur de l’assurance, mais, pour l’heure, la révolution attendue n’est pas au rendez-vous.«Les vrais disrupteurs dans l’industrie sont rares», conclut le cabinet après avoir passé en revue plus de mille InsurTech.

Pour l’heure, «peu de start-ups se positionnent en opposants directs», souligne Nikolai Dordrechter, directeur général de la société d’investissement Policen Direkt et co-auteur de l’étude. Sous la pression de leurs investisseurs et des difficultés à se financer à un stade plus avancé, la plupart optent, en effet, pour la voie de la collaboration avec les assureurs.

Tassement dans les domaines surinvestis

«Une bonne part des investissements actuels dans l’InsurTech semblent dictés par la volonté d’appliquer au monde de l’assurance la logique classique de l’e-commerce», ajoute Nikolai Dordrechter, Les chances de succès des InsurTech sont ainsi très inégales selon les champs d’intervention. «Certains domaines sont déjà surinvestis et vont connaître un tassement. Mais il existe encore de réelles opportunités pour les entrepreneurs et les investisseurs».

En ce qui concerne les start-up proposant des produits et services qui reposent sur l’assurance, l’activité est pour l’heure peu abondante mais il existe des «opportunités d’investissement inexploitées», en particulier pour les InsurTech se positionnant en tant que partenaires en gestion de risques. Les start-up investissant le champ du numérique ou de la cyber assurance subissent, en revanche, une forte concurrence de la part des assureurs traditionnels et ont donc moins de chances de se maintenir sur le marché.

Quant à la distribution de produits d’assurance, là encore, le nombre foisonnant de start-up n’est pas en adéquation avec l’attractivité du segment. Les courtiers en ligne qui ciblent les particuliers, par exemple, doivent faire face à une forte concurrence et ont peu de moyens de se différencier. «Il est à peu près certain que tous ne survivront pas», estiment les auteurs de l’étude. Mais il existe également des domaines où le modèle économique semble prometteur, par exemple les plateformes professionnelles, ou encore les « partenaires financiers personnels », des entreprises d’InsurTech qui proposent des offres financières personnalisées.


Une seconde vague d'Insurtech "plus créative"

Les plus grandes opportunités de succès résident, selon Oliver Wyman, dans la gestion de sinistres. «Les activités de souscription sont elles aussi attractives mais la concurrence des sociétés de réassurance y est forte», relève l’étude. Si «un certain nombre de start-up devraient échouer », les auteurs croient en l’avènement d’une seconde vague d’InsurTech «plus impactante, plus créative et plus ambitieuse, capable de modifier en profondeur la manière dont les assureurs couvrent le risque. La question est de savoir comment le secteur y répondra », souligne Dietmar Kottman, associé d’Oliver Wyman et co-auteur de l’étude.


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