Irma : quels sont les assureurs exposés à Saint Martin et Saint Barthélémy ?

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Le président de la FFA Bernard Spitz s’est rendu, aux côtés du président de la République, dans les îles françaises sinistrées. Quatre assureurs français sont en première ligne.

C’est « le sinistre le plus important en France depuis 35 ans », rappelle la Caisse Centrale de Réassurance (CCR). L'ouragan Irma, dont l’oeil a dévasté les îles de Saint Martin et Saint Barthélémy mercredi 6 septembre a causé, selon les premières estimations, 1,2 Md€ de dommages assurés. Dans les heures qui ont suivi le passage du cyclone, endommageant 90% du bâti sur Saint Martin et 70% sur Saint Barthélémy, une réunion de crise a eu lieu à la Fédération Française de l’Assurance (FFA).

Generali France qui opère sur ces îles via sa filiale à 100% GFA Caraïbes figure parmi les plus exposés à cette cat’ nat’. GFA Caraïbes revendique 3 600 contrats en automobile et 2 200 en multirisques habitation pour un chiffre d’affaires de 5M€ sur un total de 103M€. Contrairement à la Guadeloupe et à la Martinique, l’assureur ne dispose pas d’agents généraux sur Saint Martin et Saint Barthélémy où il distribue ses produits par le biais de 3 courtiers. Parmi les assureurs concernés, figurent encore Allianz France, Groupama, et dans une moindre mesure Axa France.

La profession s’est dite, par la voix de la FFA, « mobilisée » pour faciliter la déclaration de sinistres et le retour à la normale après le passage d’Irma. Son président Bernard Spitz a fait partie mercredi 13 septembre de la délégation qui s’est rendue sur place aux côtés du président de la République Emmanuel Macron, en pleine polémique sur la gestion de crise par les services de l’Etat.

Avec #EmmanuelMacron à #StMartin #solidarite de l'Etat et des #assureurs #Irma @FFA_assurance @medef @afpfr pic.twitter.com/wF7NFnskOq

Des mesures exceptionnelles

Les assureurs, eux, s’engagent à « autoriser les déclarations de sinistres par tous moyens : téléphone, Internet, lettre simple », « accepter les déclarations de sinistres au-delà du délai réglementaire de 10 jours » et à prendre en compte des photos et des témoignages pour attester des dommages si la facture n’est pas disponible. Generali France indique avoir reçu plus de 300 déclarations à ce jour, essentiellement par téléphone.

Les experts n’ont pas encore pu accéder à ces îles pour constater et évaluer les dégâts avec précision, ce qui complique la tâche des assureurs. Face à une situation exceptionnelle, la FFA a annoncé le 13 septembre de nouvelles mesures, dont la prise en charge du coût des transports des véhicules endommagés sur la voie publique, le versement d’une avance immédiate aux assurés dont la résidence principale est inhabitable et la couverture des pillages par la garantie vol des assurés sans tenir compte des conditions d’effraction habituelles.

Une prise en charge jusqu'à 100% par CCR

Ces sinistres étant couverts par le régime des cat’ nat’, Generali, Allianz, Groupama et Axa pourront faire appel au schéma de réassurance publique de la CCR. Selon ce dernier, si les sinistres excèdent 3200% des primes retenues localement, se déclenche une garantie stop loss (en excédent de perte) pour les dommages aux biens, ce qui signifie que la CCR peut prendre en charge jusqu’à 100% du sinistre avec la garantie de l’Etat. Aux Antilles, depuis la loi d’orientation sur l’outre-mer en 2000, le régime cat’ nat’ s’applique également aux dégâts commis par le vent, alors qu'en métropole, ces derniers sont pris en charge par la garantie tempête dans la RC habitation.

Selon un réassureur, « les assureurs ont fait pression pour pouvoir disposer de la réassurance publique pour ces cat’ nat’ dans les territoires d’outre-mer. Ils ne souhaitaient pas prendre ce risque et préféraient bénéficier de la garantie de l’Etat ». « La capacité mise à disposition par les réassureurs privés sur la zone Caraïbes est limitée, ces derniers étant tentés d’allouer de la capacité sur les territoires où les primes sont plus élevées. Il existait donc une incertitude sur la capacité du marché de la réassurance à répondre à ce risque », se défend, au contraire, une cédante.

 



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