L’assurance, championne de l’investissement responsable (ISR) en 2015

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Avec 746 Md€ d’encours gérés selon les critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance (ESG), l’investissement socialement responsable a enregistré un nouveau record en 2015. Un succès largement nourri par la contribution des assureurs qui pèsent pour près des 2/3 de l’investissement total.

Les assureurs constituent les principaux contributeurs de l’investissement ISR en France. Avec 465 Md€ d’encours gérés au 31 décembre 2015, ils pèsent à eux-seuls près de 62% des encours ISR au global.
Les assureurs constituent les principaux contributeurs de l’investissement ISR en France. Avec 465 Md€ d’encours gérés au 31 décembre 2015, ils pèsent à eux-seuls près de 62% des encours ISR au global.

Le marché de l’investissement socialement responsable (ISR) a eu clairement le vent en poupe en France en 2015, année de la COP21. Et pour cause : l'an dernier, les encours comptabilisés sous la bannière ISR, c’est-à-dire l’ensemble des gestions qui intègrent les critères E, S et G, ont atteint 746 Md€, soit une progression de 29%. De quoi représenter « entre un quart et un cinquième des encours totaux », souligne Dominique Blanc, directeur de la recherche sur l’ISR au sein de Novethic, centre de recherche sur l’économie responsable.

Les assureurs, premier contributeur en volume…

Les assureurs constituent les principaux contributeurs de l’investissement ISR en France. Avec 465 Md€ d’encours gérés au 31 décembre 2015, ils pèsent à eux-seuls près de 62% des encours ISR au global. De même, ils ont généré 55% de l’augmentation des volumes d’investissement responsable en opérant notamment d’importantes conversions de fonds préexistants (pas de souscription de nouveaux fonds mais une requalification de fonds existants sous l’étiquette ISR avec plus ou moins d’ambition sur les critères ESG). Ces retraitements d’actifs, pour un montant estimé « d’au moins 80 Md€ » selon Novethic, expliquent pour près de la moitié de la croissance des encours en 2015.

Dans une moindre mesure, l’épargne salariale participe également à la dynamique de l’ISR en France. Selon l’Association française de la gestion financière (AFG), les encours ISR de cette catégorie d’actifs ont atteint 22 Md€ l’an dernier (+14,5%).

…Mais pas les plus ambitieux en termes d’ISR de conviction

En termes de pratiques d’ISR, l’approche des assureurs reste pour le moins minimaliste au regard des quatre grandes catégories existantes, de la moins ambitieuse à la plus ambitieuse :

 

  • Les contraintes ESG : ce processus de gestion, qui représente 338 Md€ d’encours, consiste à geler, limiter ou interdire l’investissement dans les entreprises qui présentent un profil de risque ESG majeur ou à imposer aux gérants un seuil minimal de qualité ESG. Les assureurs sont particulièrement friands de cette approche, réputée la moins contraignante.

 

  • La sélection ESG : cette stratégie, qui pèse 312 Md€ d’encours en 2015, repose sur une sélection des émetteurs présentant les meilleurs pratiques du marché. C’est l’approche dite « best in class » (sélection des meilleurs élèves de la classe dans un secteur d’activité) ou « best in universe » (sélection des meilleurs élèves indépendamment du secteur, conduisant à écarter les secteurs dits à risque comme le charbon).

 

  • La valorisation financière : intégration systématique des critères ESG dans la valorisation, la notation ou les recommandations financières des émetteurs (83 Md€ d’encours en 2015).

 

  • Les investissements thématiques : c’est le must de l’ISR. L’entreprise en question est-elle porteuse de solutions environnementales, sociales, de santé majeures ? Ils ont représenté l’an dernier près de 43 Md€, investis à hauteur de 36% par des particuliers via l’assurance vie.

 

Progression des stratégies de gestion ISR en 2015 :

Source : Novethic et le Forum pour l'investissement responsable (FIR)

De plus en plus d’exclusions, un effet COP21 ?

L’an dernier, les investissements ont procédé à davantage d’exclusions de valeurs dans leurs univers d’investissement pour des motifs divers : éthiques, environnementaux, de santé publique… Faut-il y voir un effet COP21 ? La question se pose puisque les exclusions d’entreprises (dites « normatives ») ont porté sur un montant de 2 621 Md€ en 2015, soit un bond  de 34% !

Autres formes d’exclusions, celles dites « sectorielles », ont concerné 631 Md€ (+8%). Le premier secteur exclu reste la production d’armement, suivi du tabac à l’instar d’Axa qui a annoncé sa sortie cette semaine, des jeux d’argent, de l’alcool mais aussi du nucléaire, des OGM et des énergies fossiles.

A noter que les exclusions ne sont pas comptabilisées dans l'ISR dans la mesure où elles n'ont aucun impact sur le processus de gestion financière.



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