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L’assurance chiens et chats, un marché au poil

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La couverture santé des animaux de compagnie est en pleine expansion. Les acteurs commencent à se bousculer sur ce segment et tentent de se différencier à coups d’innovations.

Les assureurs seraient-ils de grands amis des bêtes ? Une recherche Google pour « assurance chien et chat » fournit des dizaines de résultats. Bon nombre des grands assureurs et bancassureurs de la place proposent des offres, tout comme quelques institutions de prévoyance et mutuelles. Mais les plus nombreux sont les courtiers, généralistes ou spécialisés. « Le marché est porteur », déclare Najla Barouni, directrice marketing d’Assur O’Poil. Ce courtier généraliste s’est spécialisé depuis le début des années 2000 sur le créneau des chiens et des chats, qui représente aujourd’hui 90 % de son activité. Assur O’Poil, qui annonce 200 000 assurés, une croissance de 70 % depuis dix ans, s’est internationalisé en Belgique en 2009, puis en Italie l’an dernier.

Un marché mouvant

« Le marché de l’assurance animale a eu du mal à décoller, mais il se développe bien depuis quatre ou cinq ans, avec une croissance moyenne de 5 % par an. C’est devenu un marché porteur où les produits évoluent assez fortement et rapidement », confirme Karim Irouche, PDG du courtier grossiste ECA Assurances. Comparé aux pays anglo-saxons ou nordiques, le potentiel paraît considérable : en l’absence de statistiques fiables, faute de sécurité sociale pour animaux de compagnie, on estime que seulement 4 à 8 % des douze millions de chats et sept millions de chiens français bénéficient d’une assurance santé – contre 35 à 40 % en Grande-Bretagne et le double en Suède – pour un volume de cotisations évalué entre 100 et 150 M€. Le changement de la relation à nos compagnons à quatre pattes favorise l’essor du marché. « L’animal devient de plus en plus le troisième enfant d’une famille moyenne, et le chef de famille veut faire face à son budget santé. C’est vrai surtout dans les villes, car nous avons une majorité d’urbains assurés », explique Rémi Maillard, souscripteur affinitaire chez Allianz France. Et comme s’ils agissaient pour eux (lire encadré), les humains ne lésinent pas sur la dépense : ils préfèrent souscrire des formules complètes plutôt qu’une garantie d’entrée de gamme limitée aux frais liés à un accident et à l’hospitalisation afférente.

Les Français préoccupés par la santé de leur animal

  • 61 % des possesseurs de chiens ou de chats portent quotidiennement autant attention à la santé de leur animal qu’à la leur.
  • 93 % des possesseurs de chiens ou de chats connaissent l’existence des assurances pour animaux.
  • 18 % des possesseurs de chiens ou de chats ont une assurance santé pour leur animal ou souhaitent en prendre une.
    Source : Opinionway/Assur O’Poil, janvier 2016.

Des garanties qui ont du mal à se différencier

La fabrication d’une assurance pour chien ou chat est assez classique. « Comme pour la santé humaine, la santé animale est un risque de fréquence, et les actuaires de notre direction technique ont bâti des tables statistiques », indique Karim Irouche. Outre la race et ses risques de santé propres, Allianz adapte aussi ses tarifs en fonction de la zone géographique, les tarifs des vétérinaires étant un peu plus élevés dans les grandes villes. D’autres acteurs, comme Assur O’Poil, pratiquent une tarification unique. Quant aux garanties, elles présentent de nombreuses similitudes d’une offre à l’autre. Si les curseurs varient, les franchises et surtout les plafonds de remboursement sont pratiquement généralisés, tout comme l’assistance. « L’innovation prend de l’importance, car sur les aspects produits et techniques, il devient de plus en plus difficile d’être différenciant », souligne Karim Irouche. Ainsi, ECA Assurances surfe sur l’actuelle vague des objets connectés en proposant à ses assurés un dispositif de géolocalisation pour retrouver les chiens et chats perdus. Le traceur GPS, intégré au collier de l’animal, offre une précision de dix mètres. Comme le bracelet connecté du sportif, il autorise aussi une surveillance au quotidien de son chien ou de son chat. « Toutes les informations sont disponibles sur l’espace client de notre site. Si le maître constate que son animal ne parcourt plus qu’un kilomètre par jour au lieu des cinq habituels, cela peut être une alerte indiquant qu’il est temps de consulter le vétérinaire », explique Karim Irouche. Allianz privilégie une approche focalisée sur la santé de l’animal : « Nous travaillons avec des courtiers partenaires et des vétérinaires sur des objets connectés permettant de détecter les pathologies les plus courantes, comme des problèmes cutanés ou de la fièvre », indique Emmanuel Gombault, en charge de la direction Groupements chez Allianz France.

Chez Assur O’Poil, on s’efforce « d’apporter autre chose, de fédérer les propriétaires d’animaux », souligne Najla Barouni. La société mise sur les réseaux sociaux et des manifestations sur le terrain. Elle a parrainé la « Doggy Poil Express », un Canicross (course avec son chien) organisé au Bois de Boulogne. Tandis qu’elle se développe, l’assurance pour chiens et chats s’affirme comme un champ d’innovation. La preuve : Otherwise, le pionnier de l’assurance santé « collaborative », vient de se lancer sur ce marché.


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article extrait de l’argus de l’assurance

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