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L'Europe, un terrain de jeu à fort potentiel

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Le marché français gagnant en maturité, certains acteurs du monde de l'assurance affinitaire partent à la conquête de nouveaux marchés. De nouveaux territoires à investir, situés principalement en Europe.


9 Md€ Le poids du marché européen de l'assurance affinitaire estimé par le cabinet d'étude britannique Finaccord.

Présents sur le deuxième marché européen derrière celui du Royaume-Uni, les acteurs français de l'assurance affinitaire n'hésitent pas à traverser les frontières hexagonales pour tester leur expertise à l'étranger. Mais dans ce domaine d'activité, il n'est pas nécessaire d'aller à l'autre bout du monde. L'Europe représente déjà un terrain de jeu propice au développement. Pour preuve, fin 2011, la société britannique Finaccord estimait que les trois-quarts du marché européen de l'affinitaire se répartissaient sur cinq pays, le Royaume-Uni et la France, suivis de très loin par l'Allemagne, l'Italie et les Pays-Bas. Il n'en fallait pas plus pour que des groupes comme SPB investissent en Europe.

La logique affinitaire a sa place dans n’importe quel pays. Aujourd’hui, les pays de l’Est ont réellement le vent en poupe.

Marie Bazetoux, directrice affinitaire et risques spéciaux chez Gras Savoye

Un appel d'air en direction de l'Europe

Pour autant, selon Jean-Marie Guian, président du directoire du courtier havrais, cette envie d'ailleurs ne s'explique pas forcément par la saturation du marché français. « Nous avons effectivement commencé à tisser notre toile dans plusieurs pays européens comme l'Espagne, la Grande-Bretagne ou encore la Pologne, l'Allemagne et le Benelux. Mais cette volonté d'internationaliser nos activités ne vient pas du fait que le marché français est saturé, car il ne l'est pas. » L'objectif de SPB est d'intervenir dans ces pays par le prisme assurantiel pour ensuite consolider une activité plus circulaire, à l'image de son activité française, allant de la conception à la gestion du produit en passant par l'apport de services (recyclage, produits de remplacement, etc.).

Pour Aon ou Gras Savoye, l'international est ancré dans leurs gênes ou tout du moins dans leurs partenariats historiques. Ce qui les pousse à nourrir des objectifs internationaux ambitieux, notamment sur l'activité affinitaire. « Notre force est de pouvoir nous appuyer sur les innovations technologiques mises à disposition du réseau affinitaire monde du groupe Aon. Les nouvelles technologies nous aident. Une plateforme reprenant les meilleurs développements de plusieurs pays peut être utilisée sur tous les autres territoires. Nous déployons d'ailleurs en France une nouvelle solution e-commerce affinitaire qui reprend justement certains développements significatifs enregistrés dans d'autres pays comme l'Argentine et la Grande-Bretagne », explique Marie-Hélène Seguy, directrice du développement affinitaire chez Aon France. Et d'ajouter : « Aon est installé dans de nombreux pays où il est très actif dans l'affinitaire en IARD comme en assurances de personnes. Le groupe s'est ainsi fixé au niveau mondial l'objectif ambitieux de 7% de croissance par an. »

Un potentiel non négligeable

Le caractère rapide, agile, réactif et innovant de l'assurance affinitaire semble répondre aux préoccupations de tous les pays, quel que soit leur contexte socio-économique. « Le lien classiquement étroit entre la croissance du pouvoir d'achat et l'assurance affinitaire est mis à mal par des expériences réussies dans des pays ne répondant pas à ces critères », souligne Patrick Raffort, président de la FG2A (Fédération des garanties et assurances affinitaires), qui cite en exemple une assurance prévoyance affinitaire liée à un abonnement de téléphonie mobile à Madagascar. Par ailleurs, le caractère atomisé de l'assurance affinitaire, l'immédiateté du sinistre et la durée relativement limitée des garanties favorisent les expériences, même sans bases statistiques importantes. Autant de critères propices à des implantations, y compris dans des zones culturellement peu attachées à l'assurance. « Le faible montant des primes permet d'expliquer le principe même de l'assurance et pourrait accroître le taux de pénétration dans des pays très faiblement équipés », estime Ghassan Wazen, vice-président et directeur général de Ace Égypte. Mais attention, tout cela doit s'exercer dans un cadre juridique. Or, selon Pierre Bichot, avocat spécialisé en droit des assurances : « L'assurance affinitaire est un véritable casse-tête, un Ojni, un objet juridique non identifié ! » Sans compter que l'assurance affinitaire est un produit sans frontières, une caractéristique que les pays qui l'initient doivent introduire rapidement dans leur réflexion, en prévoyant, par exemple, des accords panafricains.

A.L

Des besoins à cerner

Pour d'autres, ce sont des partenaires historiques qui leur ont permis de tisser une toile au niveau mondial. Tel est le cas de Gras Savoye, qui, avec son partenaire actionnaire Willis, est aujourd'hui fortement présent en Europe et en Amérique latine dans le domaine affinitaire. « Il n'y a pas réellement de différence majeure entre les pays en termes d'appréhension de la démarche affinitaire, considère Marie Bazetoux, directrice affinitaire et risques spéciaux chez Gras Savoye. Voilà pourquoi nous développons des produits similaires à la France que ce soit en Espagne (assurance moyens de paiement) ou encore en Italie (responsabilité civile des infirmières, professions médicales, avocats...) et en Pologne (milieu associatif sportif). »

Un constat que ne partage pas entièrement Valentine Studer, directrice des assurances de personnes et affinitaires chez Ace France, qui d'expérience d'assureur, estime cependant que certains besoins diffèrent parfois d'un marché européen à l'autre. « Selon le pays où nous sommes implantés, nous avons des positions et des cibles différentes qui s'adaptent aux besoins du marché et aux opportunités. Au niveau de la France et de l'Espagne, nous sommes fortement actifs en risques des petites entreprises. Pour ce qui est du Royaume-Uni, nous sommes davantage présents en téléphonie et associations sportives. En Allemagne, par exemple, nous avons une offre affinitaire pour les militaires », ajoute-t-elle.


Jean-Marie Guian, président du directoire de SPB
« Nous devons d'abord consolider nos positions actuelles »

Est-il possible d'exporter le modèle français vers d'autres pays européens ?
Nous remarquons que les différents marchés domestiques où nous sommes implantés nous offrent une vraie opportunité de développer nos activités de services. Nous sommes situés à plusieurs endroits de la chaîne de valeurs assurantielles : de la conception du produit assurantiel en passant par sa gestion ou encore la réparation et la valorisation des matériels, notamment informatiques et de téléphonie. Dans les filiales étrangères où nous ne sommes présents que par le prisme assurantiel, nos directeurs nous demandent d'exporter certains des services déployés en France comme notre réseau de boutiques Point Service Mobiles.
Quelles sont vos ambitions à l'international ?
Nous enregistrons de bonnes performances au Royaume-Uni et nous connaissons des accélérations notables en Italie, au Benelux, au Portugal ou encore en Pologne. Sur ce dernier territoire, il faut néanmoins être patient car c'est un pays encore jeune au niveau de l'assurance affinitaire. Notre ambition n'est pas d'ouvrir à tout prix d'autres filiales dans de nouveaux pays mais bien de consolider nos positions actuelles et de devenir une référence dans chacun d'eux et sur tous nos métiers.

PROPOS RECUEILLIS PAR THOMAS BAUME


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Jean-Marie  Guian

Jean-Marie Guian

Président du directoire de SPB

Jean-Marie Guian est né le 5 mars 1965 à Sainte Adresse (Seine Maritime). Diplôme de l’École des hautes études commerciales (HEC). 1990 : master du Community of European Management Schools [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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