La Hongrie : un marché prometteur

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Une majorité de Hongrois ne recourt pas aux services des assureurs. Mais la montée en puissance de compagnies étrangères dynamise le secteur.

«Lors des crues de 2002, les gens qui n'étaient pas assurés ont reçu des compensations financières de l'État souvent supérieures aux remboursements perçus par les foyers ayant une assurance. Cela nous a fait beaucoup de tort, regrette Zoltan Forgacs », directeur de l'Association des compagnies d'assurances hongroises (Mabisz). Malgré cette mauvaise publicité, l'assurance connaît un bel essor en Hongrie.

L'auto en promo

En dix ans, le montant total des primes est passé de 347 ME à 2,25 MdE. Le tiers de ce chiffre d'affaires est réalisé en auto. Pour obtenir un prêt en vue d'acquérir une voiture, les Hongrois sont désormais obligés de souscrire un contrat dommages (Casco). Mais à peine 20 % du parc est couvert. Allianz est le leader incontesté du marché (43 %), loin devant Generali-Providencia (15,5 %). Ce contrôle commence toutefois à s'effriter. Car les nouveaux venus recourent à la promotion pour rafler des clients. En 2001, Groupama (1) a ainsi proposé des contrats 30 % moins cher que ses rivaux. En deux ans, le groupe français a séduit 250 000 conducteurs, mais ses pertes ont culminé en 2004 à 10 ME pour un chiffre d'affaires de 55 ME. Forcé de monter ses prix de 30 % pour garder la tête hors de l'eau, le groupe a perdu 100 000 clients très rapidement. Cette guerre des prix est presque une nécessité pour les « petits » qui n'atteignent pas la taille critique. Allianz, qui a racheté Hungaria Biztosito, l'un des deux ex-monopoles d'État, possède toujours une part de marché supérieure à 25 %. Et les heureux membres du « Big 5 » (lire ci-contre) contrôlent encore 77 % du marché hongrois.

Le seul « petit nouveau » à percer est ING. Le géant néerlandais est aujourd'hui le leader (27,5 %) de l'assurance vie, qui représente 44 % des contrats signés en 2005. L'ancien monopole d'État, AB, repris par Aegon, n'a pas résisté aux nombreuses campagnes de publicité d'ING et il se contente d'une position de dauphin avec une part de marché à peine supérieure à 15 %.Malgré sa taille encore restreinte et son histoire toute récente, le marché hongrois de l'assurance ne ressemble pas au Far West roumain ou ukrainien. La loi en vigueur depuis l'entrée dans l'Union européenne, le 1er mai 2004, prévoit la possibilité pour les assureurs de placer leurs réserves à l'étranger. En contrepartie, ils doivent communiquer à leurs clients des informations précises sur le risque. Le taux maximal des placements les plus risqués est fixé par l'État. « L'Europe n'a pas bouleversé nos habitudes, car nous nous étions bien préparés à cet événement », résume Zoltan Forgacs.

Une croissance attendue de 6 % à 8 %

Les compagnies installées en Hongrie peuvent également regarder l'avenir avec une certaine sérénité. « L'effervescence du passé est derrière nous, mais le chiffre d'affaires en non-vie devrait gagner de 6 % à 8 % par an d'ici à 2009 », prévient François Maresquier, directeur général de Groupama Biztosito. D'autant que d'autres inondations pourraient faire brutalement évoluer les mentalités. « En vie, les revenus pourraient augmenter de 6 % par an. Au fil du temps, les gens vont s'apercevoir que s'assurer est un besoin. »



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article extrait de l’argus de l’assurance

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