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Le réglementaire pèse toujours sur les budgets des systèmes d'information (Baromètre Accenture-l'Argus)

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Les obligations réglementaires imposent aux assureurs de mener de nombreuses modifications au sein de leur système d’information, au détriment d’investissements plus productifs

« Le poids du réglementaire est de plus en plus important et nous laisse de moins en moins de possibilités d’investissement dans les projets métiers. Il détourne une partie de nos budgets », regrette, comme nombre de DSI, Christian Chaboud, directeur général de MGEN Technologies. En effet, les ressources des services informatiques n’étant pas extensibles, il faut prioriser les projets. Et ceux qui ont trait au réglementaire sont indispensables...

Toujours Solvabilité 2...

salariés, et ce depuis des années. Quand ils en parlent, les DSI espèrent toujours que le pic d’investissement est atteint, mais force est de constater qu’en 2015, seuls 10 % d’entre eux prévoient une baisse. « Ce sera encore un budget important pour 2016 et 2017, car nous sommes partis assez tard », confirme Pascal Courthial, DSI du groupe Humanis. Il est notamment encore nécessaire de renforcer la traçabilité et la qualité des données utilisées pour les reportings. Ce qui peut vite devenir coûteux... « Il faut tracer les données. Actuellement, on ne garde que le résultat de chaque traitement et non pas les données indiquant qui a effectué le traitement, comment il est survenu, comment le résultat a été obtenu, où la donnée a été publiée, etc. Un tel suivi oblige à multiplier le parc de données par cinq ou six », souligne Pascal Courthial. Ce qui signifie décupler les capacités de stockage. En outre, nombre de contrôles de la qualité des données sont encore manuels. Les DSI doivent travailler à leur industrialisation afin de gagner en productivité et en pertinence. « Nous avons déjà un dictionnaire de données, mais l’objectif est d’automatiser un ensemble de règles de gestion et de contrôle, permettant ainsi de maîtriser à grande échelle l’ensemble des flux de datas issus des apporteurs et des délégataires de gestion », confirme Philippe Merville, DSI du groupe Agrica.

… encore l’ANI

Avec l’accord national interprofessionnel (ANI) de janvier 2013 généralisant la complémentaire à tous les salariés, les acteurs de la santé ont dû créer de nouveaux produits et accélérer la mise en place de services digitaux en 2014 et 2015. « Cela a représenté beaucoup de paramétrages et a monopolisé une grande partie de nos équipes. Nous avons également dû adapter les produits d’aide à la vente pour nos chargés de clientèle et développer un site de vente en ligne de bout en bout pour les petites entreprises. La prochaine étape est la signature électronique et le paiement en ligne », résume Éric Chevallereau, DSI d’Adréa Mutuelle. L’ANI va continuer à mobiliser des investissements en 2016. « Ayant décidé de nous adosser aux réseaux nationaux de Groupama et de Crédit agricole Assurances en tant que distributeur, l’impact est fort sur notre SI. Nous allons bâtir des extranets pour structurer la relation avec ces distributeurs et renforcer notre système de gestion. Il nous faut également adapter ce qui touche au décisionnel et reporting. Cela accélère donc les investissements », précise Philippe Merville, d’Agrica.

… plus la DSN

La déclaration sociale nominative (DSN) va également constituer un gros chantier. « Pour les cotisations santé, prévoyance et retraite complémentaire, elle a d’importantes répercussions sur le système de paiement et de recouvrement des cotisations », note Jean-Christophe Combey, DSI d’AG2R-La Mondiale. À cela, s’ajoutent chaque année les modifications la loi de Finances, les suites de la loi Hamon, les normes d’informations financières...

Vers une stabilisation des dépenses ?
Comment vont évoluer vos investissements informatiques pour chacun des domaines ci-dessous ? (En%)

Seuls 10% des DSI prévoient une baisse de leurs investissements liés à Solvabilité 2 cette année. Même si les budgets commencent à se stabiliser, cela représente toujours un effort important.

« Un coût de plusieurs milliers de jours-homme » : Jean-François Vigneron, DSI de Covéa

« Le réglementaire, avec la loi Hamon, Solvabilité 2 ou encore l’accord national interprofessionnel (ANI ) de janvier 2013, représente une part importante de nos investissements. Il mobilise de plus en plus de jours-homme dans nos plans de charge, au détriment parfois des investissements pour les métiers. Nous avons un pic pour Solvabilité 2, et cela continuera l’an prochain, notamment pour aligner nos référentiels, nos reportings, et continuer l’industrialisation de la production des rapports. Cela représente plusieurs milliers de jours-homme. Nous avons aussi fait un gros travail sur les offres en 2014 et en 2015 pour répondre aux enjeux de l’ANI, en sortant de nouveaux produits. Il a donc fallu faire des développements pour adapter les SI . Après 2016, les montants investis dans le réglementaire devraient décroître, alors que le digital continuera à progresser. »


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