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Les inondations pourraient coûter 2 Md€ de dommages aux assureurs

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Au soir du vendredi 3 juin, le nombre de dossiers dépasse le seuil de 43 000 pour un coût qui devrait dépasser largement celui des intempéries d'octobre 2015 en Côte d'Azur pour atteindre 2 Md€, selon les premières estimations. Les représentants des assureurs se réuniront ce lundi matin avec la secrétaire d'Etat chargée de l'aide aux victimes, Juliette Méadel,  pour coordonner l'indemnisation des victimes des inondations.

Bernard Spitz, président de l'Association française de l'assurance, en déplacement à Longjumeau, ville sinistrée, entouré de Manuel Valls et de Valérie Pécresse.
Bernard Spitz, président de l'Association française de l'assurance, en déplacement à Longjumeau, ville sinistrée, entouré de Manuel Valls et de Valérie Pécresse.

Alors que la Seine amorce sa décrue à Paris, les départements de la Seine-Maritime et de l'Eure ont été placés samedi 5 juin en vigilance rouge, selon Météo France. De leurs côté, les assureurs sont en mesure de livrer leurs premières estimations concernant les déclarations de sinistres en auto et habitation auprès de leurs assurés.

Au total, au soir du vendredi 3 juin, le nombre cumulé de dossiers atteint le nombre de 43 386. Un chiffre bien évidemment provisoire recueilli auprès de sept assureurs dommages : Covéa (numéro un en France), Axa France (numéro 2 français), Groupama (numéro 3 français), Generali (numéro 6 en France) Macif, Matmut et Maif. La veille, Jean-Vincent Raymondis, membre de la commission catastrophe naturelle de la Fédération des sociétés d’expertise (FSE), évoquait, de son coté, un premier chiffre de « l’ordre de 40 000 sinistres selon les données de simulation en IARD ».

Covéa et Macif, assureurs les plus exposés
 

  • Covéa (Maaf, MMA et GMF) : 15 000 dossiers
  • Axa France : 1695 sinistres grêles déclarés (1156 en auto et 539 hors auto) et 1129 sinistres orages/inondations.
  • Groupama : 3 900 appels reçus entre lundi 30 mai matin et mercredi 1er juin (comptabilisés tôt ce jeudi 2 juin) pour 1800 déclarations qualifiées.
  • Generali : plus de 600 sinistres grêle enregistrés à date et plus de 500 sinistres inondations.
  • Macif : 11 300 dossiers enregistrés dont 7 200 suite à la tempête de grêle le week-end du 28/29 mai (3 900 en auto et 3 300 en MRH et 4 100 liés aux inondations (600 en auto et 3 500 en habitations).
  • Matmut : 5 000 dossiers enregistrés (environ 2/3 habitation, 1/3 véhicules).
  • Maif : 6362  dossiers enregistrés. Les départements les plus touchés : 31 (941), 44 (692), 45 (539), 77 (364), 78 (325), 91 (315).

Un coût PROBABLEMENT supérieur aux inondations d'octobre 2015

En déplacement dans la commune de Longjumeau aux côtés de Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et le Premier ministre, Manuel Valls, Bernard Spitz, président de l'Association française de l'assurance (AFA), a apporté le soutien des assureurs auprès des sinistrés. A ce stade, « il est encore trop tôt pour avoir une première estimation », a-t-il déclaré.

Quant aux montants des dommages, le président de l'AFA estime qu'il « est probable que le coût de cet épisode ne sera pas inférieur à celui des inondations qui avaient touché la France en octobre 2015 avec des dommages de l'ordre de 600 M€, même si ces deux évènements climatiques sont très différents. »

Au micro de France Info, Pascal Demurger, directeur général de la Maif et vice-président de l'AFA, précise : « Sur la base des déclarations à la Maif, le bilan va être très lourd. Si on compare aux inondations de 2015, nous estimons, pour ce qui concerne la Maif que le coût sera vraisemblablement de trois fois, rien que pour les particuliers. Sans doute, les dégâts seront plus importants pour les entreprises. »

Interrogé pour savoir si cela signifiait que le coût total « serait 3 à 4 fois 600 millions d'euros », le dirigeant a répondu par l'affirmative tout en indiquant ne pas avoir « encore de chiffres consolidés au niveau de la profession ». Une projection qui porterait, dès lors, le coût total des inondations à près de 2 Md€.

Les entreprises publiques et privées sévèrement touchées

Guillaume Pepy, président de la SNCF, a par ailleurs évoqué des « conséquences catastrophiques » des inondations sur le réseau ferroviaire, en particulier en Ile-de-France, des dégâts qui se compteront selon lui en « dizaines de millions d'euros ».

De son côté, le Medef se mobilise pour les plus petites entreprises dont les inondations et les blocages liés à la grève auront des « conséquences sur leur trésorerie et leur capacité à régler leurs charges ». Le syndicat patronal demande notamment à Bercy de prendre les « mesures qui s’imposent » dont l’étalement des prélèvements des échéances fiscales et sociales des mois de mai et juin ainsi que la création « d’un fonds de garantie afin de renforcer leur trésorerie ou par une aide aux secteurs les plus touchés. »

Coordonner l'indemnisation

Les représentants des assureurs se réuniront avec la secrétaire d'Etat chargée de l'aide aux victimes, Juliette Méadel, lundi matin pour coordonner l'indemnisation des victimes des inondations des derniers jours, a annoncé le Premier ministre Manuel Valls. Ce dernier a demandé que les versements des indemnités par les assurances interviennent « dans les meilleurs délais ». « La priorité est de permettre aux habitants de retrouver leur habitation le plus rapidement possible. L'indemnisation ne doit pas constituer une épreuve supplémentaire: elle doit être simple et rapide », a ajouté dans un communiqué Juliette Méadel.

Deux autres réunions se tiendront mardi à Matignon: une pour préparer les dossiers de catastrophe naturelle, et une sur les calamités agricoles.

Les victimes ont  dix jours après la publication de l'arrêté de catastrophe naturelle, qui sera présenté mercredi 8 juin en conseil des ministres, pour faire connaître leurs dommages. « Ce délai sera allongé », a promis Bernard Spitz.

 


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Bernard Spitz

Bernard Spitz

Président de la Fédération Française de l'Assurance (FFA)

Bernard Spitz est né en 1959 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). 1983 : diplôme en finance de l'ESSEC Business School. 1984 : diplôme en service public de Sciences Po. 1986 : diplôme de [...]

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Pascal Demurger

Pascal Demurger

Directeur général du groupe Maif et président de l'Association des assureurs mutualistes (AAM)

Pascal Demurger est né le 15 octobre 1964, à Thizy.   1993-96 : études de droit à l’École nationale d’administration (ENA). Magistrat à la Chambre Régionale des comptes [...]

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