Les réassureurs engrangent des primes records

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François Vilnet, président de l’Apref

François Vilnet, président de l’Apref
HERVE© BOUTET

Le marché français de la réassurance, toujours cinquième marché mondial, reste dynamique. Avec près de 5,8 Md€ de primes acceptées en 2011, la place de Paris a même enregistré son plus gros volume historique, selon l’Association des réassureurs exerçant en France (Apref), qui a tenu sa traditionnelle conférence annuelle le 12 juillet.

En réassurance non-vie (3,6 Md€ de primes acceptées par les réassureurs exerçant en France et membres de l’Apref, en progression de 6%), ce sont l’auto (+11%) et surtout la branche crédit-caution (+31%) qui expliquent l’augmentation du volume de primes. « Les assureurs crédits avaient réduit ces dernières années leur recours à la réassurance. Le crédit est une branche qui se pilote facilement, avec une bonne visibilité. Le fait qu’ils y aient davantage recours aujourd’hui indique, de leur part, qu’ils pensent être dans un changement de cycle ou qu’ils l’anticipent », a commenté François Vilnet, président de l’Apref.

En réassurance vie, les primes acceptées par les réassureurs ont augmenté en 2011 de 11%, à 1,9 Md€. La « plus forte progression enregistrée depuis très longtemps », a indiqué le président de l’Apref. C’est la prévoyance (décès, incapacité-invalidité, chômage, accidents) qui a progressé le plus entre 2010 et 2011 (+13%).

Le combat S2

Globalement, les hausses tarifaires ne peuvent justifier à elles seules la progression des volumes de primes cédés par les assureurs. En fait, ce serait surtout le signe que les conséquences de l’arrivée programmée de la réforme Solvabilité 2 commencent à être intégrées dans les politiques d’achat de réassurance. Solvabilité 2, contre lequel l’Apref continue le combat, afin que les spécificités de la réassurance soient dûment prises en compte et non pénalisées.

En particulier, la réassurance dite alternative (financière ou limitée dans le temps, appelée réassurance « finite »), « très mal prise en compte dans Solvabilité 2 », suscite toujours de vifs débats au niveau européen, et beaucoup de discussions entre l’Apref et ses homologues européennes. En outre, « la réassurance financière est considérée par les régulateurs comme non traditionnelle donc plutôt systémique. Nous souhaitons que ce micro marché continue à se développer et ne soit pas inhibé par la réglementation », a expliqué François Vilnet.

Parmi les autres chantiers en cours, les réassureurs poursuivent leurs discussions avec les assureurs et les pouvoirs publics sur le renouvellement, fin 2012, du pool de couverture du risque terroriste Gareat avec la garantie de l’Etat, attendent toujours l’examen par le Parlement de la réforme du régime cat’ nat’ ou encore, continuent leurs travaux avec la FFSA sur le label dépendance.


 


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