Malakoff Médéric et La Mutuelle générale : l’après Guillaume Sarkozy

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Le jeu des pronostics va bon train sur le successeur de Guillaume Sarkozy à la direction générale de Malakoff Médéric. Mais la priorité des partenaires sociaux est d’abord d’assurer les conditions du rapprochement avec La Mutuelle générale.

Le siège de Malakoff Médéric, à Paris. Le rapprochement du groupe de protection sociale avec La Mutuelle générale est fragilisé par le départ de Guillaume Sarkozy de la direction générale.
Le siège de Malakoff Médéric, à Paris. Le rapprochement du groupe de protection sociale avec La Mutuelle générale est fragilisé par le départ de Guillaume Sarkozy de la direction générale.
BOULZE Christophe

Guillaume Sarkozy occupe toujours son bureau de délégué général de Malakoff Médéric. Encore quelque jours avant que ne soient finis les travaux du bureau qu’il rejoindra pour s’occuper notamment de la fondation Handicap. Mais c’est bien Yann Charron qui a pris les rênes du groupe de protection sociale, le temps qu’un nouveau directeur – et non délégué – général soit nommé. Toute la place de Paris bruisse de rumeurs sur les candidats avérés ou non, et circulent sans grande surprise des noms de dirigeants en poste dans l’assurance ou au sein de la Sécurité sociale, dont certains étaient déjà évoqués lors du remplacement de Damien Vandorpe à la direction générale d’Humanis.

Nouvelle date butoir

En fin de semaine dernière, le cabinet de recrutement en charge de la sélection des candidats n’avait toutefois pas encore été officiellement désigné par les représentants des organisations salariées et patronales gestionnaires de Malakoff Médéric. La procédure est bien lancée, mais il incombe aux partenaires sociaux de coordonner les différents chantiers.

Après avoir écarté le délégué général parce qu’il compromettait le rapprochement avec La Mutuelle Générale, les gestionnaires du groupe paritaire ont immédiatement voulu donner du temps au temps pour remettre le projet sur les rails. Impossible de boucler comme prévu le chantier fin 2015. Un avenant signé avec les représentants mutualistes a reporté au 30 juin 2016 la date butoir de mise en œuvre du fameux protocole du 22 janvier 2015, qui détaille les conditions de réalisation de l’opération. Et il prévoit également la constitution d’un comité composé d’administrateurs du groupe paritaire et de la mutuelle afin de surveiller l’avancée des travaux.

Un mariage complexe

Le rapprochement entre AG2R et La Mondiale l’avait révélé, celui entre Malakoff Médéric et La Mutuelle générale le confirme : le mariage entre paritaire et mutualiste donne naissance à des êtres hybrides. Difficile d’unir des sociétés sans capitaux et des gouvernances aux principes radicalement différents. Certes, la proue du futur navire est bien identifiée, la société de groupe d’assurance mutuelle dont le conseil d’administration doit accueillir dix représentants de La Mutuelle générale et 20 de Malakoff Médéric, bien évidement à parité syndicats-patronat. Une Sgam qui passera toutefois une convention de gouvernance avec l’association sommitale du groupe de protection sociale, l’AS2M.

Mais en dessous, la machinerie est bigrement complexe, on y retrouve toutes les formes juridiques - mutuelles (livre II et III) , institutions de prévoyance, société d’assurance mutuelle, sociétés d’assurance – des structures de regroupement (UGM, GPP, association de moyens…), le tout entremêlé de prises de participation et de jeux de réassurance.


Mieux cerner les choix sur l'informatique


Reste que beaucoup a déjà été fait et notamment au travers des décisions votées par la ribambelle d’assemblées générales tenues en juin 2015. Patrick Sagon est devenu vice-président de Malakoff Médéric Mutuelle et le président de cette dernière a intégré La Mutuelle générale comme administrateur. Le propos n’est pas de revenir sur ce qui a été décidé, mais de resserrer quelques boulons, en déclinant de manière un peu plus opérationnelle certains volets de l’accord politique. Concernant ainsi l’informatique et le système d’information, un des sujets ayant mis le feu aux poudres fin 2015, les partenaires sociaux ont décidé de demander des compléments d’expertise sur les différents scénarios envisagées. La question des dirigeants effectifs devrait également être précisée.

Un rapprochement fragilisé

Pour autant, les conséquences de la crise de décembre dernier vont bien au-delà de quelques incendies à éteindre. «C’est Guillaume Sarkozy qui a porté le projet de rapprochement avec Patrick Sagon, c’est lui qui est arrivé à convaincre Bernard Lemée [chef de file du Medef, NDLR] de son intérêt», souffle un proche du dossier. Pas avec lui, mais pas sans lui ! Sarkozy débarqué, le projet se retrouverait fragilisé. Fin janvier, quatre des cinq organisations de salariés (CFDT, CFE-CGC, CFTC et FO) qui siègent à l’association sommitale ont de fait tenu à réaffirmer «leur volonté commune de finaliser le rapprochement», ce qui concrètement passe, selon les syndicats par une mise en route rapide de la Sgam.

La décision dans les mains du Medef

Bref,  le projet serait aujourd’hui à la croisée des chemins. Soit le rapprochement est mené à bien, soit il prend la forme d’un simple partenariat. Et la clef de la réponse est clairement dans la poche du patronat. «Le Medef n’a jamais eu la fibre très mutualiste», relève un bon connaisseur du paritarisme. L’UIMM, très présente au sein du conseil de Malakoff Médéric, serait toutefois très favorable à la création d’un groupe qui pèsera sur le volet assurantiel près de 4, 5 Md€. Mais la puissante fédération de la métallurgie n’a plus forcément l’influence qu’elle a eue sur les problématiques sociales et de protection sociale au sein du Medef. Et d’aucuns rappellent que Pierre Gattaz a confié la présidence de la commission protection sociale à un «assureur», en l’occurrence Claude Tendil, ancien PDG de Generali France.

«Le rapprochement se fera», veut croire un administrateur, tout en reconnaissant la force des vents contraires. La situation devrait se décanter dans les semaines à venir. Mais on comprend bien qu’en fonction de son évolution, le profil de poste du nouveau directeur général ne sera pas forcément le même.


Claude Tendil

Claude Tendil

Président du conseil d'administration de Generali IARD

Claude Tendil est le 25 Juillet 1945 à Bourg D'oisans (Rhône-Alpes).   Diplôme de l'École des hautes études commerciales (HEC). Diplôme de l'Institut d'études politiques (IEP) [...]

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Guillaume Sarkozy

Guillaume Sarkozy

Délégué général non exécutif de Malakoff Médéric

Guillaume Sarkozy est né le 18 juin 1951 à Paris 17ème. 1974 : diplôme d'ingénierie de l'École spéciale des travaux publics 1974-76 : chargé de mission à la direction de la [...]

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