Metlife n’est plus «too big to fail» aux Etats-Unis

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Dans une décision rendue le 30 mars, la justice américaine a invalidé le classement de Metlife par le régulateur dans la liste des assureurs réputés systémiques (« too big to fail » ou « trop gros pour faire faillite »), statut que l’assureur a toujours contesté.  Le gouvernement fédéral peut encore faire appel.

En janvier, Metlife avait fait part de son intention de se séparer de sa division « retail » aux Etats-Unis, qui logent des activités de garanties financières jugées à risque à l’instar des « variable annuities »
En janvier, Metlife avait fait part de son intention de se séparer de sa division « retail » aux Etats-Unis, qui logent des activités de garanties financières jugées à risque à l’instar des « variable annuities »

Metlife vient de remporter le premier round dans son bras de fer qui l'oppose depuis plusieurs mois aux autorités de régulation américaines. La justice a, dans une décision rendue publique mercredi 30 mars, invalidé le classement de l’assureur parmi les acteurs d’importance systémique, c’est-à-dire dont la faillite pourrait entrainer un effet domino sur le secteur financier. Fin 2014, le Conseil de surveillance et de stabilité financière (FSOC) - le régulateur américain - avait désigné l’assureur sous le sigle de « SIFI » (Systemically important financial institution). Une reconnaissance que Metlife avait vivement contestée au point de saisir les tribunaux dès janvier 2015.

Le FSOC et le Trésor campent sur leurs positions…

La décision de justice intervient trois semaines après que le régulateur américain a confirmé officiellement le caractère « systémique » de Metlife : « A la suite d'une discussion sur les derniers développements intervenus au sein du groupe, le Conseil a décidé de ne pas révoquer la désignation de MetLife », soulignait le 3 mars dernier le FSOC dans un communiqué. Et ce dernier d’ajouter qu’il pourrait revoir sa position si « des facteurs clés » sont modifiés.

Quelques minutes après le verdict du juge fédéral américain, le département du Trésor a apporté son soutien au FSOC : « Nous sommes en désaccord avec la décision de la Cour. Nous avons confiance dans le fait que la désignation par le FSOC était légale et nous continuerons à défendre avec vigueur le processus du Conseil. (...) Le FSOC a conduit une analyse rigoureuse de Metlife. »

 

 

… malgré les efforts de Metlife !

Ce n’est pourtant pas faute d’essayer. En janvier, l’assureur de personnes avait fait part de son intention de se séparer de sa division « retail » aux Etats-Unis, qui logent des activités de garanties financières jugées à risque à l’instar des « variable annuities ». Une séparation qui pourrait prendre plusieurs formes : une offre publique d’actions dans une société indépendante, une introduction en bourse, un spin-off [scission sous la forme de distribution de dividendes en titres] ou encore une cession.

Outre l’étiquette qu’il conteste par principe, le groupe souhaite avant tout échapper à la loi Dodd-Frank adoptée en 2010 après la crise financière. Cette réglementation se traduit notamment par des exigences de capital supplémentaires, lesquelles constituent « un inconvénient de compétitivité significatif », estime Steven A. Kandarian, PDG de Metlife.

Metlife reste « too big to fail » pour le régulateur international

La décision des tribunaux américains n’entraine, pour le moment, aucune conséquence sur sa désignation en tant qu’assureur réputé systémique au plan international. L’International association of insurance supervisors (IAIS), sous la houlette du Conseil de stabilité financière (FSB) a, en effet, rangé et maintenu Metlife depuis 2013 dans sa liste des « G-SIIs » aux côtés de huit autres compagnies (voir ci-dessous). Y compris lors de la dernière mise à jour survenue en novembre.

Reste à savoir si le FSB révisera son jugement lors de la prochaine mise à jour de la liste à la fin de l’année 2016, et ce, sur la base de la nouvelle méthodologie de désignation définie par l’IAIS.

Une liste de neuf assureurs systémiques

Mise à jour en novembre 2015, la liste initiale des assureurs d'importance mondialement systémique (G-SIIs) comprend :

- Trois Américains : AIG, Metlife, Prudential Financial
- Cinq Européens : Allianz, Aviva, Axa, Aegon, Prudential PLC
- Un chinois : Ping An


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