Metlife veut se séparer d’une partie de ses activités aux Etats-Unis

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Metlife, l’assureur vie américain, a fait part de son intention de se séparer d’une part importante de ses activités « retail » aux Etats-Unis sans avoir encore statué sur le modus operandi. Une décision motivée par la reconnaissance de son caractère systémique par les autorités américaines, statut que l’assureur conteste.

« Metlife examine actuellement des opportunités pour accroitre de manière durable la génération de cash et rediriger le capital vers les activités commerciales » explique Steven A. Kandarian, président-directeur général de Metlife.
« Metlife examine actuellement des opportunités pour accroitre de manière durable la génération de cash et rediriger le capital vers les activités commerciales » explique Steven A. Kandarian, président-directeur général de Metlife.

La régulation aurait-t-elle eu raison d'une partie des activités de Meltlife aux Etats-Unis ? L’assureur de personnes a annoncé son intention de se séparer de sa division « retail » aux Etats-Unis. Le groupe n’a, pour l’heure, pas encore identifié la solution par laquelle réaliser cette opération mais précise étudier plusieurs pistes : une offre publique d’actions dans une société indépendante, une introduction en bourse, un spin-off [scission sous la forme de distribution de dividendes en titres] ou encore une cession. A noter que seraient concernées les activités dites non assurantielles non traditionnelles (comme par exemple les variable annuities). Tous les autres segments (Group, Voluntary, Worksite benefits, Corporate benefit funding, Asie, Amérique latine, Europe, Moyen-Orient et Afrique) seront maintenus en l’état dans le périmètre de l’assureur.

20% du résultat opérationnel concerné

Selon Metlife, la nouvelle entité intègrerait MetLife Insurance Company USA, General American Life Insurance Company, Metropolitan Tower Life Insurance Company et d’autres filiales liées par de la réassurance à MetLife Insurance Company USA. Dans cette configuration, les activités cédées représenteraient près de 20% du résultat opérationnel de MetLife et 50% du résultat opérationnel du segment « retail » de l’assureur aux Etats-Unis.

Meltlife, un assureur systémique

Dans un communiqué publié le 13 janvier, Steven A. Kandarian, président-directeur général de Metlife justifie cette décision dans le but de « créer de la valeur à long terme pour [les] actionnaires ». Et d’ajouter : « Metlife examine actuellement des opportunités pour accroitre de manière durable la génération de cash et rediriger le capital vers les activités commerciales. »

Une réorientation stratégique également dictée par les obligations réglementaires qui pèsent sur l’assureur. Et pour cause : depuis 2014, Metlife est reconnu par le Conseil américain de surveillance de la stabilité financière (Financial Stability Oversight Council) groupe financier d’importance systémique (SIFI - Systemically important financial institution), c’est-à-dire dont le défaut pourrait mettre à mal le système financier mondial. Etiquette que l’assureur a toujours contesté y compris devant les tribunaux. En vain. En tant que SIFI, le groupe est contraint de respecter des exigences de capital réglementaire, lesquelles constituent « un inconvénient de compétitivité significatif », souligne son PDG.

Une séparation suffisante pour sortir de la liste des SIFI ?

En se séparant d’une partie de ses activités aux Etats-Unis, Meltlife fait le pari d’une sortie prochaine de la liste des SIFI. D’autant que le segment ayant vocation à être cédé intègrerait donc des activités dites « NTNI », non traditionnelles non assurantielles, qui concernent notamment les garanties financières dont des produits de type « variable annuities ». Des garanties sulfureuses qui pèsent dans la méthodologie de désignation des assureurs systémiques appliquée par les régulateurs dont l’International association of insurance supervisors (IAIS). Or, 60% de l’activité américaine de variable annuity de Meltlife se loge dans les entités que le groupe souhaite justement céder.

Une démarche qui n'est pas sans rappeler, dans un tout autre registre, les préconisations du milliardaire américain et actionnaire d'AIG Carlos Icahn en faveur d'une séparation de l’assureur en trois entités indépendantes (vie, non vie et prêts). Une proposition là aussi destinée à contrer le statut SIFI.

S&P dégrade la note de Metlife

Reste que le pari de Metlife est jugé plutôt audacieux par Standard & Poor's : « Savoir si la sortie du marché permettra à Metlife de perdre son statut de SIFI n’est pas une certitude. Cependant, la petite taille de la nouvelle compagnie ne serait, quant à elle, pas considérée comme un SIFI », souligne l’agence de notation qui a abaissé d’un cran les notes de crédit à long terme et de solidité financière de l’assureur américain de « AA-» à « A+ » assorties d’une perspective « négative ».



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