Moody’s : la faiblesse des taux d’intérêts continue à peser sur le secteur de l’assurance

Par - Publié le

,

,

,

,


Les revenus des investissements des assureurs vie mondiaux pourraient décliner entre 20 et 40 milliards de dollars cette année.

L’hypothèse de la prolongation d’un environnement de faibles taux d’intérêt n’est plus autant d’actualité qu’il y a deux ans : « Les taux d’intérêt ont augmenté de façon significative depuis le troisième trimestre 2016 et, dans beaucoup de pays, et particulièrement aux Etats-Unis, nous tablons sur des relèvements supplémentaires au cours des 12 à 18 prochains  mois »,  a expliqué Benjamin Serra, VP Senior Credit Officer chez Moody’s, au cours d’un point presse à Londres. Pour autant, la persistance de taux bas risque encore, selon Moody’s, de continuer à peser sur les rendements des assureurs au niveau mondial. Au total, l’agence, qui vient de publier une nouvelle étude, anticipe un déclin des revenus d’investissement des assureurs vie mondiaux dans une fourchette de 20 à 40 milliards de dollars en 2017. Dans l'industrie non-vie, les revenus d’investissement devraient être affectés négativement à hauteur de 5 à 15 milliards de dollars en 2017, avec une réduction attendue des bénéfices net de 5 à 10 %. 

La France exposée à la hausse des taux

Jugée peu probable par l'agence, le scénario d'une prolongation de l'environnement actuel de taux bas représenterait un risque important pour les assureurs vie. Dans certains pays, la rentabilité pourrait ainsi être plus ou moins impactée : l'Allemagne, la Norvège et Taiwan continueraient à faire partie des pays les plus exposés. En Chine, le risque est passé de faible à modéré, conséquence d'une forte croissance des produits à garantie élevée depuis ces deux dernières années. A l’inverse, les Pays-bas, placés dans la catégorie des pays à très forts risques en 2015, ne seraient plus considérés que comme un pays à forts risques : « Confrontés à des pressions sur leur solvabilité, un certain nombre d’assureurs dans ce pays, ont réagi en augmentant leur capital et leur capacité à résister à un environnement de taux bas », explique Benjamin Serra. A l’inverse, une croissance soudaine des taux d’intérêt pourrait tout aussi être dommageable aux assureurs-vie, et tout particulièrement en France et en Italie : « Il est relativement facile d’abandonner des polices dans ces marchés », explique l’analyste, « d’autant que les produits d’assurance sont très semblables à certains produits bancaires et facilement remplaçables ».



Effectuer une autre recherche

Rechercher