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MutRé peut-il échapper au run-off ?

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Alors que les deux tiers de son capital sont désormais en vente, le deuxième réassureur de personnes en France espère se trouver un acquéreur d’ici à fin octobre. À défaut, Matmut, actionnaire à 33,33 % de MutRé, n’écarte pas l’hypothèse d’une liquidation des portefeuilles.

Daniel Havis, président
du groupe Matmut
Daniel Havis, président du groupe Matmut
Laetitia Duarte

Le feuilleton continue, mais l’épilogue approche à grands pas. MutRé, la structure de réassurance vie, détenue à parts égales par Scor, la Matmut et un bloc Mutualité (voir composition ci-dessus), se cherche toujours un repre­neur potentiel depuis qu’en février ­dernier, Matmut et la Fédé­ration nationale de la mutualité française (FNMF) ont fait part de leur intention de céder leurs participations, soit l’équivalent de 51,3 % du ­capital. Or, ce bloc majoritaire s’est encore renforcé. Selon les informations de L’Argus de l’assurance, les 12 mutuelles qui composent le reste du bloc mutualité aux côtés de la FNMF ont également décidé de céder leur capital détenu dans MutRé, portant ainsi à 66,66 % le bloc vendeur. « L’impulsion a été donnée par l’actionnaire principale du bloc mutualiste, à savoir la FNMF, laquelle a obtenu, voix après voix, le feu vert des mutuelles », ­indique une source au fait du dossier. Difficile de ne pas voir dans cet ultime ralliement mutualiste la volonté définitive d’abandonner au marché un véhi­cule affinitaire, ­façonné en 1998 par la Mutualité française pour répondre aux ­besoins de diversification de ses adhérents. « Il faut comprendre que MutRé était un outil de situation quand nous l’avons créée, utile pour réassurer les petites mutuelles du monde de la santé. Avec la concentration, leur besoin s’est réduit », rappelle Daniel Havis, président du groupe Matmut. Des mouvements de rapprochements qui ont porté préjudice au portefeuille du deuxième réassureur français de personnes. « Mut­Ré a perdu des cédan­tes, lorsque celles-ci ont rejoint des grands ensembles mutualistes. On peut dire d’une certaine manière qu’Harmonie Mutuelle ou Macif lui font aujourd’hui autant concurrence qu’Axa sur la réassurance », concède un proche du dossier.

Quelle orientation pour le futur acheteur ?

Pris en étau, le futur acquéreur aura donc le choix entre poursuivre le plan stratégique dans ­lequel MutRé est engagé à horizon 2019 et qui vise à développer ses parts de marché dans la ­prévoyance et la dépendance auprès des mutuelles pour ­compenser une croissance atone en santé, ou bien réorienter le véhicule réassurantiel vers un tout autre projet industriel, sans doute moins affinitaire. Quant aux ­candidats possibles au rachat, la liste se précise. Outre quelques fonds d’investissement, le dossier aurait obtenu des marques d’intérêts de la part de Covéa et de CNP Assurances, deux acteurs qui ­entendent accroître, pour le ­premier, et renforcer, pour le ­second, leur assise en acceptations en réassurance de personnes. Des réassureurs vie opérant en France à l’instar de RGA, Swiss Re, Hannover Re auraient également été ­approchés. En attendant, MutRé espère boucler l’opération d’ici fin octobre. Dans le cas contraire, « ce véhicule pourrait, faute de repreneur, être mis en run-off », prévient Daniel Havis.

 


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Daniel Havis

Daniel Havis

Président-directeur général du groupe Matmut

Daniel Havis est né le 31 décembre 1955 à Montauban (Tarn et Garonne).   1976-80 : études de droit des assurances à l'Institut des Assurances de Tours. 1980-83 : employé [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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