Les mutuelles niortaises peinent à faire évoluer leur modèle

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Les salariés, qui multiplient les grèves, rejettent l'avancement au mérite, qu'ils jugent contraire aux principes mutualistes. La direction évoque la nécessaire compétitivité.

Les trois syndicats de la Maif (CGT, CFDT et FO) qui avaient appelé à la grève le 22 novembre ont, semble-t-il, remporté une manche dans le conflit qui les oppose à la direction. Ce deuxième mouvement de grogne en quelques semaines a mobilisé la moitié des effectifs présents, selon les syndicats, et 28 % de l'ensemble des salariés (y compris les personnes en congé maladie ou en formation) d'après la direction. Dans les délégations et les points d'accueil, la direction annonce une participation de l'ordre de 38 %, en hausse par rapport au 2 octobre, date du début de la confrontation.

Blocage à la Maif

 

De fait, cette première journée d'action n'avait pas réussi à faire plier la direction sur plusieurs revendications émises par la CGT et FO. Depuis, la CFDT a rejoint les deux autres syndicats pour donner plus d'ampleur à la contestation qui porte sur certains points de la « Nouvelle donne sociale » - plus grande amplitude des horaires d'ouverture, travail le samedi et remise en cause de l'avancement à l'ancienneté. Des évolutions nécessaires pour adapter la mutuelle aux enjeux de la concurrence.

« Pour conserver l'essentiel du modèle social appliqué par la mutuelle, il est indispensable de le faire évoluer », affirme Jean-Dominique Antoni, directeur délégué de la Maif. « Sinon, la situation concurrentielle actuelle porterait préjudice à l'entreprise. » Ainsi, pour gagner en compétitivité, la mutuelle a réduit les marges de ses principales activités (par exemple, baisse des tarifs auto) et va chercher de la croissance auprès des prospects, « auxquels la Maif doit offrir une plus grande disponibilité, notamment le soir et le samedi », poursuit le dirigeant. Les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille et refusent « que des économies d'échelle soient faites sur le dos des salariés ». Pour gagner en efficacité, ils préconisent de renforcer les effectifs, d'ouvrir davantage de points d'accueil en centres villes afin de rendre la Maif plus visible et d'améliorer la qualité sur les plates-formes. « Les centres d'appels consacrent de plus en plus de temps à des appels sortants pour offrir des services plutôt qu'à répondre aux demandes des sociétaires », dénoncent-ils. Autre crainte, l'externalisation de la cellule de conseils juridiques vers Ima technologies, à Nantes. Ce projet serait dicté par le partenariat conclu entre la Maif, la Macif et la Caisse d'épargne. Même s'il ne concerne qu'une vingtaine de salariés, ce transfert est un exemple supplémentaire des chamboulements en cours dans les mutuelles niortaises. Le 6 novembre, les salariés d'Ima ont également cessé le travail pour exprimer leurs revendications salariales, mais aussi pour manifester leur inquiétude face à l'avenir avec, en toile de fond, le rapprochement Azur-GMF-Maaf-MMA.

Un compromis reste possible à la Macif

 

La Macif, engagée dans une refonte totale de ses accords sociaux depuis le début de l'année, fait aussi face à la grogne de ses salariés. Et rien n'est encore réglé alors que la signature du nouveau contrat social est fixée au 21 décembre. Les bases sur lesquelles il doit être élaboré ne satisfont pas les syndicats, même si des avancées ont été consenties, telles que la garantie d'une augmentation minimale des salaires, complétée par une revalorisation variable en fonction des performances du salarié. « C'est la philosophie du système qui nous gêne, explique Annie Lafarge, de la CGT. Individualiste, il revient à un "copier-coller" de ce qui se fait dans l'économie libérale. »

La CGT, la CFDT et la CFE-CGC ne signeront donc pas l'accord en l'état. La première compte toutefois s'appuyer sur les résultats d'un référendum auprès des salariés. Quant à la CFDT et la CFE-CGC, leurs représentants estiment « que seuls trois points durs bloquent la négociation, mais qu'en trois semaines, un accord reste possible ». Mais il achoppe encore sur les conditions d'évolution de la rémunération, la garantie du maintien du pouvoir d'achat et la nouvelle classification des emplois.

La direction indique, elle, être « allée au maximum de ce qu'elle pouvait accorder », même si elle est encore prête à faire quelques concessions sur la rémunération des cadres. Il reste encore trois jours de négociation avant la date butoir. Si aucun compromis n'est trouvé d'ici au 21 décembre, c'est la convention collective de branche qui s'appliquera le 1er janvier.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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