Résultats 2016 : Maif a réalisé les deux tiers de son plan stratégique

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Dans un contexte de sinistralité tendue, le gel tarifaire opéré par Maif en 2016 lui a coûté 45,4 M€ : à 127,7M€, son résultat net baisse de 26,2%. Pour autant, la mutuelle niortaise affiche une santé financière de fer. Elle a, en outre, pris beaucoup d’avance sur la réalisation de son plan stratégique 2015-2018.

Pascal Demurger et Dominique Mahé lors de la présentation des résultats 2016 de Maif
Pascal Demurger et Dominique Mahé lors de la présentation des résultats 2016 de Maif

Après une année 2015 exceptionnelle pour Maif, difficile d’espérer mieux en 2016. D’autant que l’environnement économique, règlementaire et de sinistralité (baisse des taux, effet plein de la loi Hamon, catastrophe naturelle quasi-historique, …) engageait encore moins la mutuelle à battre un record. Résultat : malgré un chiffre d’affaires consolidé de 3,4 Md€, en croissance de 2,4% par rapport à 2015 - réparti entre 2,7 Md€ en non-vie (+1,5%) et 742,6 M€ en vie (+ 5,7%) -, la mutuelle niortaise voit son résultat net chuter de 26,2% à 127,7 M€.

Un différentiel de 45,4 M€ qui s’explique, selon Pascal Demurger, par la conséquence du gel de ses tarifs. «Si nous avions augmenté le montant de nos primes auto et MRH de 1,7%, dans la lignée du marché, notre résultat net serait alors mathématiquement de 177M€, donc pas si éloigné que cela de celui de l’an dernier… ». Autre facteur : les événements climatiques du printemps dernier qui ont coûté plus de 55 M€ à Maif et également la hausse du dommages corporel en auto (+ 5,5% d’augmentation du coût moyen l’an dernier et + 37% depuis 2010 !). En conséquence, le ratio combiné de la mutuelle s’élève désormais à 99,2%, en hausse de 1,8 point.

Un modèle efficace

Reste, sur le papier, des voyants financiers et commerciaux dans le vert (lire encadré). Le ratio de solvabilité 2 du groupe se situe à 217 % contre 225% l’an dernier. Il dépasse donc l’exigence règlementaire et reste supérieur à la moyenne du marché (209% selon l’ACPR). «C’est un exercice satisfaisant en développement et en résultat économique dans un contexte difficile», synthétise le directeur général, estimant qu’il «valide la pertinence de notre modèle».
Un modèle volontairement axé sur la fidélisation (plutôt que la conquête en terme d’affectation de ressources et de budget) d’un portefeuille en croissance permanente. Le solde net est de 53 091 sociétaires IARD supplémentaires (+1,8%) en 2016 sur un total de près de 3,09 millions d’assurés. Le plan stratégique n’en prévoyait que 35 000 de plus… De quoi faire dire à Dominique Mahé, président du groupe, que : «le meilleur vecteur de développement et de promotion de Maif, c’est le pouvoir de prescription de nos sociétaires».

Peu d'effets de la loi Hamon

La loi Hamon affecte donc peu la mutuelle. «Nous avons exactement le même taux de départ, à savoir 0,8% chez Maif que nous enregistrions avant son entrée en vigueur». Et le directeur général d’ajouter : «on grignote quelques parts de marché…». Les fruits aussi, selon lui, de la réorganisation en profondeur du réseau et des métiers entamée en 2011 et achevée en 2015. Le fait de n’avoir « que » 150 agences aujourd’hui offrirait un avantage compétitif certain à la mutuelle à l'heure où le digital rebat les cartes.

Vent de modernisation

D'ailleurs, la transformation se poursuit. «Maintenant il faut aller plus loin sur l’expérience utilisateur», déclare Pascal Demurger. A mi-chemin du plan stratégique, mais en ayant déjà réalisé les deux tiers des objectifs, ce dernier met le cap sur la performance digitale via, notamment, le développement de la trentaine de start-up accompagnées et souvent assurées (Maif Avenir, le fonds du groupe procédera très bientôt à une recapitalisation pour poursuivre ses investissements dans l'innovation). Egalement stratégique, le lancement d’offres maison comme l’agrégateur bancaire Nestor (déjà plus de 100 000 téléchargements) voué à devenir un service de paiement, la MRH destinée aux jeunes ou encore la nouvelle assurance collaborative.
Dernière annonce : le déploiement d'un site de financement participatif Maif Social Club permettant aux sociétaires de prêter à taux zéro ou de donner de l’argent à des étudiants pour financer leurs études ou des projets scolaires afférents.«Nous contribuons à élaborer un modèle de protection et de solidarité qui est économiquement viable», affirme Domnique Mahé.

Des voyants dans le vert
  • 2 503,1 M€ de fonds propres (+ 5,4%)
  • 282% de marge de solvabilité (+ 7 points)
  • 10,7 millions de contrats IARD (+1,3%)
  • 3,5 millions de véhicules assurés (+1,3%)
  • 3,2 millions de lieux de vie assurés (+ 0,7%)
  • 3,3 millions de contrats PACS + Praxis + Rassurcap (+ 2,2%)
  • 468 000 adhérents Parnasse-Maif (+5,7%)
  • 742,6 M€ de CA en assurance vie (+5,7% d’épargne collectée)
  • 3,3 millions de contrats de prévoyance (+2,2%)

 


Pascal Demurger

Pascal Demurger

Directeur général du groupe Maif et président de l'Association des assureurs mutualistes (AAM)

Pascal Demurger est né le 15 octobre 1964, à Thizy.   1993-96 : études de droit à l’École nationale d’administration (ENA). Magistrat à la Chambre Régionale des comptes [...]

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Dominique  Mahé

Dominique Mahé

Président du groupe Maif

Dominique Mahé est né le 10 juillet 1952, à Rennes. 1972 : diplôme d'études universitaires générales (DEUG) de Lettres. 1972 : diplôme d'études universitaires [...]

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