Retraite : comment les Français anticipent (ou pas)

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Selon une étude Gfk pour Groupama, les Français sont de moins en moins nombreux à constituer une épargne en vue de la retraite.

Les 45-55 ans, pris en sandwich entre leurs enfants non autonomes financièrement et leurs parents âgés à soutenir, préparent moins leur retraite que leurs aînés.
Les 45-55 ans, pris en sandwich entre leurs enfants non autonomes financièrement et leurs parents âgés à soutenir, préparent moins leur retraite que leurs aînés.
D.R.

63% des Français n’ont pas confiance en leur système de retraite, notamment les jeunes de 25-35 ans qui sont 70% à le penser, révèle «Les Français et la Retraite» un sondage réalisé par l’institut Gfk pour Groupama. De fait, la situation fragile du système de retraite par répartition les conduit à repenser la façon dont ils anticipent cette échéance. Cette étude distingue deux générations, la « génération pivot » (45-55 ans) et la génération Y (25-35 ans), dont l’attitude vis-à-vis de la retraite tranche nettement avec celle de la génération des « seniors » ou «soixante-huitards ».

Les 45-55 ans mal préparés

La «génération pivot» marque une rupture avec la génération précédente. Touchés de plein fouet par l’évolution structurelle de la société, ces hyper actifs de 45-55 ans soutiennent financièrement leurs enfants, de plus en plus tard sur le marché du travail, mais aussi leurs parents, dont l’espérance de vie ne cesse d’augmenter. Ainsi, 1 Français de 45-55 ans sur deux n’a pas du tout préparé sa retraite, et seulement 14% l’ont préparée d’un simple point de vue administratif.

Victime d’une nouvelle forme de charge mentale liée, entre autres, au poids de leurs responsabilités, la génération pivot épargne peu. Seul ¼ a déjà commencé à économiser dont la moitié ne peut épargner plus de 100€ par mois.  57% des pivots n’ont pas de projet pour leur retraite et près de 40% en ont une perception négative. Ce qui expliquerait peut-être pourquoi ils ne se sont pas encore vraiment penchés sur le sujet.

Génération de l’urgence, la génération pivot place la constitution d’une épargne de précaution en haut de ses priorités (47%).L’épargne retraite arrive quant à elle en seconde position avec 42% du panel. Quant aux questions clés «combien?» et «quand?», les pivots semblent très majoritairement perdus. Bien que conscients de l’urgence, ils sont 68% à se considérer mal informés sur les démarches à effectuer et 72% à ne pas avoir une vision claire de leur future pension. Enfin, 30% ne connaissent même pas leur date de départ à taux plein.

La génération Y, une épargne tout au long de la vie

A la différence de la génération pivot, les 25-35 ans sont habitués à composer avec les incertitudes de la vie professionnelle et préparés à avoir une carrière plus flexible et moins linéaire. La retraite ne fait pas, logiquement, partie de leurs premières préoccupations, mais elle arrive en 7ème position dans le classement, et ils sont tout de même 12% à avoir déjà commencé à épargner financièrement pour la retraite. Par ailleurs, 1/4 de ces millennials estiment qu’il faudrait commencer à la préparer dès 30 et 35 ans.

Outre le fait d’épargner, c’est le concept même de retraite qu’il conviendrait de repenser, selon cette génération Y qui n’a plus confiance dans notre système par répartition. Ils sont 81% à penser qu’ils ne percevront pas une retraite à la hauteur de leurs attentes et 86% à se considérer mal informés sur les démarches à effectuer, dont le parcours peut leur paraître très complexe.

Pour les plus jeunes, la notion de retraite est aussi plus flexible et ne rime pas forcément avec inactivité. 39% des 25-35 ans pensent continuer à travailler après 62 ans. La génération Y voit donc plutôt l’épargne comme un capital «flexible» dans lequel elle pourrait piocher. Ainsi, les jeunes privilégient les placements de type produits d’épargne flexibles et moins engageants comme le livret (58%). A noter cependant, l’immobilier qui semble jouer ce rôle d’actif stable qui pourrait être encore là demain. Ainsi, même s’ils ne l’identifient pas comme une épargne «retraite», l’achat d’une résidence principale représente le 3ème projet  d’épargne chez les 25-35 ans.

 

 


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