REAVIE 2017

E-santé : la Villa M veut révéler la santé de demain

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Le groupe Pasteur Mutualité ouvrira courant 2019 la Villa M, lieu d’un nouveau genre où se mêleront santé connectée, innovation médicale et hôtellerie. Un espace conçu par et pour les professionnels de santé, mais qui se veut ouvert sur le monde.


agence triptyque

Le visage du 18 boulevard Pasteur s’apprête à être bouleversé. L’auguste bâtiment, propriété du groupe Pasteur Mutualité (GPM), laissera, d’ici 2019, place à la Villa M, projet architectural et médical mené par cet acteur de la protection sociale, créé il y a plus de 150 ans.

De ces 8 000 m², pour l’heure dissimulés derrière une façade grisâtre, surgiront de terre huit étages végétalisés regroupant, pêle-mêle, un centre d’innovation, un centre d’affaires et un espace hôtellerie sur les quatre étages supérieurs. Une idée originale pour un concept global : la Villa M, conçue par et pour les professionnels de santé, s’articule autour de plusieurs « M » – Médecine et Mutualisme, en premier lieu, mais aussi Mutations et Mieux-vivre.

«La Villa M, c’est d’abord une affaire d’hommes… et d’opportunités», souligne le directeur géné­ral du groupe Pasteur Mutua­lité, Thierry Lorente, par ailleurs directeur de la SAS Villa M. D’un côté, l’idée de créer «un lieu ouvert communautaire de la santé», porté par des valeurs mutualistes, a été rapidement soutenue par le créateur Philippe Starck (en charge de la décoration intérieure) et par le cabinet d’architectes Triptyque. De l’autre, le patrimoine immobilier et hôtelier en possession de GPM a permis au groupe de protection socia­le de poser les bases prati­ques de ce projet tout en valorisant ces précieux actifs. «Nous avons inscrit la Villa M dans une démarche de quartier : ce projet apporte quelque chose de différent à cette partie du 15e arrondissement», illustre Thierry Lorente. En plus de l’ancien bâtiment, la Villa M intègre les immeubles adjacents et s’est déjà associée à plusieurs projets de végétalisation de ce quartier «en pleine rénovation», notamment en participant – et remportant – l’appel à projets Parisculteurs.

Un projet qui respecte l’âme du quartier…

Au cœur de ce concept figure, donc, un «centre d’innovation». Celui-ci sera composé d’un showroom dédié à l’innovation médicale, d’un centre de check-up médical ouvert à tous et d’une maison de santé connectée - sans oublier une galerie d’art faisant le pont entre santé, créativité artistique et sciences.

La maison de santé connectée, ouverte aux habitants du quartier, est à la croisée de sujets et d’enjeux cruciaux pour le groupe Pasteur Mutualité. Il fut en effet, dès 2015, l’un des premiers à inté­grer au sein de ses offres en complémentaire santé la prise en charge d’objets connectés : «Les innovations e-santé, à l’instar des objets connectés, ne sont utiles que si les professionnels de santé se les approprient», souligne Thierry Lorente. Après une première vague de produits et services estam­pillés e-santé à l’utilité médicale parfois contestable, le groupe veut valoriser l’utilisation de dispo­sitifs médicaux pouvant être intégrés «au cœur de l’exercice même de la santé» – relatifs notam­ment aux affections de longue durée, de maladies comme le diabète, de l’aide au bien-vieillir, etc.

Cette maison intègrera également les dernières innovations concernant la télémédecine : depuis le lancement (à l’époque controversé) d’un service de téléconsultation médicale par Axa en 2015, ce type de services est, aujourd’hui, intégré à un nombre croissant d’offres. Une dynamique qui impacte particulièrement GPM, groupe mutualiste justement dédié aux professionnels de santé… «Nous sommes intéressés par tous les sujets liés à la télémédecine, mais sans que cela ne heurte notre sociétariat», note Thierry Lorente, avant d’ajouter : «La télémédecine est un sujet sensible mais inélucta­ble».

Les innovations e-santé, à l’instar des objets connectés, ne sont utiles que si les professionnels de santé se les approprient.

Thierry Lorente, directeur général du groupe Pasteur Mutualité

Un sujet également au cœur des réflexions du cabinet Astérès et de son fondateur, l’économiste Nicolas Bouzou, partenaire du projet Villa M. Son livre blanc sur l’offre de soins, publié fin février 2017, entend justement faire de la télémédecine une nouvelle «porte d’entrée privilégiée du parcours de soins», notamment – mais pas uniquement – dans les déserts médicaux, voire l’origine de nouvelles sources de revenus pour les hôpitaux via l’export de leurs expertises médicales…

La Villa M s’articule, en plus de ce centre d’innovation, autour de deux autres pôles : un centre d’affaires, composé d’espaces de coworking et de salles de conférences, et un espace hôtellerie-restauration intégrant également des espaces de prévention (incita­tion à l’activité physique, nutrition…). «Nous avons le meilleur système de santé du monde sur le curatif, mais pas sur le préventif», regrette Thierry Lorente, considérant que le groupe Pasteur Mutualité, en tant qu’assureur mutualiste, est «doublement légiti­me» sur le sujet.

La Villa M, un projet financièrement cadré

Le groupe Pasteur Mutualité assurera en intégralité le financement de la Villa M, construite sur deux ans (permis de construire obtenu début 2017), à travers ses fonds propres et un recours à l’emprunt. Il se base pour cela sur une assise financière solide, même après l’échec du rapprochement avec la MNH acté en 2016 : 228 M€ de chiffre d’affaires, près de 350 M€ de fonds propres et, surtout, une marge de solvabilité de 549 % pour l’année 2015. « Notre compagnie a les moyens d’assumer une telle opération qui, pour le coup, est rentable », se réjouit Thierry Lorente.

… dans une volonté d’écosystème global

Ce projet s’inscrit également dans le cadre d’une démarche d’émulation d’un écosystème global autour des questions d’e-santé et de prévention : le centre d’affaires est notamment ouvert aux start-up, afin de faciliter le partage d’idées entre les entrepreneurs et les professionnels de santé (l’institut Pasteur ou encore l’hôpital Necker, partenaires de GPM, sont situés à proximité du lieu de la Villa M). Son action est également complétée par la fonda­tion Pasteur Mutualité, qui finan­ce des bourses de thèse, travail­lant «en annexe» des ambi­tions universitaires.

Le projet, audacieux, sera financé par le seul groupe Pasteur Mutua­lité, avec les fonds propres du groupe avec un recours à l’emprunt. «La Villa M n’a pas de velléité économique particulière et, parce que c’est un projet mutualiste, il n’a pas à dégager une rentabilité forte à destination d’actionnaires», souligne Thierry Lorente, qui reste discret sur le coût total de l’opération. «Elle fonctionnera toutefois à l’équilibre, l’hôtellerie et la restauration compensant notamment la galerie d’art et les actions non rentables». Il pourrait toutefois, à terme, faire l’objet de partenariats avec d’autres organisations représentatives de professionnels de santé, des conseils de l’ordre, voire avec d’autres organismes assureurs.

En lançant cet écrin dédié à l’inno­vation et à la médecine « des quatre P » – Prédictive, Parti­cipative, Préventive et Person­nalisée –, le groupe Pasteur Mutualité effectue un pari sur l’avenir à destination des professionnels de santé. «La Villa M sera leur espace de vie privilégié sur Paris», conclut Thierry Lorente.


Thierry Lorente

Thierry Lorente

Directeur général du groupe Pasteur Mutualité

  Thierry Lorente est né le 03 mars 1965.   2002-04 : Responsable des assurances collectives et du courtage au sein du groupe Pasteur Mutualité. 2004-12 : Directeur du développement au sein du [...]

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