Présidentielle 2017 : la Mutualité Française audite les propositions des candidats

Par - Publié le

,

,

,

,

,

,

La Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF) a dévoilé sa nouvelle plateforme « Place de la Santé » ce 1er décembre. Ce site participatif, axé sur l’information et le décryptage, s’est d’ores et déjà penché sur les premiers programmes présentés, notamment celui de François Fillon.

Trois think tanks s'associent à la FNMF sur
Trois think tanks s'associent à la FNMF sur "Place de la Santé" : la Fondapol, la Fondation Jean Jaurès et Terra Nova.
FNMF/N. Mergui

C’est une première depuis... un certain nombre de campagnes électorales françaises. La victoire de François Fillon lors de la primaire de la droite et du centre, et le focus porté sur son programme santé, a placé ce thème au cœur des récents débats politiques. «Je n’avais pas vu venir cette bonne nouvelle» se réjouit le président de la Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF) Thierry Beaudet, à l’occasion de la présentation au NUMA de la plateforme participative "Place de la Santé".

Ce nouveau site, mis en ligne ce 1er décembre (et précédé de quelques jours par "Le Lab Social" du groupe de protection sociale Humanis), est la plateforme par laquelle la Mutualité veut peser dans le débat présidentiel à venir et faire de la santé un des thèmes forts de la prochaine campagne présidentielle, alors qu’elle en a été quasiment absente en 2012 et 2007. Mais, même avec les débats autour du programme de M. Fillon, la santé et plus généralement la protection sociale restent des sujets complexes. «Je n’ai pas le sentiment que les clés de compréhension aient été apportées», estime ainsi M. Beaudet.

Le programme de Fillon (en partie) décrypté

"Place de la Santé", conçu avec trois think tanks (Fondapol, Fondation Jean Jaurès et Terra Nova), se veut d’abord un site de décryptage des programmes et enjeux, participatif (via des commentaires, contributions extérieures et autres tribunes), avant, dans un second temps, d'être un outil d’interpellation des politiques. Et certains des candidats peuvent déjà voir leur programme décortiqué par les équipes de la Mutualité.

François Fillon (LR) veut que l’assurance maladie se concentre uniquement sur les ALD et les affections graves ? Cela occasionnerait une économie de 20 milliards d’euros pour l’AMO, matérialisable par une baisse de la dette sociale ou des prélèvements obligatoires, mais ce déplacement vers l’assurance complémentaire occasionnerait un coût supplémentaire de 300 euros par personne et par an, soit 1 200 euros pour un ménage, selon la Mutualité. Un chiffre important, mais bien loin des 3 200 euros annoncés par la ministre de la Santé Marisol Touraine fin novembre selon une méthodologie obscure – une réponse «intempestive» pour reprendre le terme de M. Beaudet.

La suppression du tiers payant généralisé, comme évoqué par l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, entraînerait un surcoût à avancer de 41 euros par personne et par an (165 euros pour un ménage avec deux enfants) en se limitant aux médecins : en incluant l’ensemble des professionnels de santé, ces montants grimpent respectivement à 163 et 652 euros.

Si la séparation AMO/AMC a pu être financièrement estimée, «en considérant, même si cela n’est pas dit, que les postes de dépenses actuellement couverts à 100% (comme la maternité) le resteraient», d’autres mesures restent encore peu claires, notamment la franchise universelle maladie - «je ne l’ai pas comprise», admet M. Beaudet. Il en est presque de même pour l’agence de contrôle et de régulation des organismes complémentaires santé : Thierry Beaudet, même s’il met en avant les instances existantes de contrôle, n’y est sur le principe pas défavorable tant qu’elle repose sur une confiance mutuelle. «Mais aujourd’hui, c’est un système de défiance !».

Interpellations à venir

A l’autre bout du spectre politique, le projet de remboursement de 100% des dépenses par l’assurance maladie proposé par Jean-Luc Mélenchon (La France Insoumise), s’il élimine les complémentaires santé du système, se traduirait toutefois par une hausse de la dette sociale (de 120,9 à 163,3 milliards d’euros), occasionnant mécaniquement une progression des prélèvements obligatoires et un coût supplémentaire de 638 euros par personne et par an (2 553 euros pour un ménage avec deux enfants). La suppression également envisagée des dépassements d’honoraires occasionnerait une économie de 43 euros par personne et par an (171 euros pour un ménage), avec une baisse moyenne des revenus des médecins de 14%.

Les décryptages programmatiques s’affineront avec la présentation des candidats puis de leurs programmes, analysés sous le spectre de huit thèmes communs : financement de la protection sociale, accès aux soins, complémentaire santé, santé du futur, médicament, travail, santé et environnement et enfin maintien de l’autonomie.

L’interpellation s’effectuera notamment via les réseaux sociaux, avant un événement spécial prévu le 21 février 2017 : pas question pour autant, d’ici là, que "Place de la Santé" ne se mue en boîte noire. «J’ai rencontré plusieurs candidats de la primaire de droite et envisage d’en faire autant avec celle de gauche», cette dernière étant désormais amputée du Président François Hollande.


Thierry Beaudet

Thierry Beaudet

Président de la Mutuelle Générale de l’Education Nationale (MGEN) et président de la Fédération nationale de la Mutualité Française

Thierry Beaudet est né le 21 avril 1962 à Domfront. Thierry Beaudet a d'abord rempli différentes fonctions au sein de la MGEN, Depuis 2009 : président de la Mutuelle Générale de [...]

Lire la suite

Effectuer une autre recherche

Rechercher