Nouvelles rumeurs sur le devenir de Generali

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Le sort du groupe Generali n’en finit pas d’alimenter les rumeurs. La presse italienne se fait l’écho « d’indiscrétions » concernant le rachat de Generali France par Allianz avant un rapprochement avec Axa. De quoi soulever des inquiétudes du côté des syndicats, malgré les démentis de la filiale française du groupe italien.

Le siège de Generali à Trieste
Le siège de Generali à Trieste

Céder Generali France à Allianz pour ensuite se rapprocher d’Axa. Tel serait le projet, de Philippe Donnet, le dirigeant du groupe Generali, à en croire la presse italienne. Cette information publiée à l’origine par Il Giornale et reprise par de nombreux médias italiens, suscite des interrogations.

Chez Generali France, un tract du syndicat FO daté du 12 décembre 2016, reprend les « bruits » et « indiscrétions » dont se fait écho la presse italienne. « Certes se ne sont actuellement que des rumeurs, mais devant la gravité de ces dernières (…), nous estimons qu’il faut prendre, sans attendre les mesures pour préserver les droits des salariés et l’emploi, tous les emplois et nous nous y préparons », indique le syndicat FO, dans son message aux salariés de Generali France, message qui circule également au sein d’Allianz France.

« Nous prenons très au sérieux ces informations. Du coup, nous nous sommes adressés à la direction de Generali pour demander le maintien de tous les emplois quoi qu’il arrive, qu’il y ait une restructuration ou non », explique à l’Argus Jean-Simon Bitter, délégué syndical FO de Generali.

Démenti de Generali France

Contacté par la rédaction, Generali France « dément formellement » les informations « non fondées » circulant dans la presse italienne. Un message en ce sens a été diffusé aux salariés de l'entreprise. Ce texte précise par ailleurs que Generali France « demeure centrale dans la stratégie de Generali, comme l’a réaffirmé Philippe Donnet, le 23 novembre dernier lors de l’Investor Day », et cite d'ailleurs les propos de ce dernier, tenus lors de cet événement : « La France est, avec l’Italie et l’Allemagne, l’un de nos trois principaux marchés (…) notre priorité est de sortir de plus petits marchés, moins attractifs, où nous avons des compagnies plus petites présentant soit de moins bonnes performances, soit un plus faible potentiel pour atteindre d’excellents résultats ».

Lors de la présentation de sa feuille de route aux investisseurs, Philippe Donnet a confirmé que la stratégie de cession d’actifs engagée par son prédécesseur, Mario Greco, allait se poursuivre au cours des deux prochaines années avec pour objectif de générer 1 Md€ de cash. Le groupe a identifié 13 à 15 marchés « non attractifs » où il pourrait revoir ses positions, sans en fournir de liste précise.

La France, 3ème marché de Generali

Avec 11,3 Md€ de primes collectées, la France est le 3ème marché de Generali derrière l’Italie (25,3 Md€) et l’Allemagne (17,7 Md€), il serait étonnant que Generali France fasse partie de ces marchés « non attractifs ». Certes, la filiale française a connu des difficultés ces dernières années. Mais ses indicateurs se sont redressés l’an dernier, ce qui lui a permis de verser 0,2 Md€ de dividende à sa maison-mère au titre de l’exercice 2015, alors que sa contribution avait été réduite à néant au cours des deux précédents. 

Du côté d’Allianz France, « pas de commentaire » ! Et en interne, les informations qui circulent sont qualifiées de « serpent de mer », « c’est une rumeur que l’on entend depuis le milieu des années 90 », estime un syndicaliste d’Allianz, précisant n’avoir pas entendu parler de cette « indiscrétion » au sein de son groupe, au cours des derniers jours.

Quant aux rumeurs de rapprochement entre Axa et Generali qui courent depuis un moment elles ont été démenties par les dirigeants des deux groupes. Philippe Donnet, le patron de Generali, cité par Reuters, a affirmé lors des Rendez-vous de Septembre : « nous n'avons l'intention de fusionner avec personne; nous n'avons pas l'intention de fusionner avec Axa ». Quant à Thomas Buberl, directeur général du groupe Axa, il a affirmé à la presse allemande, en octobre dernier, qu’un rapprochement avec Generali n’avait « aucun sens ».

Estelle Durand et Nicolas Thouet



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