Parfaite esquisse des stratégies gagnantes

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Les publications de résultats du premier semestre, qui se sont échelonnées depuis début août, montrent une bonne tenue des acteurs les plus internationaux qui se sont déjà astreints à un régime de rigueur.

Au premier semestre, les performances des compagnies d'assurances généralistes ont été très limitées sur le plan commercial. Souvent inférieure à 2%, la croissance du chiffre d'affaires vient surtout de la bonne tenue de l'activité dommages, dynamisée par des hausses de tarifs (1,4% pour Allianz, 3% pour Axa, par exemple), les activités vie et gestion d'actifs étant stables ou en recul.

Au niveau des résultats, la situation est plus contrastée. Les acteurs qui ont anticipé la rigueur en réorientant leurs activités vers des produits ou des marchés plus rentables ou moins dépendants des marchés financiers, ou ceux qui ont pris des mesures de réduction des coûts parviennent à maintenir ou améliorer leurs bénéfices. C'est le cas d'Allianz et, dans une moindre mesure, de Generali (malgré les conséquences en dommages du tremblement de terre en Italie).

Axa enregistre une baisse de 36% de son bénéfice, une évolution qui serait liée à la non-récurrence de plus-values générées au premier semestre 2011 par la cession d'activités. En revanche, Aviva et Groupama terminent le premier semestre en déficit. Pour redresser la barre, le groupe britannique entend se défaire d'une quinzaine d'activités et s'est engagé dans un plan de réduction des coûts.

 

Prime à l'international

Du côté des risques d'entreprise, l'heure est globalement à la croissance. De bons résultats qui seraient dus, selon Hiscox, « à un faible nombre de catastrophes et à une soigneuse sélection des risques ». En effet, l'assureur bermudien renoue avec la rentabilité en affichant un résultat net semestriel de 160,3 M€ (+ 246,5%) et un ratio combiné de 81,7%. Même avis chez XL, qui améliore son résultat technique et enregistre un accroissement de son résultat net malgré un second trimestre en légère baisse par rapport à 2011.

Selon l'assureur Zurich, ses bons résultats (un volume d'activités en hausse de 7%, à 30,4 Md€) viennent pour beaucoup des développements en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique. Une stratégie internationale proche de celle du britannique RSA, qui mise sur ses bases argentines et canadiennes.

L'international tire également l'activité des établissements bancaires. Ainsi, chez BNP Paribas, les revenus de l'assurance progressent de 10,7% du fait de la croissance de la protection et de l'épargne en Corée du Sud, en Inde et à Taïwan (11,2% au total sur le premier semestre). Il en va de même à la Société générale, où les primes d'assurance-prévoyance poursuivent leur forte progression sur le deuxième trimestre 2012 (20,1% par rapport à la même époque l'année dernière), portées « par les activités à l'international ».

À la BPCE, qui ne dispose pas de tels relais, la baisse de 27% du chiffre d'affaires en assurance vie a été compensée par les produits de prévoyance et de santé, dont les ventes progressent de 31%, à 95 M€. Cette stratégie permet à l'activité assurance de maintenir un résultat net à 54 M€ grâce aux marges élevées des activités de risque.

Pour conclure le tableau, la collecte nette s'affiche dans le rouge de 500 M€ à mi-2012 chez CNP assurances (avec une décollecte de 700 M€ en vie-capitalisation en France), mais, grâce à la rentabilité des contrats de prévoyance et à une bonne maîtrise des charges, le résultat net du premier semestre 2012 reste stable par rapport à juin 2011.

LES RÉASSUREURS EN MEILLEURE FORME

  • Les principaux réassureurs mondiaux ont publié de meilleurs résultats semestriels qu'au premier semestre 2011, qui avait enregistré une sinistralité exceptionnellement élevée entraînant de lourdes pertes. Le début 2012 ayant été nettement plus clément, les ratios combinés sont revenus à des niveaux corrects. De même, les revenus financiers s'améliorent et les campagnes de renouvellements du début d'année ont permis aux leaders mondiaux de voir croître leur volume de primes, parfois très significativement (39,1% de primes nettes acquises pour Scor, par exemple).
  • À quelques semaines du rendez-vous mondial de la réassurance à Monte-Carlo, les réassureurs entrevoient la fin de l'année sous de bons auspices, même s'ils restent vigilants par rapport à l'évolution de l'environnement économique et financier européen.


 


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