Première édition du Trophée Start-up

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Les lauréats du « Trophée Start-up » 2016 : David Gascoin (CBien), Laurent Goldstein (Qalyo), Patrick Letellier (Optivvia), Axel Orgogozo (DreamQuark) et Rodolphe Hasselvander (Blue Frog Robotics).
Les lauréats du « Trophée Start-up » 2016 : David Gascoin (CBien), Laurent Goldstein (Qalyo), Patrick Letellier (Optivvia), Axel Orgogozo (DreamQuark) et Rodolphe Hasselvander (Blue Frog Robotics).
photos : Laetitia Duarte

C’est désormais une évidence. La transformation des sociétés d’assu­rance passe par les start-up dont l’ingéniosité, l’agilité et les prouesses technologiques leur permettent, tels des bottes de sept lieux, de rattraper leur retard en termes de standards de marché et de services par rapport aux autres secteurs. Une bonne nouvelle, tant les chemins sur lesquels les assureurs doivent faire des sauts de géant sont nombreux. Pêle-mêle : l’exploitation, notamment marketing, de leurs multiples données – l’or noir des compagnies, mutuelles, groupes de prévoyance et de protection sociale –, l’outil­lage de leurs conseillers afin d’accroître leur efficacité commerciale ou encore l’institution de liens plus réguliers avec leurs assurés via les objets connectés.

Mission : ne pas distendre une relation fortement fragilisée par les possibilités de résiliations post-loi Hamon. Qu’on ne s’y trompe pas, ces enjeux vont redessiner le rôle et l’image des assureurs. Ainsi, en les aidant à mettre en place des offres de préven­tion à forte valeur ajoutée axées sur la sécurité ou à valoriser leur expertise santé auprès des nouveaux affiliés couverts en collectif, les jeunes pousses récom­pensées lors de la première édition du « Trophée Start-up » (1), se positionnent comme bras droit des compagnies. Sans surprise, c’est la catégorie « Fintech/Assurtech » qui a recueil­li le maximum de candi­datures (12 sur un total de 30 dossiers répar­tis en 5 Prix). Autant d’alliés dans un secteur acculé par les régle­mentations, à même de soutenir les assureurs dans leur recherche d’excellence technique, de singu­larité commerciale, voire de services d’avant-garde. Bref, des alliés pour les aider à s’autodisrupter.

# Big data / Data analytics

DreamQuark Fondée en mars 2014, cette start-up développe des algorithmes capables de traiter rapidement différents types de données complexes : textes, voix, images, etc. Les data sont mises à disposition des assureurs via une plateforme sécurisée et utilisée par les personnels des centres d’appels ou de gestion de sinistres. Grâce à une meilleure connaissance des clients, l’outil permet donc aux compagnies et aux mutuelles de mieux lutter contre la fraude en détectant de nouveaux profils de fraudeurs, de réduire leur taux d’attrition en anticipant les moments critiques de volatilité ou encore d’améliorer la modélisation des risques à travers une segmentation différente et plus fine de leur portefeuille. Ils peuvent aussi s’en inspirer pour créer de nouveaux produits. Tel un « data scientist as a service », l’outil ne remplace toutefois pas ce poste-clé des compagnies d’assurance. Ce support technologique est commercialisé moyennant un abonnement de 20 000 € par mois.
  • Le jury a aimé
    - La solution aboutie de centralisation et d’exploitation des données.
    - La possibilité de mesurer la satisfaction client en temps réel.
  • Les nominés
    - Allo-Média et sa solution d’analyse automatique des contenus d’appels téléphoniques d’assurés, reliés à l’ensemble de son parcours digital.
    - Ysance et sa plateforme de gestion de données (DMP) qui permet de créer un marketing multicanal personnalisé.

Jury du « Trophée Sta rt-up »

Éddie Abecassis, chief digital officer de Swiss Life France Éloïse Le Goff, rédactrice en chef adjointe de L’Argus de l’assurance Pierre Bonodot, coordinateur de HEC Alumni Assurances Eymard de Charry, directeur multicanal et digital de Gan Assurances Nicolas Ferreira, secrétaire général du pôle Finance Innovation Claude Friedrich, directeur de Covéa R&D Sonia Grenon, chargée de communication au CTip (Centre technique des institutions de prévoyance) Ambroise Hélaine, venture capital analyst chez Axeleo Éric Lerouge, délégué Syntec Numérique.

# Biotech / Santé

Qalyo Créé en 2014, ce logiciel paramétrable de télésanté et de télémonitoring prend la forme d’un carnet de santé digital et connecté, sur smartphone et tablette. Il permet aux assureurs des complémentaires santé, aux professionnels de santé (hôpitaux...) et aux industriels du secteur (laboratoires pharmaceutiques) de partager des données utiles sur un patient. Au centre du dispositif, ce dernier est, en qualité d’utilisateur, chargé de renseigner les informations diffusées. Il peut optimiser l’usage de son e-carnet de santé en le reliant à des objets connectés et autres dispositifs médicaux. La start-up analyse la data fournie à travers des algorithmes en phase avec les préconisations de la Haute autorité de santé et la diffuse aux différents médecins et pharmaciens désignés par l’utilisateur. Qalyo qui travaille avec l’assurance du Crédit mutuel ou encore le groupement Univers Pharmacie prévoit un chiffre d’affaires de 700 000 € cette année.
  • Le jury a aimé
    - Une offre dans l’air du temps pour permettre aux patients de suivre leur santé en lien avec leur médecin et leur pharmacien.
    - Le suivi plus scrupuleux des malades ou patients à risques permis par le dispositif.
  • Les nominés
    - Umanlife et son carnet de santé digital permettant au patient de gérer ses rendez-vous médicaux, stocker et suivre l’évolution de ses données de santé.
    - DreamQuark et sa solution algorithmique capable de traiter les données (textes, voix, images, etc.) complexes.

# Fintech / Assurtech

CBien Fondée en septembre 2013, CBien permet, sous forme d’application sur un smartphone ou une tablette, à un particulier de disposer d’un inventaire digital à jour de ses biens matériels pour les gérer en quelques clics. Factures, notices, prix, garanties... toutes les informations de tous ses achats sont ainsi stockées, assurables en un clic et surtout, transmises simplement à son assureur en cas de sinistre. Les éléments de preuve demandés, préalablement digitalisés, permettent au gestionnaire de sinistre d’en estimer la valeur de marché et de procéder presque instantanément à l’indemnisation. Il peut aussi dialoguer par chat avec le client. La plateforme entend positionner, via cette solution, l’assureur en « ange gardien » des biens matériels de ses clients. Macif, Matmut et Maif l’ont, d’ailleurs, intégrée d’office à l’application proposée à leurs sociétaires. Quatre autres assureurs devraient en faire autant d’ici à la fin de l’année.
  • Le jury a aimé
    - Cette idée pratique !
    - Un service techniquement intégrable aux applications mobiles des assureurs.
  • Les nominés
    - Minalea et son assistant commercial intelligent qui scanne et analyse en permanence les offres du marché, permettant aux conseillers d’argumenter plus facilement sur leur produit.
    - QualityCloud et sa plateforme de services QualityTrust qui permet aux clients d’exprimer leurs besoins assurantiels pour se voir proposer des produits « sur-mesure ».

# Objets connectés

Blue Frog Robotics Créée en 2014, Blue Frog Robotics a développé Buddy, un robot mobile de 60 cm doté de deux roues motorisées qui a vocation à devenir un compagnon numérique – connecté en Wifi – de la vie quotidienne des familles. Comment ? En s’interfaçant avec d’autres objets connectés, Buddy peut lancer une playlist, jouer les assistants en gérant l’agenda de son utilisateur, divertir les enfants, veiller sur la sécurité du foyer et, évidemment, servir les personnes en perte d’autonomie. Ce e-robot ressemble à Wall-E ou R2D2. Une tablette tactile lui sert de visage et de cerveau, ensuite, caméra 3D, capteurs thermiques ou de détection de mouvement, haut-parleurs et micros lui « donnent vie » et fonctionnalités. Son coût, 749 € TT C, le rend relativement accessible au grand public. Des accessoires verront le jour l’an prochain tout comme une possible commercialisation sous forme de pack de services.
  • Le jury a aimé
    - Une version concrète de robot-compagnon, à la fois utile et ludique.
    - Son prix ténu.
  • Les nominés
    - Evoldata et sa solution permettant de réaliser l’examen d’un véhicule accidenté de manière plus technologique.
    - Fly4u et sa technologie de traçage des marchandises au profit des supply chains industrielles et de distribution.

# Sécurité / Prévention

Optivvia Lancée en version finalisée en avril dernier, cette jeune pousse est le fruit de l’imagination de Strada – société spécialisée dans les métiers de l’informatique – et d’Optirisk, un gestionnaire de risques au service d’assureurs. Optivvia permet aux sociétés d’assurance en risques industriels de digitaliser leur processus en termes d’ingénierie et de relations avec les courtiers et assurés. Comment ? Grâce à une plateforme Internet qui relie, d’une part, l’assureur, le courtier, l’assuré, le bureau d’études voire le réassureur et leur offre, d’autre part, différents modules de services : gestion des ordres de mission ou des notes de prévention, scoring, questionnaires d’auto-évaluation... Objectif : automatiser la transmission de données entre ces acteurs afin d’optimiser la prévention des risques dans un domaine sensible. La visite de cartographie des risques devient, par ce biais, un outil « dynamique » dans le temps.
  • Le jury a aimé
    - La plateforme d’échanges automatisés entre les diverses parties prenantes du risque industriel.
    - Le suivi facilité pour les assureurs des actions de prévention menées auprès des clients.
  • Les nominés
    - Hyprévention et son dispositif médical Y-Strut qui s’implante auprès des seniors victimes d’une première fracture de la hanche pour en prévenir une seconde, paralysante.
    - Qalyo et son carnet de santé digital et connecté qui partage les données entre patients, médecins et pharmaciens.

Méthodologie

Toutes les start-up (entreprises de moins de 5 ans d’existence ou encore en phase d’incubation) peuvent postuler au « Trophée Start-up » en présentant leur produit, service ou solution apportant un bénéfice aux acteurs de l’assurance dans les 5 catégories suivantes (à raison de deux catégories maximum) : « Big data / Data analytics », « Biotech / Santé », « Fintech / Assurtech », « Objets connectés » ou « S écurité / Prévention ». Tous les dossiers ont été soumis à un jury composé de professionnels de l’assurance, le 9 septembre dernier.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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