Réassurance : croissance en panne pour le marché français

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Le chiffre d’affaires de la réassurance dans l’Hexagone stagne en 2016, selon l’Apref, association des professionnels du secteur.

Denis Kessler,
Président de l’Apref et PDG de Scor
Denis Kessler, Président de l’Apref et PDG de Scor
Nathalie Oundjan

Climat tendu pour la réassurance. Dans un environnement difficile, marqué par un contexte politique incertain, des pressions réglementaires fortes et des taux bas prolongés, le chiffre d’affaires du marché français stagne à 5,364 Md€ en 2016, contre 5,365 Md€ en 2015, selon le bilan de l’Association des professionnels de la réassurance en France (Apref).

La vie résiste

L’activité se montre dynamique en vie : +3,3 % en 2016, avec des acceptations qui atteignent 2,05 Md€, portées notamment par les risques biométriques (78 %). Elle marque, en revanche, le pas en réassurance domma­ges : -2 %, tombant à 3,314 Md€, dans un contexte de capacité abondante qui maintient une tension forte sur les prix. S’ajoute à cela un retour à la normale de la sinistralité, après dix ans de baisse. « Les résultats techniques sont tendus du fait d’un effet de ciseau. Il y a, à la fois, un effet sur les primes qui s’érodent depuis 2014, et un effet sur les sinistres. Les ratios combinés sont donc sous tension. Jusqu’ici, les réassureurs pouvaient compter sur les produits financiers mais, dans un contexte de taux bas, leurs revenus sont moindres », explique Patrick Duplan, délégué général de l’Apref.

La tarification est rationnelle, basée sur le niveau de sinistralité. Il faudrait un choc, c’est-à-dire un sinistre majeur du type du tsunami de 2011, pour déclencher une remontée des prix.

Denis Kessler, président de l’Apref et PDG de Scor

Baisse tarifaire

Jusqu’ici, les réassureurs ont puisé dans leurs réserves techniques pour délivrer des résultats financiers et satisfaire leurs action­naires. Mais cette manne n’est pas illimitée. « Si les réserves techniques s’épuisent, le marché va devoir se normaliser et la capacité va s’effriter », prédit Patrick Duplan. Ce qui pourrait, alors, corriger la baisse tarifaire observée depuis 2005. S’agit-il d’un cycle ou est-on à l’aube d’un changement de modèle ? « La tarification est aujourd’hui ration­nelle, basée sur le niveau de sinistralité. Il faudrait un choc, c’est-à-dire un sinistre majeur du type du tsunami de 2011, pour déclencher une remontée des prix. Nous sommes toujours en situation d’excès de capacité avec la montée en puissance des capitaux alternatifs (insurance linked securities) », analyse Denis Kessler, président de l’Apref et PDG de Scor. Ces capitaux alternatifs repré­sentent 14 % du capital dispo­nible, contre 6 % en 2008.

« Dans cet environnement, il faut se montrer sélectif et réaliser des arbitrages entre les tranches « working » (NDLR : tranches travaillantes à la fréquence élevée) et les tranches « catastrophes » (NDLR : fréquences de sinistres plus basses) », estime Patrick Duplan. Dans ce contexte de marché, les risques émergents comme le cyber et l’hyperterrorisme constituent de la « matière première », souligne Denis Kessler. Charge au secteur d’innover pour répon­dre à cette demande.


Denis Kessler

Denis Kessler

Président-directeur général du groupe Scor
Président de l'Apref

Denis Kessler est né le 25 mars 1952 à Mulhouse. 1976 : diplôme de l'École des Hautes Etudes Commerciales (HEC Paris) . 1978 : diplôme d'études approfondies en sciences [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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