Catastrophes naturelles : Scor résiste au choc

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Le réassureur voit son bénéfice net amputé de moitié en 2017 en raison des ouragans. Il maintient toutefois les objectifs de son plan stratégique.

Business as usual ? Pas tout à fait. Si «les catastrophes naturelles ne sont pas une breaking news », pour un réassureur, rappelle Denis Kessler le PDG de Scor, la série exceptionnelle d’événements du second semestre 2017 a secoué le marché, après six années de faible sinistralité. Les ouragans Harvey, Irma et Maria, qui se sont abattus aux Etats-Unis et dans les Caraïbes ont généré dans les comptes de Scor une charge de 591 M€ avant impôt, net de rétrocession, soit 2,5 fois la charge habituellement observée (6% des primes par an). Ce à quoi se sont ajoutés les feux de forêt en Californie qui ont coûté au groupe 91 M€.

Un capital protégé

« Comme en 2011 » - année marquée par un tremblement de terre et un tsunami au Japon – « nous avons passé la tempête en honorant nos engagements », se félicite Denis Kessler. Scor voit son bénéfice net amputé de moitié sur l’année 2017, tombant à 286 M€, mais n’affiche pas de pertes. « Ce n’est pas un capital event », souligne Denis Kessler qui vante les mérites de la diversification du groupe, avec « une croissance homogène en P&C (dommages et responsabilité) et en vie », ainsi que sa politique de rétrocession. Une rétrocession qui se paie au prix fort mais permet de protéger efficacement le capital du groupe.

Conséquence de ces catastrophes naturelles, Scor affiche une rentabilité des capitaux propres (ROE) de 4,5%, bien inférieure au taux cible du plan stratégique «Vision in Action » (800 points de base au dessus du taux sans risque à 5 ans). Normalisé, c’est-à-dire en neutralisant l’effet des charges exceptionnelles, le ROE atteint 10,1%, au-dessus du taux cible.

La fin des vents contraires ?

Scor, qui a enregistré une croissance de 8,6% des primes brutes émises à taux de change constant, maintient les hypothèses et les objectifs de son plan stratégique. « Le conseil d’administration a conclu que ces événements faisaient partie des probabilités, notre politique de souscription n’est pas mise en cause et nous avons bien protégé le groupe », se félicite Denis Kessler.

Sur le plan financier, Scor affiche un rendement des actifs de 3,5% et s’estime bien positionné pour bénéficier de la remontée des taux qui s’amorce aux Etats-Unis (ses actifs étant majoritairement libellés en dollars). « Au cours des dernières années, nous avons été confrontés à des vents contraires, avec des taux d’intérêt bas et un cycle de tarification négative en réassurance dommages. Ces vents contraires vont peut-être s’inverser. A commencer par les taux d’intérêt. Et sur le plan tarifaire, il y aura sans doute un plus grand réalisme. Les renouvellements de janvier ont montré que l’érosion des prix n’a plus cours », explique Denis Kessler. Une tendance qui devrait se confirmer lors des prochains renouvellements des mois d’avril et juillet.



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