Des volumes records tirent les prix des cat’ bonds à la baisse (S&P)

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Alors que les cat' bonds affichent des volumes records sur la première partie de l'année et que le marché des solutions alternatives de risque est appelé à doubler en 5 ans, Standard & Poor's appelle les émetteurs à faire preuve de discipline de souscription, clef de la crédibilité de ce marché.

 

Le marché de cat’bonds affiche des volumes records. Deux indicateurs en témoignent. D’abord, selon Artemis.bm, une société d’analyse des solutions de transfert de risque au marché, le marché de la titrisation d’assurance (ou ILS, pour insurance linked securities) a progressé de 2,5 Md$ depuis le début de l’année, pour atteindre 23,06 Md$ à fin juin 2014. Ensuite, Standard & Poor’s indique dans une note récente avoir noté pour 3,4 Md$ de cat’bonds (obligations catastrophes), un volume encore jamais égalé sur un semestre. « Cette hausse de l’offre entraîne une baisse des prix, qui profite aux émetteurs, anciens comme nouveaux », relève S&P, qui table sur une poursuite de la croissance de ce marché, mais à un rythme un peu moins soutenu.

S&P rappelle que le marché des ILS, principalement composé des cat’bonds (91% liés à des ouragans aux Etats-Unis, 3% à des typhons japonais, et 6% à des risques santé), n’est qu’une petite partie du marché des solutions alternatives de transfert de risque. Ce dernier est en effet principalement constitué de transactions privées, difficiles à suivre et à estimer. Certaines estimations de Swiss Re, Goldman Sachs et Aon chiffrent ce marché aux alentours de 50 Md$, et tablent sur un doublement au cours des 5 prochaines années.

Discipline de souscription

S&P relative néanmoins l’impact de cette concurrence pour les réassureurs traditionnels. « Les réassureurs traditionnels continuent à offrir des avantages à leurs clients en termes de capacité d’exécution, de relations à long terme ou de services de conseils, et il sera difficile pour le marché alternatif de concurrencer leurs capacités de distribution. Plutôt que de lutter contre cette marée montante, les réassureurs ont tout intérêt à profiter de ce capital disponible pour gérer au mieux leurs portefeuilles de risques », estime l’agence de notation. Sans compter que les opportunités d’investissement ont plutôt eu tendance à manquer sur ce marché alternatif, poussant les investisseurs à réduire leurs allocations à cette classe d’actifs.

L’agence de notation en profite malgré tout pour faire passer un avertissement aux émetteurs et aux investisseurs : « Pour que le marché des solutions alternatives de transfert de risque conserve la crédibilité acquise après tant d’année, la croissance ne doit pas se faire au détriment d’une moindre discipline de souscription et d’audits allégés ». Et de rappeler que le marché de la réassurance alternative n’a, pour l’instant, pas eu à faire face à de gros sinistre.



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