Réassurance mondiale : découvrez le top 15

Par - Publié le

,

A une semaine des Rendez-vous de Septembre, l’Argus de l’Assurance dévoile le top 15 de la réassurance mondiale. Sous la pression continue de tarifs baissiers, l’heure est à la concentration.

Dans un marché en surcapacité, sous la double pression des taux bas et de tarifs toujours orientés à la baisse en dommages, les réassureurs sont contraints de s’adapter. « Les réassureurs plus diversifiés en matière de lignes de business et de géographie sont en meilleure position pour naviguer le cycle baissier que les réassureurs moyens, concentrés sur les risques d’assurance de biens», explique Lotfi Elbarhdadi, analyste chez Standard and Poor’s.
 
Swiss Re numéro 1 devant Munich Re
Dans ce contexte, la physionomie du marché change. D'après le classement effectué par Standard and Poor's selon les primes nettes en 2016, Swiss Re reprend la tête du marché mondial devant Munich Re. Le réassureur allemand a, en effet, vu l’an passé son chiffre d’affaires stagner en non-vie et ralentir en vie. Il a également fait les frais de la perte d’un traité important en Amérique du Nord en réassurance santé. Lors de la présentation de ses derniers résultats semestriels, Munich Re, qui pâtit également d’effets de change défavorables avec la remontée du cours de l’euro, a dû revoir à la baisse ses prévisions de bénéfice pour l’activité vie et santé. Néanmoins, le groupe s’est dit confiant « dans sa capacité à atteindre son objectif annuel d’un bénéfice compris entre 2 et 2,4 Mds€ pour 2017 ».
 
"Stratégies différenciées"
Dans cet environnement adverse, le leader mondial Swiss Re choisit de ralentir en dommages pour se mettre en quête d’opportunités de croissance en vie et santé, a annoncé son CEO lors des derniers résultats semestriels. Ses motivations paraissent limpides : la division vie et santé a vu son bénéfice croître de 4% au premier semestre 2017, tandis que celui de la réassurance de biens et de responsabilité (P&C) décroche de 37%.
 
Alors que la rentabilité est sous pression, les stratégies des réassureurs deviennent « de plus en plus différenciées et de plus en plus affirmées», remarque Philippe Renault, président-directeur général de Guy Carpenter France. Toujours en cinquième position derrière le groupe de Warren Buffet, Berkshire Hathaway, le français Scor compte aussi miser sur la diversification. Il bénéficie d’un positionnement spécifique aux Etats-Unis, où, contrairement à ses concurrents, il ambitionne de regagner les parts de marché perdues dans les années 1990. «Les Etats-Unis sont aujourd’hui le moteur de notre croissance en P&C, confirme Victor Peignet, directeur général de Scor Global P&C. Nous avons l’ambition de nous positionner sur le marché américain comme le réassureur P&C de premier plan que nous sommes partout ailleurs
 
les bermudiens chahutés
Si l’avantage est aux acteurs globaux diversifiés, le tier 2 du classement mondial se retrouve plus chahuté. Alors que les cat’ bonds et autres instruments financiers peuvent offrir une capacité alternative à bas prix, « le modèle du réassureur se contentant d’apporter uniquement de la capacité est dépassé », relève Lotfi Elbarhdadi. Pour les réassureurs de taille moyenne comme les bermudiens, il est urgent de se repositionner. « Willis Re a été sollicité par les réassureurs bermudiens pour les accompagner dans une démarche de diversification. Ils s’ouvrent à la souscription de branches longues. Cela s’est récemment traduit par une entrée plus significative de ces acteurs en Europe, par exemple sur le marché automobile»,», témoigne Thierry Myara, directeur général de Willis Re à Paris.
 
L’heure est à la concentration. « L’enjeu pour le tier 2 est de grossir et de rejoindre le tier 1 », analyse un connaisseur du marché. La vente du bermudien Catlin à l’américain XL Group en 2015 a ainsi permis de constituer un groupe diversifié, qui se hisse aujourd’hui au 15ème rang mondial, tandis que l’espagnol Mapfre Re sort du classement. Et Catlin n’est pas le seul exemple puisqu’au cours des 18 derniers mois, on a recensé pas moins de 22 Mds $ d’opérations de fusions-acquisitions : d’un côté, des assureurs asiatiques ou nord-américains souhaitant accélérer leur croissance, de l’autre des bermudiens ou des syndicats du Lloyd’s à vendre. Alors qu’il dégringole et sort du top 15 en 2016, le japonais Sompo espère probablement retrouver sa place parmi les leaders l’an prochain, grâce au rachat du bermudien Endurance (6,3 Mds $) finalisé en mars 2017.
 
Asie, l'avenir ?
Alors que, sur les marchés matures, la concurrence est rude du fait de la capacité abondante, les marchés asiatiques incarnent l’espoir d’un relais de croissance. En témoigne la percée des réassureurs asiatiques. L’indien GIC Re (General Insurance Corporation of India), qui vient de s’introduire en Bourse pour près d’1 Md $ selon les estimations, gagne la douzième place de ce classement mondial, bénéficiant à plein de la politique volontariste du gouvernement indien en matière d’assurance agricole.
 
Sous l’effet des opérations de croissance externe et de tarifs toujours orientés à la baisse (-4% aux derniers renouvellements selon JLT Re), le classement 2017 promet encore des surprises. « En l’absence de forte sinistralité, alors que notre rentabilité est sous pression, nous continuerons à mettre la pression sur les réassureurs », assure une cédante.
 
 
1. Les chiffres incluent l’activité d’assurance primaire. 2. Le ratio combiné inclut l’assurance primaire. 3. Les fonds propres totaux ajustés se rapportent à l’assurance primaire et aux opérations de réassurance. 4. Les primes nettes souscrites, le résultat opérationnel avant impôts et le ratio combiné se rapportent uniquement aux activités de réassurance, le reste des indicateurs inclut également l’assurance directe. 5. Les primes nettes de réassurance du groupe sont calculées sur la base de la somme des 4 principales compagnies sans consolidation. 6. Le résultat opérationnel indiqué est après impôts. 7. Les chiffres de 2015 ne tiennent compte de l’intégration de Catlin qu’à compter du 1er mai 2015, date de la fusion-acquisition. NC: Non communiqué. NS : Non significatif. Le classement est effectué selon la taille des primes nettes souscrites.
 


Effectuer une autre recherche

Rechercher