Rendez-Vous de Septembre : la réassurance contrainte à innover
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Le raout des réassureurs, organisé comme tous les ans à Monaco, s'achève le 12 septembre
La 56ème édition des Rendez-vous de Septembre à Monaco s’achève sur des impressions très partagées. Alors que certains soulignent, certes une affluence en hausse, mais composée essentiellement d’avocats et de consultants indépendants pour la plupart britanniques, d’autres saluent la qualité des échanges et les conditions favorables aux affaires. Comme chaque année, le bilan dressé ici sur le Rocher par les uns et les autres relèvent davantage de l’intuition personnelle que de l’analyse de statistiques.
Croissance ralentie
Néanmoins, certains sujets accordent les quelques 2 700 personnes qui ont convergé ici des quatre coins du monde : la crise est là, les capacités aussi et les rendements baissent. Même si l’extrême prudence des dernières années a préservé le marché de la réassurance, il convient aujourd’hui de sortir de la torpeur et d’aller chercher des leviers de croissance.
C’est en tout cas ce qui ressort des propos tenus le 11 septembre au matin, à l’occasion du grand débat sur le thème « gestion du capital et allocation des capacités face à la demande d’assurance et de réassurance ». Le panel de professionnels rassemblé au nom de l’association des RVS par Denis Keesler, président de Scor, n’a cessé d’enchaîner des propos prônant la diversification et l’innovation.
Car le constat dressé par Mike McGavick, CEO de XL est sans appel : « La croissance du marché de l’assurance va moins vite que la croissance mondiale. Ainsi, en 10 ans, de 2002 à 2011, le PIB du monde enregistre une croissance annuelle de 3,8 % laissant loin derrière elle celle du secteur qui peine à 2,5 % ».
Et Richard Ward, CEO du Lloyds, d’ajouter que toute stratégie doit tenir compte de la l’observation de l’environnement global, à savoir dans son cas « d’un retour sur investissement pour le Lloyd’s de 1,9 %. » Ce sur quoi les prévisionnistes les plus réalistes annoncent encore 5 à 7 ans de récession.
L'anticipation en ligne de mire
Face à cela le marché n’a donc plus d’autre issue que de trouver de nouveaux débouchés. Un exercice difficile alors que la plupart d’entre eux n’en sont encore qu’au déploiement d’une stratégie de diversification visant à l’équilibre entre les activités vie et non-vie.
Pour Denis Kessler, précurseur dans ce domaine, il apparait aujourd’hui évident que dans un contexte extrêmement instable, la diversification est un bouclier anti crise mais aussi une manière de se positionner et d'explorer de nouveaux marchés, notamment les pays émergents.
Néanmoins, cela ne suffira pas, et la création de nouveaux produits et services semble inévitable. Selon Richard Ward, les réassureurs devront prouver qu’ils savent anticiper et proposer des offres inédites. Un mot d’ordre est lancé depuis cette tribune : gagner du terrain et réinventer le secteur de la réassurance.







