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Résultats 2014 : en phase avec ses objectifs, Scor est «là où il veut être»

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En neutralisant le gain d’acquisition exceptionnel de 183 M€ lié en 2013 à Generali US, le résultat net 2014 ressort en hausse de 40% à 512 M€, pour des primes de 11,3 Md€ (+10,4%). Reconnaîssant que les conditions sont réunies à un mouvement de consolidation, le PDG, Denis Kessler, indique que Scor n'est pas dans la position de devoir «faire obligatoirement quelque chose, car nous sommes exactement là où nous voulons être».

Denis Kessler, PDG de Scor.
Denis Kessler, PDG de Scor.

«Une année 2014 très satisfaisante», «C’est un plaisir de voir des résultats dont la qualité technique est très élevée», «Nos renouvellements sont parmi les meilleurs de l’industrie.» C’est un Denis Kessler très en verve qui commentait, ce jeudi 5 mars, l’exercice 2014 de Scor. Facialement, le groupe affiche un repli de son résultat net de 6,7%, à 512 M€, pour des primes en hausse de 10,4% (à change courant) à 11,3 Md€. Mais les résultats de 2013 avaient été gonflés par un gain d’acquisition exceptionnel (badwill) de 183 M€ lié à Generali US. En neutralisant cet effet, le résultat net 2014 ressort donc en hausse de 40% et se situe même légèrement au-dessus de ce qu’anticipaient les analystes. Le groupe proposera à l’assemblée générale du 30 avril prochain le versement d’un dividende de 1,4 € par action (+8%) au titre de 2014, soit un taux de distribution de 51%. L’action Scor a bien réagi à ces annonces, dépassant en séance le seuil des 30€ (+2,32% à 30,035 € à 10h30).

Objectifs en phase avec le plan

De façon générale, tous les indicateurs sont au vert et présentés comme en phase avec les objectifs du plan Optimal Dynamics, dévoilés en septembre 2013. Le rendement des fonds propres (ROE) annualisé ressort à 9,9%, ce qui est cohérent avec l’objectif de dégager une rentabilité de 1 000 points de base au-dessus du taux sans risque (même si un changement de méthode rend la comparaison avec les 11,4% de 2013 moins flatteuse). Sur le front de la solvabilité, Scor ne donne pas de chiffre, mais indique se maintenir «légèrement au-dessus de la fourchette optimale» de 185%–220% et précise que son actif net comptable par action a progressé de 15% sur un an, à 30,6 €. Le ratio d’endettement se situe à 23,1%, ce qui est inférieur au seuil de 25% prévu dans le plan.

Bonne rentabilité technique

Sur le front technique également, Scor est en ligne avec son plan stratégique. Ainsi, Scor Global P&C, la branche dommages (4,9 Md€ de primes brutes émises, en croissance de 2,7% à change constant et de 1,8% à change courant), affiche un ratio combiné de 91,4% (93,9% en 2013), ce qui atteste d’une «excellente rentabilité technique», aidée, il est vrai, par une sinistralité «cat' nat'» plus faible que ce que le groupe budgète (4,2% contre 7%). «Au 1er janvier 2015, l’optimisation du programme de rétrocession permet d’envisager avec confiance le budget catastrophes naturelles annoncé à 7% et un ratio combiné de 94%pour la seconde année du Plan Optimal Dynamics», précise le groupe.

Développement sur la longévité

La branche vie, Scor Global Life, pèse désormais 6,4 Md€ de primes (+5,5% en base proforma) et affiche une marge technique de 7,1%, cohérente avec les 7% visés dans le plan, bien qu’en baisse par rapport à 2013 (7,4%). Une érosion parfaitement assumée par le groupe, puisqu’elle reflète son développement dans le domaine de la longévité, dont les marges techniques sont certes un peu moins bonnes qu’en mortalité, mais sans incidence sur le rendement des fonds propres (ROE). Le groupe vient à cet égard d’annoncer une transaction record au Canada (5 Md$ canadiens) avec l’assureur Sun Life, portant sur les prestations en cours des retraités affiliés au régime de retraite de Bell Canada. Concrètement, le risque d'allongement de la durée de vie de ces retraités est transféré du régime de retraite de l’entreprise à Sun Life ainsi qu'à deux réassureurs, dont Scor.

Prudence à l'actif

En dépit de l’environnement de taux d’intérêt «exceptionnellement bas», Scor a amélioré le rendement net de ses actifs, lequel passe de 2,6% à 2,9%. Scor Global Investment a progressivement réduit la part des liquidités à son bilan (elle passe de 10% à 5%) et allongé la duration de son portefeuille obligataire (qui passe de 3,4 ans à fin 2013 à 4,0 ans à fin 2014). Le groupe indique ne pas avoir augmenté ses placements en actions (3%), et s’être légèrement renforcé sur quelques poches, comme les fonds de prêts ou les fonds d’infrastructure. «Nous restons très prudents à l’actif, car nous prenons déjà suffisamment de risque au passif», commente Denis Kessler. Tout en  admettant qu’une hausse des taux aux Etats-Unis serait «une très bonne nouvelle» pour le groupe, le PDG estime qu’en prévoir la date «devient de plus en plus difficile», et indique s’attendre à une période de taux bas «plus longue et plus généralisée» que ce que l’on pouvait imaginer.

Pas d’obligation à la consolidation

Alors oui, entre les taux bas et des tarifs à la baisse en réassurance dommage, Denis Kessler reconnaît que l’environnement n’est plus tout à fait le même que lorsque le plan Optimal Dynamics a été conçu, il y a deux ans. Interrogé sur la vague de consolidation qui semble à l’œuvre entre réassureurs – le rapprochement annoncé entre Partner Re et Axis Capital pourrait lui ravir sa 5e place –, le PDG de Scor concède que  les conditions sont réunies pour un mouvement de consolidation car le cycle est baissier, les coûts fixes sont en hausse à cause de la réglementation, et donc la taille critique augmente». Pas de quoi cependant faire dévier Scor de sa route. «Nous ne sommes pas dans la position où nous devrions faire obligatoirement quelque chose, car nous sommes exactement là où nous voulons être», explique Denis Kessler. Et de rappeler que dans le cadre de modèle à deux moteurstwin engine strategy») entre réassurance non-vie et réassurance vie, la «plage de diversification optimale est à 45 % / 55%». A fin 2014, le groupe réalisait 56% de ses primes en vie et 44% en non-vie.


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Denis Kessler

Denis Kessler

Président-directeur général du groupe Scor
Président de l'Apref

Denis Kessler est né le 25 mars 1952 à Mulhouse. 1976 : diplôme de l'École des Hautes Etudes Commerciales (HEC Paris) . 1978 : diplôme d'études approfondies en sciences [...]

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