Vancouver : des JO bien couverts !

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Les Jeux Olympiques d'hiver de Vancouver ont débuté voilà une semaine. Malgré les menaces de pandémie qui régnaient encore il y a quelques semaines ou le contexte financier qui reste tendu, toutes les garanties essentielles au bon déroulement de cette manifestation sportive d'envergure planétaire ont pu être placées.

© Vanoc/Covan

Les XXIe JO d'hiver se sont ouverts vendredi 12 février à Vancouver (Canada). Depuis la cérémonie d'ouverture, les événements sportifs se succèdent pour le plus grand plaisir des amateurs de glisse. Au-delà du spectacle, comment le Comité d'organisation des JO de Vancouver (Vanoc) l'a-t-il assuré et géré la multitude de risques liés ? Aux manettes de la cartographie des risques, aux côtés du Vanoc : Patrick Vajda, ancien arbitre international d'escrime et aujourd'hui senior consultant pour le courtier Marsh. Depuis 1992 et les JO d'Albertville, il n'a jamais laissé échapper un rendez-vous olympique, estival comme hivernal.

Fondé en 2000 par le même Patrick Vajda, le département Événements sportifs de Marsh a obtenu, outre la cartographie des risques, une mission complète pour cette édition des JO, avec la mise en place du programme d'assurances et la coordination de son placement. « Les principales garanties sont les mêmes d'une édition à l'autre. Il s'agit de la garantie RC, du risque annulation, d'une police combinée individuelle accident et assistance et de la couverture dommages aux biens », explique-t-il.

- 2 700 athlètes. - 15 000 policiers. - Jusqu'à 2,5 millions de billets lors d'une édition. - La RC, principale garantie d'assurance des JO, nécessite de 250 à 350 M$ de capacités. - Le montant des droits télévisés a été estimé entre 250 et 300 M$ pour les JO de Los Angeles en 1984, et à plus de 1,7 Md$ pour les JO de Pékin.

Un marché bien maîtrisé

Une proportion significative du programme a été placée sur le marché des Lloyd's, auprès du syndicat Hiscox 33 notamment. Globalement, le placement des risques auprès des assureurs directs, comme des réassureurs, semble s'être bien déroulé, les risques ayant trouvé preneur à un coût compétitif. « Le Vanoc est exemplaire en matière de risk-management, lequel se situe à un très haut niveau pour cette édition », observe Patrick Vajda. La principale garantie du programme est la responsabilité civile. Sa première ligne (de 2 à 5 ME en moyenne) est traditionnellement confiée à un assureur local. « Le régional de l'étape maîtrise parfaitement son marché. Lors des JO de Pékin, cette règle non écrite s'est révélée un atout considérable », précise Patrick Vajda. Toutefois, pour les JO d'hiver de Turin, une entorse a eu lieu puisque l'apériteur du programme RC était l'assureur français Gan. En complément de la première ligne, les excess sont placés sur le marché mondial. Au total, les plafonds de garantie RC des JO oscillent habituellement entre 250 et 350 M$.

Pour l'annulation, la donne est différente : « Les besoins de capacités sont tels qu'il s'agit avant tout d'un marché de réassurance », rappelle Patrick Vajda. En outre, la couverture annulation est scindée en deux. D'une part, le Comité international olympique a souscrit une couverture renouvelable pour plusieurs JO. Munich Re et Swiss Re en sont les co-leaders. C'est le courtier de réassurance Aon Benfield qui a placé la couverture des deux dernières éditions (Turin et Pékin). Le programme couvre les JO de Vancouver et ceux à venir de Londres en 2012, et Sochi (Russie) en 2014. Il concerne une grosse partie des recettes escomptées, à l'exception notable de celles liées à la billetterie, assurée ou non par le comité d'organisation local (Vanoc). « Dès lors que ce risque annulation relatif à la billetterie est transféré, le niveau de franchise exigé est très élevé, au minimum 0,5 M$ » indique Patrick Vajda.

La police combinée individuelle accident et assistance constitue le troisième élément clé du plan de garantie des JO. L'accident mortel du lugeur géorgien, survenu vendredi 12 février lors d'une séance d'entraînement, actionnera la garantie. « Pour l'heure, et sans présumer d'une quelconque faute, la responsabilité du Vanoc ou celle du CIO ne devrait pas être recherchée, car ce sont les fédérations internationales de chaque discipline qui transmettent les données techniques nécessaires à la pratique du sport qu'elles représentent », indique Patrick Vajda.

- En 2000, deux ans avant la Coupe du Monde de football programmée en Corée du Sud et au Japon, la Fédération internationale de football (Fifa) souscrit une garantie annulation de l'événement. Les capacités mobilisées sont considérables, environ 400 millions de francs suisses. Axa Versicherung (Allemagne) est l'apériteur du programme et l'ensemble du marché mondial participe à la coassurance. Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, l'apériteur résilie ce programme. « À l'époque, la Fifa s'est tournée vers Marsh pour tenter de trouver un assureur capable de se substituer. La tâche n'a pas été aisée car l'ensemble du marché participait au premier programme mis en place et le contexte n'était pas à la prise de risque inconsidérée », se remémore Patrick Vajda. C'est le groupe américain de Warren Buffet, Berkshire Hataway, qui in fine a porté le risque.

Des montants faramineux

Enfin, l'assurance dommages aux biens est la dernière garantie majeure, avant celles relatives à l'assurance des mandataires sociaux, à la fraude ou à l'éventuelle garantie individuelle accident en inclusion lors de la vente des billets. Centre international de radiodiffusion, centre de presse, village olympique, stades, bureaux... : la garantie dommages aux biens s'applique à des dizaines d'immeubles (ou équivalents) et les biens assurés (matériel de radiodiffusion notamment) s'élèvent vite à des montants faramineux. « Le programme est complexe à mettre en oeuvre car le comité d'organisation des JO, à Vancouver le Vanoc, est parfois propriétaire du site, parfois responsable juridiquement aux côtés d'un propriétaire. Dans ce cas précis, nous cherchons systématiquement à faire perdurer le contrat d'assurance du propriétaire pour mettre en place en complément une couverture spécifique aux JO », résume Patrick Vajda.

Les JO de Moscou (1980) et Los Angeles (1984) ont fait l'objet de boycotts liés au contexte politique. Depuis, les contrats TV comportent une clause : le boycott de pays du Top 10 des nations médaillées vaut annulation. Pour les retransmissions télé, David Bruce, du syndicat Hiscox 33, rappelle : « Une préemption peut être nécessaire pour faire face aux pertes de revenus publicitaires qu'entraînerait une actualité subite détournant l'attention des médias. »


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article extrait de l’argus de l’assurance

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