Résultats 2014 : groupe Sham, une diversification de façade

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L’acquisition de Sofaxis réalisée fin 2013 permet à Sham de présenter un périmètre commercial plus vaste et plus diversifié. Mais sur le terrain, les possibilités de synergies entre la société d’assurance mutuelle et le cabinet de courtage racheté au groupe Dexia s’avèrent faibles.

En responsabilité civile médicale qui pèse près de 75?% de l’activité de Sham, la tension sur les prix a conduit à une baisse de chiffre d’affaires de 3,1?% et la charge totale des sinistres a augmenté de 11?% en un an.
En responsabilité civile médicale qui pèse près de 75?% de l’activité de Sham, la tension sur les prix a conduit à une baisse de chiffre d’affaires de 3,1?% et la charge totale des sinistres a augmenté de 11?% en un an.
sham

La première opération de croissance externe réalisée par Sham a permis à Domini­que Godet, son directeur général, de se livrer récemment à un exercice inédit : la présentation des résultats annuels d’un nouvel ensemble baptisé Groupe Sham. Issu de l’acquisition, fin 2013, de 85 % du capital du cabinet de courtage Sofaxis qui appartenait au groupe Dexia – les 15 % restant étant entre les mains de la Mutuelle nationale territoriale (MNT) et de la Mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN) –, ce groupe comprend deux entités juridiques distinctes : une société d’assurance mutuelle (Sham) et une société de distribution (Sofaxis). Le bilan de ce premier exercice intégrant les activités de courtage sur une année pleine a été l’occasion de présenter un périmètre commercial bien plus vaste (725 M€ de primes collectées en 2014, plus de deux fois les montants engran­gés par Sham en 2013) mais surtout des activités beaucoup plus diversifiées. La responsabilité civile médicale, cœur de l’activité de Sham à l’origine, ne représente plus que 31 % des primes collectées contre 82 % en 2010, et l’assurance de personnes devient le premier pôle d’activité du nouvel ensemble. « L’objectif que nous nous étions fixé de réduire la sensibilité économique de Sham à la responsabilité civile médicale est atteint », souligne Dominique Godet, directeur général du groupe.

Un groupe « singulier »

Cependant, sur le périmètre des activités d’assurance, le profil de risque de Sham reste le même. Le nouvel ensemble « n’a pas de statut juridique et n’est pas un groupe prudentiel au sens de Solvabilité 2 », précise Dominique Godet. La dépendance à la responsabilité civile médicale de la société d’assurance demeure forte. Or cette activité subit depuis quelque temps un double mouvement défavorable : une intensification de la concurrence conduisant à une baisse des tarifs et donc à une baisse de chiffre d’affaires et une nette dégradation de la sinistralité. Ainsi en un an, le nombre de réclamations enregistrées par Sham a augmenté de 5,3 % et le coût moyen des sinistres corporels a cru de 15 %. D’où une nette hausse de la charge des sinistres (+11 %).

Le nouvel ensemble qui se quali­fie de « groupe singulier aux exper­tises complémentaires » a en réalité peu de marges de manœu­vre en termes de coopération ou de synergie. « Nous veillons à maintenir l’autonomie opérationnelle de chacune des deux entreprises », précise d’ailleurs Domini­que Godet. Même si les deux sociétés ont en commun une frange de leur clientèle, les établissements hospitaliers par exemple, leurs propositions commer­ciales restent bel et bien distinctes. Les risques statutaires demeurent l’apanage de Sofaxis dont le portefeuille de fournisseurs n’a pas évolué suite à l’acquisition. En un peu plus d’un an, les seules synergies mises en place concernent les achats afin de permettre aux deux sociétés de bénéficier de meilleures conditions. À l’avenir, certaines formes de coopérations pourraient tout de même se dessiner. C’est le cas, par exemple, dans le domaine de l’assurance domma­ges et de responsabilité. En 2014, les deux sociétés ont conçu une offre de responsabilité civile commune pour les Services dépar­tementaux d’incendie et de secours (SDIS). Dans cette logi­que, « Sham peut apporter des capacités à Sofaxis pour initier de nouveaux développements, nous y réfléchissons », indi­que Domini­que Godet. Autre piste évoquée : celle des services. À l’avenir, Sham pourrait constituer un relais pour les prestations de Sofaxis en matière de prévention et de gestion en assurance de personnes. Mais cette activité reste marginale (10 M€ de chiffre d’affaires sur 64,5 M€).

Depuis peu, Sham s’essaie à une diversification géographique. La société a inauguré début 2015 une filiale de distribution et de gestion en Espagne, pour y commer­cia­liser ses offres en responsabilité civile médicale. Le développement à l’international, une autre façon d’élargir son champ d’action. Mais celle-ci se fera « sans prendre de risques inconsidérés » et prendra du temps avant de se matérialiser dans les bilans.

Une complémentarité séduisante sur le papier mais ténue sur le terrain

Au sein de leur portefeuille, Sham et Sofaxis disposent bien d’une frange de clientèle commune, les établissements publics du secteur de la santé et du social, mais dans les faits les synergies restent rares. Sur le plan opérationnel, les deux sociétés restent autonomes. Outre les mutualisations en termes d’achats, les quelques passerelles envisagées à ce stade se situent en assurance de biens et de responsabilité. Une offre commune a ainsi été conçue pour les Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS). Des coopérations dans les services en assurance de personnes sont également au programme.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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