Résultats 2016 : Groupama tient le cap dans la tempête

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Malgré les taux d’intérêt bas et une sursinistralité, Groupama a contenu, en 2016, la baisse de son résultat net à 322 M€ (-12,5 %) grâce à sa performance en assurance de personnes et à l’instauration d’une politique financière très prudente.

Si, en 2015, Groupama sortait d’un cycle de quatre ans de restauration de son bilan, le groupe d’assurance mutua­liste a pu éprouver, l’an dernier, la résistance de ses fondamentaux ­techniques. « Le fait de maintenir nos résultats quasiment au même niveau dans un environnement de sinistralité clima­tique désastreux, de corporels graves conséquents et de taux d’intérêt historiquement bas prouve notre capacité à faire notre métier d’assureur : encaisser les mauvaises années », exprime Thierry Martel, le directeur général. À 13,6 Md€ (dont 10,8 Md€ en France), le chiffre d’affaires reste stable. En baisse de 12,5 %, le résultat net s’établit surtout à 322 M€ et le ­résultat opérationnel économique se rétracte légèrement de 10 M€, passant de 163 à 153 M€.

L’assurance de personnes qui sauve la mise

« Les belles performances en assurance de personnes ont compen­sé », synthétise Thierry Martel. À la loupe, les 46 M€ de gains sur ce pôle vie ont suppléé en partie les 93 M€ de recul en IARD. L’assureur vert affiche notamment une part d’unités de comptes de 36,6 % dans sa collecte épargne retraite individuelle, contre 20,1 % pour la moyenne des acteurs. Le groupe prévoit même 50 % d’UC cette année. L’assureur enregistre enfin une forte progression en assurance santé collective. « Gan Eurocourtage est la première compagnie d’assurance collective auprès des courtiers », glisse le directeur général du 12e assureur de personnes du marché, spécialiste de la santé individuelle. Mais avec 55 000 affai­res nouvelles engrangées à la suite de l’entrée en ­vigueur de l’ANI, le groupe progresse fortement en collective. « Si on ajoute la prévoyance, nous avons la 2e place derrière Axa », assure le DG. Groupama a gagné en ­collectives (150 M€) le double du chiffre d’affaires perdu en individuel.

L’amortissement de la réassurance

Une dynamique bienvenue, donc, à l’heure où la sursinistralité ­climatique exceptionnelle a coûté 300 M€ à Groupama, très ancré en zone rurale et agricole, auxquels s’ajoutent 200 M€ de charges ­issues du corporel grave. Après réassurance, l’addition reste lourde – 194 M€ net – mais a pu être considérablement allégée. En revanche, la sanction est immédiate pour le ratio combiné non-vie qui se dégrade à 100,3 %. Enfin, c’est la politique financière très prudente du groupe en matière de provisions et de gestion d’actifs qui explique ce maintien. « Face à la volatilité du marché actions, nous avons amoindri le niveau de risque de notre bilan en cédant un certain nombre de lignes (ndlr : les actions représentent aujourd’hui moins de 6 % du portefeuille), ­sorties en plus-values à hauteur de 800 M€ », détaille Fabrice ­Heyriès, le directeur général adjoint de Groupama. Au final, les capitaux propres s’élèvent à 8,8 Md€, en hausse de 6,5 %. Ils intègrent les certificats mutualistes émis par l’ensemble des caisses régionales auprès des sociétaires pour 190 M€, participant clairement à consolider la solvabilité du groupe. Avec un ratio de 289 %, elle est en hausse de 26 points. Hors mesure transitoire, ce ratio progresse également de 135 % à 149 %.

Orange Bank, c’est pour mi-mai

La future offre bancaire de feu Groupama Banque, devenue Orange Bank, arrive mi-mai. L’addition du réseau de l’assureur avec celui de l’opérateur de téléphonie doit permettre d’atteindre 3 millions de clients dont 1 million de détenteurs de comptes contre 500 000 actuellement. « Le crédit est une activité qui se combine bien avec les offres d’assurance. La stratégie n’est pas de nous écarter de l’assurbanque, mais de trouver un modèle rentable », explique Thierry Martel, directeur général de Groupama qui envisage de développer l’assurance emprunteur. Une quarantaine de fintech ont collaboré à Orange Bank qui promet, depuis le départ, d’être la première banque 4.0.


Thierry Martel

Thierry Martel

Directeur général de Groupama SA

Thierry Martel est né le 25 octobre 1963 à Versailles. Diplôme de l'Ecole Polytechnique. Diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris. Diplôme de l'Institut des Actuaires [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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