Risques d'entreprise : ménage à trois inédit dans la supply chain

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Le risque de rupture des chaînes d’approvisionnement est notoirement mal couvert. Pour y remédier, le courtier d’entreprises Siaci Saint Honoré a bâti avec Allianz Global Corporate & Specialty et le cabinet Deloitte une solution sur-mesure.

Prédire, gérer et assurer les risques consécutifs à la ­rupture d’une chaîne ­d’approvisionnement : tel est ­l’objectif de la nouvelle offre tri­partite, ­façonnée par le courtier d’entreprises Siaci Saint Honoré, l’assureur des grands risques ­industriels Allianz Global Cor­porate & Specialty (AGCS) et la ­société d’audit et de conseil ­Deloitte. Soit un ménage à trois inédit dans le secteur !

Car jamais trois corps professionnels distincts ne s’étaient ainsi donné la main pour tenter de résoudre l’équation assurantielle impossible d’un grand risque. Mission : dépasser l’inassura­bilité posée par la rupture d’un des maillons d’une supply chain qui entraîne à la fois des dégâts ­matériels et immatériels (méven­tes, perte de clientèle ou de chance commerciale, chômage technique…). Comment ?

D’abord, en inspectant, dans cette nouvelle offre, la supply chain très en amont, afin de faire en sorte qu’elle fonctionne mieux. Ensuite, en identifiant plus précisément les risques de rupture et leurs conséquences, pour, in fine, les assurer à la carte. Ni pas assez, ni trop peu. Car, pour l’heure, les risk managers des grandes entreprises concernées se plaignent d’être obligés de souscrire un patchwork de garanties, issues de différentes polices, pour couvrir, tant bien que mal, tous les risques qu’ils perçoivent. Ou de devoir signer pour une solution globale standardisée, vendue sur étagère par des assureurs ou des courtiers, qui en plus d’être chère, se révèle souvent imparfaitement couvrante. Or, si la ligne de fabrication d’un boulon automobile manque à l’appel, par exemple, à cause de la rupture d’une chaîne, c’est toute la série de véhicules devant être écoulée dans plusieurs pays qui n’est pas produite, alors que le battage commer­cial a déjà commencé... Assurer le risque associé à la supply chain est donc sacré un casse-tête ! En 2015, le cabinet Deloitte révélait, dans une étude, que 45 % des entreprises jugeaient l’assurance relative aux chaînes d’approvisionnement peu efficace, voire inadaptée à la complexification croissante de leur organisation logistique. Selon ce même sondage, mené auprès de 1 000 entreprises, mieux assurer ce risque industriel est leur première préoccupation !

Comment ça marche : trois strates d’expertise

Tout d’abord, le cabinet de conseil Deloitte opère un état des lieux de la supply chain (fonctionnement, implantations, risques...) à l’aide de son outil d’analyse Early Warning System (EWS). Il s’agit d’une modélisation analytique de la chaîne d’approvisionnement à vocation très opérationnelle. Si le client le souhaite, il peut, à partir de cette base, compléter cet audit par une expertise assurantielle réalisée par le partenaire exclusif, Siaci Saint Honoré. Le courtier se charge alors d’architecturer, sur la base du compte-rendu de Deloitte, les besoins en couvertures. Et c’est l’expertise ultime de l’assureur, Allianz Global Corporate & Specialty qui permet le portage dans une assurance sur-mesure.

S’attaquer à la cause du mal

Face à cet enjeu, AGCS, Siaci Saint Honoré et Deloitte ont donc ­façonné un produit capable de déceler les signaux faibles de la supply chain pour mieux en maîtriser les risques, dès le départ. « Notre approche consiste à oublier les symptômes et à nous attaquer à la cause du mal », résume Nicolas Rivière, directeur études recher­che et innovation du courtier parisien. Cette solution se base, avant tout, sur la méthode ­prédictive initiée par Deloitte pour traquer ce risque. Le cabinet dispose d’une cinquantaine de consultants dont le métier consiste à optimiser le fonctionnement des chaînes pour tous types d’entreprises, avec des ­outils d’analyses et de simulation propriétaires. « L’intérêt de ce ­tripartenariat ­réside dans le fait d’avoir un ­assureur capable ­d’exploiter les données uniques de ­Deloitte et un courtier qui distribue avec expertise ces contrats », ­poursuit Nicolas Rivière. « Nous utilisons des méthodes d’analyse avancée, confirme Magali Testard, associée responsable conseil achats & supply chain chez Deloit­te. En nous unissant à ­Allianz Global Corporate & ­Speciality et Siaci Saint Honoré, nous apportons une réponse aux entreprises soumises à des risques et qui ne savent pas toujours mesurer leurs impacts ». Car les chaînes d’approvisionnement sont ­étendues et interdépendantes, générant donc des risques, qui agissent en ricochet.

Il faut tirer les enseignements de l’échec commercial des assurances supply chain, nous sommes donc repartis d’une feuille blanche pour identifier, quantifier et qualifier ce risque en définissant un vrai seuil d’assurabilité.

Hervé Houdard, DG de Siaci Saint Honoré

Auditer avant d’assurer

Dans la chaîne de valeur, Siaci Saint Honoré n’intervient qu’en cas de besoin après l’audit de Deloitte, selon un principe appelé à faire florès : il est plus aisé d’assurer une vulnérabilité, une fois celle-ci ­précisément cartographiée. « La couverture vient par-dessus, en ­annexe ou à côté de l’existant, elle est achetée comme un produit supplémentaire », souligne Hervé ­Houdard, ­directeur général de Siaci Saint Honoré. Ce serait lors d’un déjeuner entre le courtier et le consultant que l’idée aurait fait son ­chemin... « Ce sont deux mondes qui, jusqu’ici, ne se parlaient pas », glisse Magali Testard. Du côté d’AGCS, la nouvelle gestion de ce risque permet à l’assureur d’établir un seuil d’assurabilité plus important : 100 M€ pour les dommages immatériels, les plus difficiles à couvrir. « Jusqu’ici les ­garanties étaient partielles, alors qu’il y a un champ de couvertures à explorer sur la supply chain », intervient Jean­Baptiste Regnier, r­esponsable de la souscription dommages aux biens chez AGCS qui ne cache pas que le problème est forcément actuariel.

Notre expertise consiste à détecter les signaux faibles dans la chaîne de valeur, à partir desquels l’assureur et le courtier peuvent vraiment mesurer l’impact de risques potentiels.

Magalie Testard, associée responsable conseil achats & supply chain chez Deloitte

Risque mouvant

Qui dit nouveaux risques, dit en effet absence d’historique et donc frilosité des compagnies. « C’est un risque très mouvant, mais nos ­actuaires peuvent aujourd’hui tarifer avec plus de justesse en étudiant la fréquence et la gravité détaillées dans l’expertise de Deloitte », ajoute Jean-Baptiste Regnier. « Nous factualisons le besoin en polices d’assurance », synthétise Magali Testard. Depuis l’annonce du lancement de cette solution en décembre?2016, les 250 premières entreprises françaises seraient déjà intéressées par le concept, la cible se « limitant » aux sociétés réalisant plus de 500 M€ de chiffre d’affaires. En cas de succès, la capacité financière d’Allianz pourrait augmenter avec l’arrivée d’un quatrième partenaire… réassureur. Vers un ménage à quatre ?

La pérennité d’une supply chain se fait dans le temps et nous ouvrons, avec cette solution préventive et opérationnelle, les portes de la connaissance. C’est une nouvelle démarche assurantielle.

Jean-Baptiste Regnier, responsable de la souscription dommages aux biens chez AGCS


Hervé Houdard

Hervé Houdard

Directeur général de Siaci Saint Honoré

Hervé Houdard est né le 29 juillet 1957. Autodidacte 1973-82 : Hervé Houdard débute sa carrière au sein du groupe Rhin & Moselle, spécialisé en assurances. 1982-94 : Responsable de la [...]

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