RSI : après les attaques, la contre-attaque

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Pour sa dixième année d'existence, le Régime social des Indépendants a bien l'intention de poursuivre son redressement après une année 2015 riche en actualités. Et s'apprête à lancer de nouveaux chantiers.

2016, année de la reprise en main pour le régime social des indépendants ? Le RSI veut y croire.
2016, année de la reprise en main pour le régime social des indépendants ? Le RSI veut y croire.

Les derniers mois ont été pour le moins éprouvants pour le Régime Social des Indépendants (RSI). Et pour cause : cela fait désormais plus d'un an qu'il est placé sous les projecteurs, critiqué pour ses dysfonctionnements récurrents (notamment via le mouvement «Sauvons nos entreprises»), jusqu'à que sa suppression soit même suggérée par certains. Le gouvernement a préféré, de son côté, opter pour une réforme en profondeur du régime social des indépendants via une mission parlementaire, menée par les députés Sylviane Bulteau et Fabrice Verdier, qui a finalement conduit à une liste de vingt engagements du RSI.

Qu'en est-il aujourd'hui en 2016, alors que le RSI est un peu moins médiatisé (exception faite de la récente histoire de la retraite mensuelle d'1,07€) ? Le président et le directeur général du régime, Gérard Quevillon et Stéphane Seiller, ont détaillé ce 8 avril l'état d'avancement de ces vingt mesures, ainsi que des projets en cours de réflexion ou d'élaboration.

Une COG 2016-2019 en bonne voie

«Malgré de premiers résultats qui prouvent la qualité de nos investissements, les critiques du RSI continuent», introduit, lassé, M. Quevillon. Et de détailler l'état d'avancement des vingt engagements pris par le régime dans le cadre de la prochaine convention d'objectifs et de gestion (COG) 2016-2019 : treize seraient ainsi déjà effectifs, alors que les sept autres «entreront en vigueur, de manière progressive, à partir de 2016». Resteraient ainsi à fournir un travail sur les courriers et courriels adressés aux assurés du RSI, sur le versement accéléré de la pension de retraite (engagement 13) ou encore sur l'information régulière vis-à-vis du respect des dits engagements - une grille d'indicateurs sera disponible à compter du second trimestre 2016.

Par ailleurs, cette prochaine COG serait sur le point d'être mise sur pied : «Nous sommes proches de trouver un accord favorable avec l'État dans l'intérêt de nos ressortissants» annonce ainsi M. Quevillon, estimant une signature «possible dans les prochaines semaines».

Proximité, simplicité, protection

Le RSI axe son plan d'action autour de trois priorités : proximité, simplicité, protection. La première, en plus de la tenue du plan d'engagements pré-cité, passe notamment par la ré-internalisation de la réponse téléphonique (jusqu'à présent en partie sous-traité), une simplification du calendrier des cotisations et un nouveau maillage territorial (passage de 25 caisses métropolitaines à 9, déploiement de cent médiateurs départementaux).

Quels résultats, sur ce premier item ? La ré-internalisation du contact téléphonique produit, selon le directeur général du RSI Stéphane Seiller, de premiers résultats : «Le temps d'attente est désormais compris entre 90 et 120 secondes, tandis qu'on compte également 95% de satisfaction pour les personnes appelant à un délai de paiement.» Sur la médiation, 110 des 3000 réclamations mensuelles passeraient par cette étape supplémentaire, avec un taux de résolution à l'amiable actuellement estimé de 76%.

Quatre trimestres d'ici 2019 ?

Simplicité, dans un second temps. Le site net-entreprises.fr permet désormais aux chefs d'entreprise indépendants de connaître leurs cotisations et les droits retraite acquis dès la déclaration de revenu en ligne réalisée (80% des déclarations de 2015 ont été faites sur internet). Autre modalité, mise en place à partir de mai 2016 : le télépaiement, qui deviendra une alternative aux chèques et autres virements jusqu'à présent effectués - la grande majorité des cotisations étant toutefois réglées par prélèvement.

Protection, enfin, avec la validation de trois trimestres de retraite dès 2016 pour les chefs d'entreprise payant la cotisation minimale, contre deux en 2015 et un seul en 2014. «J'espère bien que nous pourrons passer à quatre trimestres d'ici 2019», prévient par ailleurs M. Quevillon. Des programmes de lutte contre la désinsertion professionnelle et de prévention de la parte d'autonomie ont également été mis en place.

«Le RSI est un coupable tout désigné»

Cet ensemble de mesures suffira-t-il à calmer la grogne exprimée fortement tout au long de l'année 2015 - et bien en amont sur les bugs informatiques récurrents des dernières années, loin d'être réglés ? «Le RSI est un coupable tout désigné pour un certain nombre de protestataires», relève M. Quevillon. Un déficit d'image qui se doit donc d'être corrigé, ce qui passera par une redéfinition des priorités : «Notre rôle de collecteur des cotisations masque trop notre autre mission d'accompagnement des chefs d'entreprise», illustre M. Sellier.

Ainsi donc, après une période fortement agitée, le RSI veut redorer son image et valoriser ses actions, plus ou moins nouvelles. «Notre principal problème est l'écart entre la perception médiatique du régime et la réalité du quotidien», synthétise M. Seiller. De là à ce que le désamour exprimé en 2015 s'estompe tout de suite...



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