Santé : la prévention et l’innovation plébiscitées (étude)

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Une écrasante majorité d'acteurs économiques du système de santé souhaite une plus grande liberté des complémentaires santé pour développer des services, indique une étude du cabinet OpusLine.

Alix Pradère, présidente du cabinet OpusLine
Alix Pradère, présidente du cabinet OpusLine
Opusline

Prévention, innovation et accessibilité des soins : tels sont les trois grands axes de progrès souhaitables dans le secteur de la santé, selon une étude d’Harris Interactive pour le cabinet de conseil OpusLine, destinée à interpeller le gouvernement sur les attentes des acteurs économiques et publics en matière de santé. La prévention est plébiscitée puisque 95% des 150 assureurs complémentaires, industriels de la santé et acteurs publics interrogés s’accordent à la placer au rang de « priorité nationale ». Une demande en phase avec les intentions de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui veut placer la prévention au cœur de son action.

« Nous avons été surpris par le niveau d’adhésion à des sujets comme le prévention. Nous savons que cette dernière est essentielle, mais nous pensions qu’il y aurait plus de scepticisme sur le sujet », déclare Alix Pradère, présidente d’OpusLine, qui y voit le signe d’une certaine maturité des acteurs. Elle se dit aussi surprise par le poids relativement faible de sujets qui ont par le passé beaucoup fait couler d’encre, comme la réforme du régime des affections de longue durée (ALD). Celle-ci est citée par seulement 40% des sondés la citent comme un moyen de retrouver des marges de manœuvre financières. Il apparaît clairement dans cette étude que la recherche d’efficience des acteurs passe en priorité par l’innovation, la libération des réglementations que par les leviers strictement économiques.

Lever la suspicion

Cette attente est particulièrement flagrante en matière d’accès aux données de santé, que 93% des sondés s’accordent à le citer comme un moyen de « mesurer en vie réelle le rapport coût/bénéfice des traitements ». Selon le volet qualitatif de l’étude, la législation en matière d’accès aux données est jugée « trop rigoriste, minimisant le potentiel qui pourrait venir mieux éclairer la politique publique, et permettre de développer des services personnalisés ». L’étude qualitative souligne aussi la nécessité de « sortir de la suspicion afin de libérer le potentiel ». Une allusion directe aux complémentaires santé qui voient dans les données personnelles un levier pour mieux répondre aux besoins des assurés et qui revendiquent de ne pas être considérées comme mues uniquement par des préoccupations mercantiles. « Un des défis du quinquennat sera d’arriver à réguler sans freiner les initiatives. Il faudra être pragmatique lors de la mise en œuvre du règlement européen sur la protection des données personnelles l’an prochain », remarque Alix Pradère.

Un nouveau rôle

Sans surprise, les acteurs économiques sont très largement favorables à un repositionnement de l’assurance santé vers un rôle plus actif dans le système de santé. Les deux enjeux majeurs consistent à développer des offres de prévention reposant sur l’accès aux données personnelles et à se positionner en tant qu’acteurs d’orientation dans les parcours de soins, notamment via les réseaux. En revanche, la mise en place de contrats types et le reste à charge nul sur l’optique médicale et les prothèses auditives et dentaires, deux projets phare d’Emmanuel Macron en matière de santé, ne recueillent pas les faveurs des sondés.

 

Le reste à charge zéro apparaît, selon les entretiens qualitatifs, comme une proposition sujette à caution, dans la mesure où les trois types de soins « ne répondent pas à la même logique de coût et ne peuvent donc pas s’absorber avec les mêmes mécanismes ». Une telle n’apparaît pas souhaitable à certains acteurs dans la mesure où l’on retrouve dans la logique de remboursement à 100% « une part de déresponsabilisation » et qu’il est « important qu’il y ait un minimum de coût en reste à charge pour l’assuré car tout ce ce qui n’a pas de prix n’a pas de valeur », constate un verbatim de l’étude.



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