REAVIE 2017

Sécu – complémentaires : le partage des rôles en question à Réavie

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Plutôt qu’un renversement du système actuel, le secrétaire général du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) a mis en avant lors du salon Réavie qui s'est achevé le 13 octobre le rôle des réseaux de soins des organismes complémentaires dans l’atteinte d’objectifs comme la réduction des restes à charge.

Les soins dentaires sont le plus gros poste de reste à charge avec l'audioprothèse.
Les soins dentaires sont le plus gros poste de reste à charge avec l'audioprothèse.
Delrieu Sophie

En matière d’articulation entre assurance maladie obligatoire (AMO) et complémentaire (AMC), le grand soir n’est pas pour demain. Le système actuel est certes imparfait : Stéphane Le Bouler, secrétaire général du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), invité à s’exprimer dans le cadre d’un débat, jeudi 12 octobre 2017 à Réavie à Cannes, a tiré un parallèle avec l’exemple du logement, remarquant qu’ « il faudra bien se rendre compte un jour que quand on empile les financements publics et privés sans régulation, ça ne marche pas ».

Des vertus malgré tout

S’il est difficile d’épuiser un débat sur l'articulation AMO/AMC dans le temps limité d’une table ronde, M. Le Bouler, tout en critiquant le système, n’en a pas moins souligné certaines vertus. « En l’état actuel, l’accès aux innovations les plus coûteuses est organisé dans des conditions relativement satisfaisantes par l’assurance olibgatoire ». Il en va de même pour l’accès aux équipements les plus coûteux comme l’imagerie. Dans tous ces domaines, « il est difficile d’imaginer une inversion des rôles entre l’assurance maladie obligatoire et complémentaire ».

En réponse à une question d’Henri Laurent, président de l’Association Réavie, qui lui demandait « quelle était la probabilité qu’il se passe vraiment des choses », M . Le Bouler a reconnu que l’heure n’était pas aux « réformes substantielles ». Il en veut pour preuve que les dernières, comme la généralisation de la complémentaire santé à tous les salariés, se sont faites à « périmètre inchangé ». Et d’ajouter que « le débat n’était pas mûr pendant la présidentielle ». Une allusion évidente à la polémique déclenchée par les propos de François Fillon sur une scission entre le « petit » et le « gros » risque.

Traiter les vrais problèmes

Dans le contexte actuel, le débat sur l’articulation AMO/AMC s’est donc déplacé vers la problématique des restes à charge (RAC), en particulier l’objectif de RAC zéro en dentaire, audioprothèse et optique promis par le gouvernement à l’horizon 2022. Comme l’a rappelé M. Le Bouler, le véritable problème des restes à charge réside dans le dentaire et l’audioprothèse plutôt que dans l’optique. Si dans ces trois domaines, les réseaux ont montré leur efficacité, c’est dans les deux premiers qu’il est prioritaire d’avancer.

Pointant les dysfonctionnements du marché de l’audioprothèse (asymétrie d’information, facturation en avance de prestations, numerus clauses), le secrétaire général du HCAAM a posé une alternative claire : « Soit on augmente la facture (ndlr, du marché) à deux milliards d’euros pour couvrir les gens, soit on essaye de mieux réguler et la facture n’a plus de raisons de grimper ». En dentaire, il a évoqué le besoin d’un renouvellement du modèle, citant notamment des exemples étrangers : « Il y a des pays où on lie une prise en charge élevée au respect de la prévention par les usagers ».

Le rôle des réseaux

En tout état de cause, derrière l’engagement présidentiel, les réseaux ont « un rôle à tenir ». Un point de vue naturellement partagé par Marianne Binst, directrice générale de Santéclair, qui est intervenue pour poser la question d’un autre scénario, avec une ligne de partage AMO - AMC entre des domaines où la concurrence peut être régulée car on est plutôt dans de la consommation, et d’autres domaines où l’on considèrerait qu’une mise en concurrence est plus difficile.
 


Marianne Binst

Marianne Binst

Directrice générale de Santéclair

Marianne Binst est née le 16 septembre 1960. 1981 : diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris (IEP). 1983-84 : études à l'École de santé publique de Harvard, aux [...]

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