Séisme en Italie : un coût inférieur à 380 M€ pour l’assurance (Moody’s)

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Selon Moody’s, le séisme qui a frappé le centre de l’Italie la semaine dernière devrait représenter un montant de pertes assurées inférieur à ceux de 2012 et 2009, lequel avait coûté 283 M€. En cause : sa localisation dans une zone à faible densité d’habitation associée  à un taux d’assurance de la population proche de zéro.

Le dernier bilan humain du tremblement de terre de magnitude 6,2 sur l’échelle de Richter qui a secoué le centre de l’Italie, mercredi  24 août 2016, fait état de 291 morts.
Le dernier bilan humain du tremblement de terre de magnitude 6,2 sur l’échelle de Richter qui a secoué le centre de l’Italie, mercredi 24 août 2016, fait état de 291 morts.

Le dernier bilan humain du tremblement de terre de magnitude 6,2 sur l’échelle de Richter qui a secoué le centre de l’Italie, mercredi  24 août 2016, fait état de 291 morts. Sur le plan matériel, le séisme, qui a provoqué d’importants dégâts et la destruction partielle de plusieurs villages, devrait générer un coût pour l’assurance en-deçà des deux derniers séismes qui ont frappé le pays en 2012 et en 2009, selon l’agence de notation Moody’s.

Une facture inférieure aux épisodes de 2009 et 2012

Pour mémoire, le séisme de 2012 avait représenté un coût assuré de 1,26 Md€, contre 383 M€ pour celui de 2009. Bien que de même intensité, le montant des dommages devrait être inférieur pour le secteur de l’assurance en Italie en raison de sa localisation dans une zone rurale « à faible densité d’infrastructure et de biens industriels », indique Moody’s dans une note. L’agence évoque également un taux d’assurance relativement faible par comparaison aux autres marchés européens.

Selon l’Association italienne de l’assurance, environ 44% des Italiens disposent d’une assurance habitation mais à peine 3 à 4% de ces contrats comportent une couverture contre les séismes.

Bilan des séismes en Italie depuis 1976 :

Dégradation des résultats techniques attendus

L’évènement devrait également peser sur les résultats techniques du secteur. Si l’on en croit les projections de Moody’s, le ratio combiné de l’assurance dommages (avant réassurance) pourrait subir une dégradation de 17 points et dépasser le seuil de 100%, sauf dans le cas où le montant des pertes assurées n’excéderait pas 250 M€.

La fédération italienne de l’assurance a, par ailleurs, identifié les assureurs les plus exposés à la catastrophe au regard de leurs parts de marché. Il s’agit de Generali Italie (26% de parts de marché en 2015), UnipolSai Assicurazioni (22% de parts de marché) et Allianz (11% de parts de marché).

La réassurance a priori peu concernée

Quant à l’impact sur la réassurance, Moody’s s’attend à un effet « seulement marginal ». En cause : d’une part, dans un marché la réassurance dommages en excès de capacité, les cédantes appliquent un niveau élevé de rétention sur ce type de risques. Seuls les risques dits de pointe déclenchent dans ce cas les couvertures réassurantielles ; d’autres part, le panel de réassureurs est suffisamment diversifié pour diluer le montant des pertes à l’échelle de l’industrie.

L’Italie : un vide en matière d’assurance cat’ nat’

L’Italie ne dispose pas d’un régime cat nat équivalent à celui de la France. Loin de là. L’assurance habitation n’est pas obligatoire et la couverture des dommages liés aux tremblements de terre est très faiblement souscrite. « L’association des assureurs italiens a estimé que moins de 1% des ménages étaient couverts en cas de tremblement de terre », rappelle Benjamin Serra,  analyste en charge de l’assurance chez Moody’s.

Après le double séisme de 2012, l’Etat italien avait obtenu une aide de 670 M€ de la part du Fonds de solidarité de l’Union européenne (FSUE) qui peut être mobilisé en cas de catastrophes naturelles majeures.


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