AMRAE 2016

Stephen Morse (intervenant Scor) : « Il faut affûter le contrôle des pandémies »

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Du Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras) à la grippe H1N1 en passant par l’émergente fièvre Lassa, les maladies infectieuses inquiètent les (ré)assureurs. Selon Stephen Morse, Professeur en épidémiologie, la mise en place de systèmes d’alerte - et ce, sans délai - s’impose.

Stephen Morse (Professeur intervenant pour Scor)
Stephen Morse (Professeur intervenant pour Scor)

 

A l’heure où le virus Zika, majoritairement présent en Amérique du sud, se propage sans qu’un remède n’ait encore été trouvé ou qu’une nouvelle fièvre appelée Lassa affole les experts en Afrique, le danger systémique des pandémies ne souffre plus aucun doute. Au siège des assureurs et surtout des réassureurs, un « monitoring » se met donc en place. Un drame planétaire serait si vite arrivé (ndlr : la grippe espagnole, en 1918 a causé la mort de 50 millions de personnes)… et le besoin d’une réponse assurantielle se fait donc saillant, notamment au sein des entreprises expatriant des salariés (lire dossier Risk Management).

Invité à s’exprimer à la dernière conférence du groupe Scor à Paris sur le thème des pandémies, le professeur Stephen Morse, spécialisé en épidémiologie à l’université de Columbia à New York, a  confirmé que si le phénomène n’est pas nouveau, son ampleur et la vitesse de sa propagation le rend global. « C’est une des conséquences inattendues de nos avancées technologiques et sociétales », a-t-il argumenté. Tandis qu’il évoque et s’inquiète de la pandémie mortelle qui résulterait du croisement de la grippe H1N1 – notoirement pandémique – avec la grippe H5N1 - plus circonscrite – Stephen Morse conclut que des facteurs écologiques associés à la mondialisation des transports et du commerce sont responsables de l’essor de ces maladies infectieuses.

Agir, vite

« Nous savons ce qui crée les pandémies, déclare-t-il, la question c’est que faisons-nous ? ». Et le professeur d’énumérer le besoin d'une surveillance plus assidue, notamment de zones géographiques à risques où les facteurs clés d’émergence sont les plus actifs. « La réalité, c’est que nous avons besoin de meilleurs systèmes d’alerte et d’un contrôle plus efficace de ces maladies et cela, sans délai ».

De fait, les facteurs sont multiples et doivent tous être identifiés, les changements anthropologiques accroissent les risques de transmission en confrontant l’homme à un environnement composé de pathogènes dont il n’est pas familier. « Comment rendre le monde plus sûr ? interroge Stephen Morse, Une surveillance plus efficace est une solution, associée à un meilleur diagnostic, une volonté politique et de la R&D pour trouver des traitements».

En matière d’assurance, le coût lié à ces maladies n’est toujours pas couvert.
 



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