Télémédecine : une nouvelle pratique médicale plébiscitée, mais assez peu connue

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Une étude menée conjointement par la mutuelle Intériale, la société française de télémédecine  et le club de Réflexion sur l’Avenir de la Protection Sociale se penche sur le niveau de connaissance et l’appétence des Français vis-à-vis de la télémédecine.

La télémédecine, pour l'heure peu pratiquée en France, séduit pourtant les patients.
La télémédecine, pour l'heure peu pratiquée en France, séduit pourtant les patients.

Télémédecine, téléconsultation, téléconseil, télésurveillance médicale… Ces concepts intègrent progressivement le vocabulaire de la santé, aidés entre autres par l’essor des objets connectés de santé. Ils s’inscrivent également dans un contexte de facilitation de l’accès aux soins, par exemple dans les déserts médicaux ou pour les personnes à mobilité réduite.

Axa a ainsi, en mai 2015, fait réagir de nombreux acteurs après avoir proposé un service de téléconsultation médicale à ses assurés en santé : des acteurs spécialisés, comme MonDocteur.fr ou Deuxième Avis, ont également fait leur apparition ces dernières années.

Mais ces termes sont-ils seulement bien connus ? C’est l’un des buts de l’étude conjointe réalisée par le Club de Réflexion sur l’Avenir de la Protection Sociale (CRAPS), la société française de télémédecine (SFT-Antel) et la mutuelle Intériale*, présentée à l’occasion d’un colloque sur la télémédecine dans les territoires tenu au Sénat.

Des termes en partie connus

La connaissance de la télémédecine se révèle ainsi plutôt bonne… mais imprécise : seules 29,5% des membres de l’échantillon métropolitain (et 36,4% des DOM TOM) disent ne pas savoir ce que recoupe ce terme. Toutefois, seule une personne sur cinq déclare «voir très bien de quoi il s’agit», une majorité se contentant pour l’heure d’une connaissance partielle. Ces taux de méconnaissance sont légèrement plus élevés pour les concepts de téléconsultation et de télésurveillance (entre 32 et 42%)**.

L’intérêt pour la télémédecine est toutefois inégal selon les territoires et les catégories de population. 72,5% de l’échantillon DOM TOM se dit ainsi intéressé pour obtenir de plus amples informations sur les pratiques de la télémédecine, contre seulement 46% de l’échantillon métropolitain. Cette distinction territoriale se retrouve également sur le téléconseil par téléphone, pratique qui rebuterait 35% de l’échantillon métropolitain contre 23% pour les DOM TOM, la téléconsultation (47% contre 34%) et la télésurveillance (28% contre 21%).

Les Français majoritairement séduits

En pratique, le coût d’une téléconsultation (fixé à 28€) est globalement jugé trop élevé (53% de l’échantillon métropole, 43% des DOM TOM) et devrait être pris en charge par les organismes complémentaires santé. Sur ce dernier point, les possibles modalités diffèrent : plateformes de téléconsultation dédiées, installation de dispositifs de télémédecine à domicile, expérimentations locales…

Pour l’heure, alors que la télémédecine reste peu usitée, ces trois différentes pratiques séduisent majoritairement les Français – mais pas à la même échelle : là où plus de 80% de l’échantillon envisage de recourir à la télésurveillance (89% dans les DOM TOM), le téléconseil est légèrement moins plébiscité (65% en métropole, 77% DOM TOM) et la téléconsultation se heurte encore à un certain frein (53% en métropole, 66% DOM TOM).

* Méthodologie : enquête réalisée par e-mail entre les 5 et 19 octobre 2015, auprès d’un échantillon de 10 000 adhérents de la mutuelle Intériale vivant en métropole et de 3 504 adhérents vivant dans les DOM-TOM. 774 métropolitains et 230 adhérents des DOM-TOM ont répondu au questionnaire : les échantillons ont été partiellement redressés sur les variables sexe, âge et statut actif ou retraité.

** Lexique : là où la téléconsultation se définit comme la consultation à distance d’une personne par un médecin par Internet, la télésurveillance s’entend au sens du suivi à distance d’un patient souffrant d’une affection chronique à son domicile par un médecin ou une infirmière (par exemple, entre deux consultations classiques) et le téléconseil médical personnalisé au sens d’un conseil délivré par téléphone.
 



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