Thierry Martel (DG Groupama): « Nous sommes assez contents de 2016 »

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Malgré les taux d’intérêt bas et une sur-sinistralité, Groupama a contenu, en 2016, la baisse de son résultat net. A 322 M€, ce ratio économique clé ne recule que de 12,5% grâce à la performance du groupe en assurance de personnes et à sa politique financière très prudente.

Thierry Martel, en 2015, lors d'une manifestation interne
Thierry Martel, en 2015, lors d'une manifestation interne

Si, en 2015, Groupama sortait enfin d’un cycle de quatre ans de restauration de son bilan, le groupe d’assurance mutualiste estime avoir eu particulièrement l'occasion d’éprouver, en 2016, la résistance de ses fondamentaux techniques. « Le fait de maintenir nos résultats quasiment au même niveau dans un environnement de sinistralité climatique désastreux et de corporels graves conséquents sur fond de taux d’intérêt historiquement bas prouve notre capacité à faire note métier d’assureur : encaisser les mauvaises années », a exprimé Thierry Martel, le directeur général, le 17 mars 2017, lors de la présentation des résultats de l’entreprise.

A 13,6 Md€ (dont 10,8 Md€ en France), le chiffre d’affaires équitablement réparti entre l’assurance de biens et l’assurance de personnes reste, en effet, stable. En baisse de 12,5%, le résultat net s’établit, pour sa part, à 322 M€ et le résultat opérationnel économique se rétracte légèrement de 10M€, passant de 163 M€ à 153 M€.

L’assurance de personnes qui sauve la mise

« Les belles performances en assurance de personnes ont compensé », synthétise Thierry Martel. A la loupe, les 93 M€ de recul en IARD ont effectivement été en partie supplées par les 46 M€ de gains en assurance de personnes. Premier à avoir engagé une démarche pro-UC de transformation de son portefeuille vie, l’assureur vert affiche une part d’unités de comptes de 36,6% dans sa collecte épargne retraite individuelle, contre 20,1% pour la moyenne des acteurs (et une projection à 50% en 2017). Soit une croissance de cette part de 12% dans un marché qui la voit décliner de 2%. UC qui pèse, in fine, 12,2% du chiffre d’affaires de Groupama (6,3 M€ en assurances de personnes).  

L’assureur enregistre surtout une forte progression en assurance santé collective, portée par l’ANI. « Gan Eurocourtage est la première compagnie d’assurance collective auprès des courtiers », glisse le directeur général du 12e assureur de personnes du marché, jusqu’ici plutôt réputé sépcialiste de l’assurance santé individuelle. Mais avec  55 000 affaires nouvelles engrangées suite à l’entrée en vigueur de l’accord, le groupe assure que, « si on ajoute la prévoyance, nous avons la 2ème place derrière Axa », dixit le DG qui a gagné grâce aux collectives le double de chiffre d’affaires perdu en individuel (150 M€).

L’amortissement de la réassurance

Une dynamique bienvenue, donc, à l’heure où l’assurance de biens a subi de plein fouet une sur-sinistralité climatique exceptionnelle du fait de l’ancrage rural et du leadership en assurance agricole de Groupama. Coût : 300 M€ auxquels s’ajoutent 200 M€ de charges également accrue issues du corporel grave le tout avant réassurance. Si l’addition est lourde - 194 M€ net - elle se trouve ainsi amortie. En revanche, la sanction est immédiate pour le ratio combiné non-vie qui se dégrade à 100,3%.

Politique prudente

Ce maintien économique dans la tempête 2016 résulte aussi d’une politique financière prudente ne matière de provisions, et de gestion d’actifs. « Face à la volatilité du marché actions, nous avons amoindri le niveau de risque de notre bilan en cédant un certain nombre de lignes (ndlr : les actions représentent ainsi moins de 6% du portefeuille), sorties en plus-values à hauteur de 800 M€, détaille Fabrice Heyriès, le directeur général adjoint de Groupama. Ainsi nous avons maintenu le rendement moyen de notre actif ». Ce dernier a également refinancé 650 M€ de dettes à de bonnes conditions de marché (le ratio d’endettement est de 9,7%).

Carton des certificats mutualistes

Au final, les capitaux propres s’élèvent à 8,8 Md€, en hausse de 6,5%. Ils intègrent les certificats mutualistes émis par l’ensemble des caisses régionales auprès des sociétaires pour 190 M€ qui participent aussi à la consolidation la solvabilité du groupe. Avec un ratio de 289%, elle est en hausse de 26 points. Hors mesure transitoire, ce ratio progresse de 135 % à 149%. Fort de plus de 115 M€ de certificats souscrits depuis janvier 2017, les 550 M€ prévus seront atteints avant fin 2018.

Orange Bank, c’est pour mi-mai

Ces résultats n’incluent plus Groupama Banque, devenue Orange Bank en avril 2016. Sur ce front commercial, l’offre bancaire 100% mobile et disruptive promise se précise. « La mise sur le marché est programmée mi-mai après une phase opérationnelle en version Bêta en avril, déclare Thierry Martel. Les systèmes d’information des deux réseaux fonctionneront avec le même CRM de Salesforces au second semestre ». L’addition des deux réseaux de distribution doit permettre d’atteindre à terme 3 millions de clients contre 500 000  détenteurs actuels de comptes dont 1 million captés par l’assureur. « Le crédit est une activité qui se combine bien avec les offres d’assurance. Il n’est pas question de nous écarter de l’assurbanque, mais de trouver un modèle rentable et nous saisirons l’opportunité de nous développer sur l’assurance emprunteur », poursuit le dirigeant qui croît en la pertinence de cette future offre numérique pour laquelle une quarantaine de Fintech ont collaboré et qui fera appel à l’intelligence artificielle. « On y trouvera tout ce qui se fait de mieux, y compris sur Apple en matière de paiement », ajoute Thierry Martel.

 

 


Thierry Martel

Thierry Martel

Directeur général de Groupama SA

Thierry Martel est né le 25 octobre 1963 à Versailles. Diplômé de l'Ecole Polytechnique. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris. Diplômé de l'Institut [...]

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