Transformations à tous les étages chez Axa France

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C’était en septembre dernier. La direction d’Axa France présentait aux représentants du personnel un projet de réorganisation. Dix mois plus tard, le projet est lancé. Et les transformations déjà visibles. Retour sur les principaux changements intervenus au sein d’Axa France, avec sa directrice des ressources humaines, Karima Silvent.

Siège d’Axa France à Nanterre (92).
Siège d’Axa France à Nanterre (92).
AXA France

Une organisation agile...et économe

Bureaux non attribués, espaces lounge avec canapés, zones de silence… Bienvenue dans le nouvel espace de travail d’Axa France. Depuis février dernier, l’assureur a commencé à mettre en place son projet Agile Working au sein de son siège à Nanterre (Hauts-de-Seine). Un environnement de travail plus flexible dans lequel 500 collaborateurs issus de la Direction des services d’information (DSI) et d’Axa France Supports – l’entité regroupant les métiers de soutien à l’activité d’assurance – évoluent déjà. « Le grand mouvement de bascule auquel nous sommes en train d’assister, c’est celui de l’agilité », explique Karima Silvent. « Or, ce n’est pas qu’un projet immobilier. Ce projet permet surtout, et avant tout, le changement culturel de l’entreprise », ajoute-t-elle.

Concrètement, dans ce nouvel espace, les salariés s’installent chaque jour selon leurs besoins dans des salles de réunions, dans des espaces téléphoniques ou collaboratifs. Voire travaillent à distance. « Ce nouvel environnement de travail implique que les équipes ne vivent pas tout le temps ensemble. Il a fallu donc apprendre aux collaborateurs et aux managers à adopter une charte de fonctionnement d’équipe, à avoir des “rituels” afin qu’ils puissent se retrouver au moins une fois par semaine collec­tivement pour échanger », souli­gne la DRH.

Après quelques mois d’expérience, Axa France a procédé à une enquête de satisfaction de ce nouveau mode de travail. « Résultat, les équipes sont globalement très satisfaites, estimant notamment disposer de davantage d’auto­nomie. Les feedbacks montrent que les salariés sont plus productifs avec cette organisation », se félicite Karima Silvent. Engagé dans une politique de réduction des coûts, l’assureur y voit aussi l’occasion de faire des économies. « Cette agilité permet à l’entreprise de gagner des mètres carrés, et au collaborateur d’avoir un sentiment d’espace individuel et collectif agrandi. »

Au regard du succès rencontré par ce mode agile, Axa France entend l’étendre à environ 2 000 salariés d’ici la fin de l’année. À l’automne, tous les collaborateurs basés à Isneauville – lieu du nouveau siège régional normand de la compagnie d’assurances – évolueront dans ce nouvel environnement. Puis ce sera au tour des salariés du site de La Fayette (à Paris), transférés à Nanterre, de suivre certainement le mouve­ment. En effet, le bail de La Fayette arrivant à échéance, Axa France a décidé de fermer ce site, les quelque 600 postes de travail qui s’y trouvaient devant être redéployés – entre autres – au siège social.

Reste que ce nouvel environnement orienté vers la responsabilité des collaborateurs favorise également le télétravail. Alors qu’Axa France comptait 900 télétravailleurs fin 2016, le double (1 832 salariés, précisément) bénéficie désormais de ce mode d’organisation six mois plus tard.

« le dialogue social s’est durci »

  • Depuis le début de l’année 2017, la direction d’Axa France a signé des accords avec les partenaires sociaux sur les salaires, sur le mécénat de compétences, sur le dispositif transition activité/retraite (TAR), ainsi qu’un avenant à l’accord GPEC portant sur l’attribution d’une prime exceptionnelle pour les collaborateurs qui changent de métier. Malgré cela, les relations avec les syndicats semblent tendues. « On observe une transformation du dialogue social, qui s’est clairement durci avec la direction. Alors que nous discutions auparavant des sujets et que nous réussissions à obtenir des contreparties, désormais la direction arrive avec des sujets quasiment déjà bouclés en CCE et les marges de manœuvre sont extrêmement réduites. On a l’impression que l’on ne peut obtenir des choses aujourd’hui que dans le rapport de forces ! », observe Céline Sourdille coordinatrice syndicale nationale CFDT d’Axa.
  • Aucun accord n’a ainsi été conclu sur le compte épargne temps (voir L’Argus de 18 janvier). « Nous souhaitions réformer le CET, car nous considérions que les collaborateurs en avaient un usage déséquilibré. Un peu plus de 50 % des collaborateurs ne l’utilisaient pas du tout. Et 15 % ne l’utilisaient que deux jours par an. Or, c’était une mécanique très lourde à gérer, relativement couteuse, pour un effet disparate », indique Karima Silvent. « Dans sa dernière proposition, la direction proposait une sortie en ”sifflet” du CET. À savoir que nous pouvions placer deux jours sur le dispositif cette année, un jour l’année prochaine, avant une sortie définitive en 2018. L’accord n’était donc pas intéressant », conclut Céline Sourdille. Remis à signature jusqu’au 13 juillet, l’accord CET ne devait, selon nos informations, être paraphé par aucune des organisations syndicales.

Métiers en évolution et investissements en formation

À l’occasion de l’accord sur la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) conclu avec les partenaires sociaux l’an dernier, la direction d’Axa France a procédé à une analyse de l’évolution de ses métiers, notamment afin de déterminer lesquels seraient impactés par la transformation numéri­que. « En l’occurrence, aucun de nos métiers n’est amené à disparaître dans les prochaines années, même si, avec le multicanal, les besoins d’effectifs, dans certaines équipes, vont certainement diminuer », prévient Karima Silvent. Pas moins de 50 % des métiers d’Axa France seront tout de même impactés par le digital, et un départ à la retraite sur deux ne devrait pas être remplacé. « Dans la nouvelle organisation que nous avons mise en place en début d’année, 8 % des collaborateurs d’Axa France ont changé de supérieur hiérarchique (N+1 ou N+2), 16 % ont connu une évolution de certaines activités, et 1 % (120 collaborateurs) ont évolué vers un autre métier », précise la DRH d’Axa France.

Compte tenu de ces changements, un plan d’investissement de 30 M€ dans la formation a été conclu dans le cadre de l’accord GPEC. Objectif : faire monter en compétences l’ensemble des équipes de l’assureur. Un espace Emploi et Formation a aussi été créé sur l’Intranet, dans lequel, notamment, toutes les fiches métiers ont été insérées. « Nous sommes également en train de repenser une partie de nos formations. 20 à 30 % de nos parcours vont être rebâtis, en prenant en compte l’impact du numérique », explique Karima Silvent. De fait, des outils plus interactifs, tels des Cooc (Corporate online open source, cours en ligne), devraient se multiplier au cours des prochains mois chez Axa France.

Les équipes sont globalement très satisfaites, estimant notamment disposer de davantage d’autonomie. Les feedbacks montrent que les salariés sont plus productifs avec cette organisation.

Karima Silvent, DRH Axa France

De nouvelles attentes sur les managers

« Compte tenu de la transformation de nos métiers, mais aussi du développement du travail à distan­ce, le rôle du manager est également amené à être transfor­mé », observe Karima Silvent. La direction attend désor­mais du manager qu’il veille à la fois au développement des colla­borateurs et à leur autono­mie, tout en étant vigilant à la clarté des objectifs et des résul­tats attendus. Du coup, pour les accompagner dans ce nouveau rôle, Axa France a construit des outils spécifiques pour les managers. Une plateforme en ligne baptisée Expérience manager a été créée, sur laquelle des vidéos, des quiz ou encore des tutos sont régulièrement postés. Des webinars – conférence en ligne utilisée en interne – ont même été lancés afin que les managers de la France entière puissent partager le même contenu. Plus de 1 000 personnes s’y sont déjà inscrites.

« Nous investissons également beaucoup sur la compétence RH pour accompagner l’évolution des emplois », ajoute la DRH. Afin de pouvoir répondre aux demandes des salariés via tous les canaux (visio, téléphone, réunion…), l’organisation des ressources humaines est elle-même en train d’évoluer. Un espace Carrière RH a notamment été ouvert au premier étage du siège à Nanterre, dans lequel les collaborateurs peuvent venir – tous les matins jusqu’à 14 heures – à la rencontre de conseillers en ressources humai­nes. En deux mois, une centaine de salariés ont été reçus.


Karima  Silvent

Karima Silvent

Directrice des ressources humaines du groupe Axa

 Karima Silvent est née en 1974. 1995 : diplôme de l’Institut d’études politiques (IEP) 1997 : diplôme de l’École nationale d’administration (ENA) 1997-02 : [...]

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article extrait de l’argus de l’assurance

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