Tribune : la plus grande disruption, c'est le smartphone !

Par - Publié le

,

,

Alors que le terme de disruption est souvent associé aux mots « intelligence artificielle », « blockchain » ou « collaboratif », on en oublie, selon Jean-Sébastien Nénon, directeur des Opérations de LesFurets.com que toutes ces avancées technologiques ne sont rien sans le smartphone, seul outil à même de proposer une « réactivité immédiate voire anticipée ».

Jean-Sébastien Nénon, directeur des opérations de LesFurets.com
Jean-Sébastien Nénon, directeur des opérations de LesFurets.com

Pour les mots aussi, il y a des modes. Et si certains semblent peu attractifs, d’autres ont le vent en poupe et sont repris en cœur dans les médias, comme dans les conversations. C’est notamment le cas de « disruption ». Un mot employé à toutes les sauces. A la moindre avancée technologique, la disruption prend racine dans les textes de ceux qui la défendent, mais dans les faits, qu’en est-il ? Au sens strict du terme, une disruption est l’ouverture brusque d’un circuit électrique. Dans un sens plus large, c’est donc une rupture nette et inattendue avec un ordre établi.

Dans l’assurance, les ruptures nettes et inattendues sont tout de même assez rares. Et si l’objet de ce texte n’est en aucun cas de remettre en cause les progrès technologiques qui facilitent chaque jour la vie des assurés, il convient tout de même de prendre un peu de recul et de ne pas se perdre dans des illusions parfois trop belles.

L’assurance est un secteur historique en pleine transformation numérique. Il y a encore quelques années, il était impossible de souscrire une assurance en ligne en quelques clics, ou de prendre contact avec son assurance, via un chatbot, par exemple. Et si ces avancées sont innovantes et améliorent le confort des clients, sont-elles réellement disruptives ? Ou calquent-elles un modèle existant en le transposant de manière continue dans une réalité digitale ? La question se pose.

Pour être plus concret, l’arrivée de comparateurs sur notre marché a été une innovation sans précédent. Lorsqu’Airbnb a rendu les hôtels ringards, voire obsolètes, la disruption était au rendez-vous. Aussi, à quoi pourrait ressembler une disruption « réelle » dans le monde de l’assurance ? Quels faits concrets feraient évoluer les modèles existants de telle manière que tout un secteur en serait bouleversé, et qu’il n’y aurait plus de retour en arrière possible ?

Le terme disruption est rarement employé seul. La popularité orthographique semble se vivre en bande. Aussi, ce mot est souvent rattaché à d’autres expressions aussi tendance que lui : « intelligence artificielle », « blockchain » ou « collaboratif »… Ensemble, ils déchaînent rapidement les passions, à coups de commentaires, contre-avis et autres likes ou dislikes. Il est vrai que l’un ne va logiquement pas sans les autres. Mais considérons un moment que la plus grande disruption, celle qui ouvrira la porte à toutes les autres est déjà dans notre poche depuis plus d’une dizaine d’années maintenant : notre smartphone.

Dans l’assurance, dont le cœur de métier est de couvrir les aléas de la vie, c’est-un-dire un maximum de situations, partout dans le monde, à toute heure du jour comme de la nuit, l’outil indispensable ne serait-il pas un petit boîtier connecté que tous les assurés pourraient avoir près d’eux en permanence, et qui deviendrait ainsi, la porte d’entrée comme de sortie de la relation entre un assureur et un assuré ?

Liée à une intelligence artificielle, une ou plusieurs blockchain-s… C’est le smartphone qui permettra la réelle disruption qui manque aujourd’hui à l’assurance : la réactivité immédiate voire anticipée.

Prenons quelques exemples concrets :

 

  • Un assuré se déplace de son domicile à son lieu de vacances, en l’occurrence, la montagne et ses pistes de ski. Son smartphone détecte son changement de situation géographique, via la géolocalisation, son application Booking ou OuiSNCF (et pourquoi pas Twitter ou Facebook ?) et lui pose une simple question : « souhaitez-vous être assuré pour votre séjour au ski ? ». En un mouvement de doigt sur son écran, l’assuré peut ainsi choisir la meilleure offre parmi une liste d’assureurs prêts à couvrir ses risques pendant son séjour. Mais loin de la portée commerciale, son téléphone pourra simplement lui envoyer un message et lui dire : « votre contrat d’assurance habitation et votre carte bancaire prévoient une couverture pour votre séjour à hauteur de… ». Et voilà, plus la peine de lire son contrat avant de partir, inutile de comparer les offres de dizaines d’assureurs, une application, un comparateur le fera pour vous et sera pro-actif : l’assurance anticipera vos besoins et vous accompagnera en temps réel pour vous fournir la même garantie

 

  • Autre exemple, un assuré refait la décoration de son salon. Il s’équipe de nouveaux biens mobiliers (canapé, téléviseur…), qu’il règle avec sa carte bancaire. Sa banque lui demande l’autorisation de prévenir son assureur habitation afin que sa couverture soit remise à niveau et qu’il soit bien protégé en cas de dégradation de son nouveau mobilier. Le prix de son assurance augmente ? Pas de problème. Un comparateur compare en direct, pour lui, les offres du marché et lui propose une couverture plus avantageuse chez la concurrence.


Plus qu’une assurance, c’est quasiment un rôle d’assistant personnel que prendront les assureurs. Dans un marché qui deviendra de plus en plus concurrentiel, c’est avant tout la qualité du service et la capacité à offrir une réactivité accrue qui différenciera un assureur d’un autre.

Aussi, dans ce contexte, et cela apparaît clairement, la gestion et la protection des données va devenir de plus en plus essentielle. Dépendant moins des avancées technologiques que de l’évolution des mentalités, la réelle disruption viendra du fait que les assurés et les assureurs devront se faire davantage confiance. La rupture brusque et inattendue, c’est aussi peut-être celle-là. 

 


Jean-Sébastien Nénon

Jean-Sébastien Nénon

Directeur des opérations du site LesFurets.com

Jean-Sébastien Nénon est né le 17 mai 1971. 1995 : diplôme de l’Institut des Assurances d’Aix-Marseille. 1997-2000 : en poste au Vietnam chez Gras Savoye. 2000-03 : Country Manager chez [...]

Lire la suite

Soyez le 1er à réagir







Effectuer une autre recherche

Rechercher