Vie, IARD : les (sombres) prédictions de Fitch sur l’assurance française en 2016

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L’agence de notation explique le pourquoi de sa perspective sur les secteurs vie et non vie en France, compression de la profitabilité en tête.

L’agence de notation Fitch n’a pas changé d’avis sur la situation de l’assurance française en ce début 2016, et garde une perspective négative tant sur les activités vie que non vie.  De façon générale, l’assurance européenne est pénalisée par l’environnement de taux bas (le fameux scénario à la japonaise semble de moins en moins théorique) et par une concurrence intense, le tout pesant sur la profitabilité du secteur.  Pour autant, les acteurs soumis au jugement de Fitch bénéficient de notations stables pour la plupart, grâce à leur taille, leur diversification et leur solvabilité élevée.

Le dilemme des assureurs vie

Alors, pourquoi un jugement doublement sévère sur l’assurance hexagonale ? Pour mémoire, la France s’en titre plutôt mieux que d’autres pays d’Europe (Pays Bas, Allemagne, notamment) face aux faibles taux d’intérêt car les taux moyens garantis du marché en assurance vie sont proche de zéro. Pour autant, « les assureurs sont confrontés en France à un dilemme : soit ils maintiennent les taux servis aux assurés sur les fonds en euros, et leur rentabilité baisse, soit ils baissent les taux de rendement, et ils perdent des clients. En général, ils ont choisi de se positionner entre les deux pour permettre à l’assurance vie de conserver son avantage concurrentiel sur les autres produits d’épargne », observe Frederico Faccio, directeur senior chez Fitch, en charge de la France. L’agence, qui table sur un taux moyen servi au titre de 2015 de 2,1%, reconnaît que le mix produit s’améliore (les unités de compte représentent environ 50% de la collecte nette en 2015). Mais « l’appétit des épargnants pour les UC reste à démontrer dans le contexte actuel de volatilité des marchés financiers ». C’est tout l’enjeu de 2016.

 

Dégradation des ratios combinés

Côté non vie, l’heure est aussi à la prudence, ce qui explique la dégradation à la négative de la perspective en décembre dernier. Fitch table pour 2016 sur une croissance faible (1,6% en IARD), et sur une poursuite de l’effritement de la profitabilité (103% de ratio combiné attendu en 2016, après 102% en 2015). L’accroissement de la fréquence et de la sévérité des sinistres, couplé aux effets de la loi Hamon sur la rotation des portefeuilles et sur les tarifs, risquent ainsi de laisser quelques traces.

 



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