Voitures autonomes : les collectivités en première ligne

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Le 14 mai 2018, Anne-Marie Idrac, Haute responsable pour la stratégie nationale du développement des véhicules autonomes, rendait son rapport de mission au gouvernement. Ce sont surtout les communes et régions qui sont mobilisées par l'objectif national consistant à faire rouler des voitures automatisées sur les routes françaises d’ici 2020.

Valérie Pécresse s'investit au nom de la région Ile-de-France en faveur de la voiture autonome
Valérie Pécresse s'investit au nom de la région Ile-de-France en faveur de la voiture autonome

A l’heure où la métropole Rouen Normandie mène une expérimentation poussée avec Transdev et la Matmut sur des Renault Zoe autonomes et électriques, il apparaît clair que l'essor de la voiture autonome – qualifié d’enjeu économique national par le gouvernement – concerne au premier plan les communes et agglomérations. Elles sont, en effet, soucieuses d’offrir plus de mobilité dans nombre de quartiers non desservis et notamment les lieux de vies stratégiques (hôpitaux, centres commerciaux,…) aux citoyens et de fluidifier une circulation bien souvent congestionnée. « Il faut que le véhicule autonome réponde au besoin de ramener les gens vers les systèmes publics », affirme Frédéric Sanchez, président de la métropole Rouen Normandie qui attend rapidement la mise en circulation de véhicules de niveau 3 et 4 permettant une vraie délégation de conduite. Il s’agit de « mettre des indicateurs de performance pour intégrer les véhicules autonomes dans le plan de déploiement des villes », ajoute Claire Depré, chef de l’unité transports intelligents et DG de Move à la Commission européenne.

Une évolution des transports en commun

C’est surtout à des navettes qu’il faut donc s’attendre. Présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse est mobilisée sur ce sujet: « Il ne faut pas rater le virage, surtout pour l’Ile-de-France qui est la première région automobile du pays en termes d’emploi, d’entreprises (équipementiers, constructeurs) et d’enchevêtrement de réseaux routiers ». Pour l'ancienne ministre, aucun doute, le marché des véhicules autonomes peut atteindre 100 Md€ d’ici 15 ans. « C’est une évolution des transports en commun. Grâce à cette technologie, on va du prêt à porter à quelque chose de plus souple s’apparentant à des petites navettes, voire des taxis robots collectifs ou des trains de bus express », explicite la présidente de la région, qui ne manque pas de rappeler - petite pique à Anna Hidalgo, la maire de Paris - qu’une voiture sur quatre qui roule dans la capitale cherche une place…

100 M€ investis en Ile de France

Avec 60 000 nouveaux habitants par an, Valérie Pécresse précise que sa région sera la première, dans le monde, en matière d'expérimentation de véhicules autonomes. « Le tout métro, le grand Paris express ne sont pas pour tout de suite. Le moins coûteux, c’est encore le transport collectif sur route », ajoute l’élue qui a investi 100 M€ annuels pour rendre les routes de sa région plus intelligentes. Plusieurs axes sont concernés : l’A1 et l’A6, l’A4 et l’A13. Dès 2019, les voies d’arrêt d’urgence seront ainsi utilisées par les constructeurs pour tester des véhicules autonomes et rentabiliser, ce faisant, leurs investissements. « Nous travaillons main dans la main avec l’Etat sur la modernisation du réseau routier », insiste Valérie Pécresse. « Ce sont les autorités territoriales de mobilité qui sont responsables des citoyens », confirme Elisabeth Borne, ministre auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire, chargée des Transports.

 



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