CGP : Des commissions en sursis ... des emplois aussi
Mots clés : - Conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI),
- Autorité des marchés financiers (AMF),
- David Charlet,
- Chambre nationale des conseillersen investissements financiers (CNCIF),
- Stéphane Fantuz
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Rien de tel que la menace sur l'emploi pour peser dans les débats, a fortiori en période de remontée du chômage et à la veille des élections présidentielles. Cette technique, bien connue des lobbys industriels, est aujourd'hui utilisée par la Chambre nationale des conseillers en investissements financiers (CNCif). L'association de conseillers en investissements financiers (Cif), l'une des six agréées par l'Autorité des marchés financiers (AMF), a récemment publié un communiqué dans lequel elle déclare que le projet de révision de la directive européenne sur les marchés d'instruments financiers, dite Mif 2, entraînera, s'il est adopté en l'état, la suppression de quelque 3 000 à 4 000 emplois de conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI).
Une menace qui pourrait concerner 15 000 postes
À titre de comparaison, l'association estime que le secteur compte 3 000 cabinets employant au total près de 8 000 personnes. Si la CNCif pronostique une telle casse sociale, c'est parce que le projet de Mif 2 rédigé par la commission de Bruxelles prévoit l'interdiction, pour tous les intermédiaires financiers (dont les CGPI), des commissions sur encours d'OPCVM. Or, « Mif 2 va donner le la à la prochaine directive européenne sur l'assurance. Les rétrocessions sur les contrats d'assurance vie, qui représentent 80% du chiffre d'affaires des CGPI, pourraient ainsi être interdites », estime le président de la CNCif, Stéphane Fantuz.
David Charlet, président de l'Association nationale des conseillers financiers (Anacofi)-Cif, va plus loin : « En comptant les courtiers Cif et les agents généraux qui font du courtage accessoire comme Cif, l'interdiction des rétrocessions pourraient, à terme, se traduire par la suppression de 12 000 à 15 000 emplois. »
De son côté, le président de la Compagnie des CGPI, Jean-Pierre Rondeau, se veut moins pessimiste : « Le texte interdit les commissions sur encours aux intermédiaires se déclarant indépendants. A priori, il suffira aux CGPI d'enlever leur "I" et de ne pas se prétendre indépendants. Ils pourront ainsi continuer sur le même modèle économique. » Ce à quoi Stéphane Fantuz rétorque : « Nous avons milité des années pour asseoir notre indépendance. Ce n'est pas aujourd'hui, alors que notre métier commence à être reconnu, que nous allons y renoncer. »
- La Commission européenne a remis, le 20 octobre, son projet de révision de la directive sur les marchés d'instruments financiers (Mif 2). Le texte devrait être examiné au printemps 2012 par une commission d'eurodéputés. Les ministres des Finances des 27 États membres auront la possibilité de l'amender. Le Parlement européen pourrait le voter en septembre 2012. Il devra ensuite être transposé dans chacun des pays d'ici à 2014.







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