Les commissions au coeur du débat

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La convention Patrimonia se décline hors de France avec une première édition à Bruxelles les 7 et 8 juin. Des personnalités du secteur ont analysé le contexte économique et ses conséquences sur la gestion de patrimoine.

Patrimonia Congrès a réuni les intermédiaires financiers belges et luxembourgeois.
Patrimonia Congrès a réuni les intermédiaires financiers belges et luxembourgeois.
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Même s'il a commencé son intervention en affirmant que ce que l'on vit actuellement n'est pas écrit dans les livres, Étienne de Callataÿ, chef économiste à la banque Degroof, est formel : la Grèce ne sortira pas de la zone euro dans l'immédiat. En effet, il estime que cela aurait des conséquences immédiates et terribles sur l'Espagne, le Portugal et l'Italie : « Cela n'est pas envisageable. Donc, il faut sauver ces trois pays avant de laisser la Grèce sortir de la zone euro. » Ainsi, nous connaîtrons, fin juin, le deuxième sommet « de la dernière chance » de l'année 2012, après en avoir déjà connu trois en 2011.

Si, sur d'autres points comme la rigueur budgétaire ou les réformes structurelles, Étienne de Callataÿ s'est montré inquiet, il a voulu rassurer l'assistance sur la zone euro en concluant : « Il n'y a pas de raison de paniquer. » Un credo qui n'est pas celui de Jean-Paul Gauzes, député européen, membre de la commission des Affaires économiques et monétaires au Parlement européen, lorsqu'il évoque l'avancement de la directive Mif 2. « Même si le rapporteur Markus Ferber va vers le maintien de la rémunération par commissions, je suis modérément optimiste. »

En effet, de nombreux amendements ont été déposés et tout peut changer jusqu'au dernier moment. Concernant le calendrier de cette directive, il estime que le vote en commission se fera d'ici à la fin de l'année, sous une présidence chypriote qui serait très influencée par les Britanniques - ce qui n'est pas favorable aux commissions -, pour un vote définitif en 2013, sous présidence irlandaise.

Le lendemain, vendredi 8 juin, à l'occasion de la conférence de clôture consacrée aux impacts des évolutions réglementaires de l'intermédiation, Jean-Pol Guisset, président de la Fédération des agents financiers indépendants francophones (Fedafin), a annoncé être « opposé à une transparence des rémunérations qui risquerait de créer une inégalité entre les conseillers financiers et les banques, sachant que nos clients ne sont pas prêts à payer des honoraires ».

Si la directive Mif 2 est fortement décriée, celle concernant les produits financiers remporte davantage de suffrages. Ainsi, Jean-Michel Van Cottem, directeur du département policy, relations internationales et infrastructures de marché de l'Autorité des services et marchés financiers (FSMA), estime que « la protection du consommateur passe surtout par la qualité intrinsèque du produit. Nous avons trouvé des produits par lesquels les professionnels reportent sur les particuliers des risques pour lesquels ils ne trouvent pas de contrepartie ».

Résolument d'accord avec le régulateur belge, Vincent Derudder, président de la Fédération européenne des conseils et intermédiaires financiers (Fecif), affirme : « Je ne suis même pas sûr que tous les intermédiaires financiers comprennent bien les produits qu'ils vendent. La directive Prips va remettre les pendules à l'heure. »

SANDRINE RAMPONT, directeur général délégué d'Infopro communications

« Nous étudions les opportunités qui font sens »

  • Pourquoi avoir choisi de décliner la convention Patrimonia en Belgique ?

Plusieurs partenaires de l'édition lyonnaise nous avaient fait part de leur ambition de se développer en Belgique. Or, il n'y existait pas d'événement B to B fédérateur des conseillers en gestion de patrimoine. C'est ainsi qu'est née cette première édition de Patrimonia Congrès.

  • Quel bilan en dressez-vous ?

Nos partenaires (1) exposants et associatifs, ainsi que les participants ont tous salué l'initiative, ce qui nous encourage à envisager une deuxième édition en juin 2013. Je pense que dès l'année prochaine, nous saurons mobiliser davantage les acteurs belges, francophones ou néerlandophones, pour dépasser la trentaine d'exposants de cette première édition et accueillir bien plus que les 320 conseillers et courtiers de cette année.

  • Quelle est la stratégie de développement d'Infopro communications hors de France ?

De telles déclinaisons pourraient concerner d'autres activités dans l'assurance, par exemple dans la santé ou le courtage. Nous étudions toutes les opportunités qui font sens et regardons avec beaucoup d'intérêt le développement de l'assurance et de l'intermédiation dans de nombreux pays européens ou méditerranéens.

1. BZB, Fecif, Fedafin, Feprable et FVF.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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