Optimisme raisonné chez les courtiers de proximité

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La crise n'a pas entaché le moral des courtiers de proximité, selon le baromètre April-Opinion Way. Toutefois, la profession pâtit encore d'une assez grande méconnaissance de la part du grand public.

Faisant fi de la morosité ambiante, 75% des courtiers de proximité estiment que leur profession se porte bien : cette confiance en l'avenir est l'une des leçons de la seconde édition du Baromètre des courtiers de proximité April-Opinion Way, publiée début septembre 2012. Pourtant, « ce n'est pas un optimisme béat, mais un optimisme raisonné », se défend Roger Mainguy, président d'April courtage. Car, malgré des contraintes réglementaires accrues, la profession entrevoit globalement de belles perspectives d'avenir.

Ainsi, 62% des courtiers pensent que le marché du courtage en assurances va connaître une croissance, 28% une stagnation et seulement 10% un recul. Ils sont même 49% à penser que leur propre chiffre d'affaires va augmenter. Il faut dire que malgré la crise, 71% des courtiers ont connu une hausse de leur chiffre d'affaires depuis trois ans, notamment grâce au travail de leur portefeuille (51%) et à une prospection accrue (45%). « Autre indicateur de bonne santé : c'est une profession qui recrute », souligne Emmanuel Kahn, chargé de l'étude chez Opinion Way. Un cabinet sur trois indique avoir recruté depuis 2009.

 

Confiants, mais conscients

Il n'empêche, les courtiers de proximité restent conscients des menaces : 71% se déclarent inquiets par la plus grande volatilité des consommateurs, 64% par la bancassurance, 57% par la concurrence d'Internet et 56% par la réglementation européenne.

Face à ces enjeux, les courtiers imaginent des leviers de croissance : le travail du portefeuille (82%), la prospection (72%) et Internet (50%). Déjà, 45% ont créé un site Web et 23% sont présents sur les réseaux sociaux. « La profession se met en mouvement sur Internet : on note une nette progression par rapport à la précédente enquête », souligne Gaëlle Revenu, directrice du marketing chez April prévoyance santé. Quant à la fidélisation du portefeuille, « c'est un nouvel enjeu apparu avec la crise et qui ressort de façon saillante ».

Interrogés sur les perspectives, les courtiers parient à 92% sur les professionnels, à 71% sur les entreprises et, quand même, à 62% sur les particuliers, tandis que 48% estiment que la croissance se fera autant sur l'IARD que sur l'assurance de personnes.

Le Baromètre ne s'est pas contenté d'interroger les courtiers (434 répondants par Internet en mai-juin 2012 sur la base April de 15 000 courtiers), mais pour cette seconde édition, il a réalisé une enquête grand public (1 034 personnes interrogées). Et là, les résultats sont plutôt discordants avec l'optimisme affiché des courtiers : seulement 28% des Français disent bien connaître les courtiers en assurances, bien loin derrière les mutuelles, par exemple (61%). La profession de courtier demeure, avec les conseils en gestion de patrimoine indépendants, l'un des canaux de distribution les plus méconnus du grand public.

 

Une profession sans image

Conséquence directe : 54% des Français déclarent n'avoir aucune image de la profession (14% ont une bonne image et 32% une mauvaise). Étonnement, les courtiers pensent, quant à eux, que 62% des Français ont une bonne image de leur profession. Une perception déformée due à leur excès d'optimisme ? En tout cas, les clients qui ont déjà eu recours à un courtier sont satisfaits : 54% sont prêts à souscrire de nouveau et 61% recommanderaient leur courtier à un proche.

« Nous sommes arrivés à un moment où il paraît important que cette profession émerge, estime Roger Mainguy. Et c'est notamment aux grossistes comme April d'apporter aux courtiers indépendants les outils marketing auxquels ils n'ont pas forcément accès pour développer leur notoriété. »

PROFIL : UN QUADRA DE PACA

  • Selon April courtage, qui travaille avec 90% du marché, on dénombre en France environ 16 000 courtiers, dont 9 000 courtiers purs, 3 000 CGPI et entre 3 000 et 4 000 cabinets ayant la double casquette d'agent général et de courtier.
  • Le courtier est un homme âgé en moyenne de 48 ans. Pour ce qui est de leur formation, 45% ont un niveau bac + 3. Le Sud-Est est surreprésenté, avec 35% des courtiers, et ils sont 19% en région parisienne.
  • Le courtage de proximité est composé principalement de petites entités : l'effectif moyen est de 2,5 collaborateurs par cabinet (93% ont moins de 5 collaborateurs) et 57% réalisent un chiffre d'affaires inférieur à 100 000 €, contre 48% en 2011. Cette hausse s'explique par le poids important des créateurs de cabinet (89 %) dans cette tranche.
  • L'activité principale des courtiers porte sur les particuliers (67%), suivis des professionnels (16%) et des entreprises (11%). À 41%, ils ont une activité à dominante IARD-dommages, 34% plutôt assurance de personnes et 17% plutôt assurance vie.

 

 


 


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