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Dossier : Spécial Digital 2016

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L'Argus de l'assurance du 18 mars est consacré au digital. Au programme notamment : les résultats de l'Observatoire de la maturité digitale des assurances et mutuelles, réalisée conjointement avec la société Markess, les enjeux liés au numérique pour les acteurs de l'assurance ou encore les innovations en marche.

Retrouvez dans ce e-dossier les articles de ce numéro #Spécial Digital.


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La transformation digitale n’est pas nouvelle. Elle est actée, intégrée et a donc gagné tous les secteurs, à des niveaux de maturité toutefois épars. Comment se positionne l’assurance ? C’est précisément ce que L’Argus a voulu savoir en lançant, pour ce numéro spécial, le premier Observatoire de la maturité digitale des assurances et mutuelles. Mission : obtenir, par le prisme même des acteurs du milieu, une perception des chantiers finis, en cours, restant à mener. Bref, un point d’étape. Et le résultat est édifiant : 44 % des décideurs interrogés déclarent ne pas être mûrs sur le plan numérique (lire pages suivantes). Un aveu de surplace qui cache un paradoxe sectoriel : comment innover en terre réglementée ? Est-ce comme verser de l’huile dans de l’eau ? Une schizophrénie ! Les dirigeants de sociétés d’assurance s’accommodent de cette antinomie, arbitrant les états d’âme de leur directeur financier et de leur DSI – tous deux gardiens du temple – face aux idées farfelues et dispendieuses du Chief Digital Officer.

Ce point d’étape intervenant en 2016, il n’aura échappé à personne que l’injonction d’innover (sous peine de disruption, «d’ubérisation», de mise à mort sur la place économique) arrive au même moment que celle d’absorber une avalanche inédite de contraintes réglementaires : Solvabilité 2, ANI, loi Eckert, directive distribution… Or, innover coûte cher (450 M€ investis par Axa dans le digital en 2015). Se mettre au diapason réglementaire aussi. D’après nos recherches, Solvabilité 2 aurait, pour une société d’assurance de taille moyenne, ponctionné entre 1,5% et 2% de son chiffre d’affaires en cumulé (coûts humains, budget externe,  outils…) quand la mise en conformité des contrats responsables liée à l’ANI aurait représenté environ 1% de son budget de fonctionnement et 20% de son budget d’investissement. Sur la santé, en outre, la chaîne de traitement n’a jamais connu autant de réglementations (ACS, tiers payant…). Pire : les plus gros chantiers de Solvabilité 2 sont en cours sur la gouvernance et la qualité des données, et ce seront les plus coûteux ! De là à décréter que la surrégulation corsète la mue digitale des assureurs… Il n’y a presque pas débat.

«Leur organisation reste dirigée par l’actuariat», confirme Laurent Gibert, directeur global assurances d’Atos. L’approche des assureurs vis-à-vis de la gestion des données ou de l’analytique reste majoritairement réglementaire. Elle n’est pas encore une approche de services. Et pour cause : sainte réglementation les protège aussi de l’assaut des nouveaux entrants sur leur coeur de métier. Personne ne peut devenir from scratch un vrai assureur en Europe. Mais elle ne leur sera d’aucun recours contre la perte de contact direct avec leurs clients. Les objets connectés cristallisent parfaitement ce paradoxe. «Les assureurs sont pris en étau entre la nécessité de maintenir le lien avec les assurés et le fait d’être en avance de phase avec la réglementation», souligne Emmanuelle Olivié-Paul, directrice associé du cabinet Markess. Schizophrène, on vous dit ! «Il y a, en fait, deux batailles à mener : celle du client et celle des coûts», résume Francine Morelli, associée KPMG, en charge des activités assurance. Bicéphale malgré lui, l’assureur doit donc gérer, d’un côté, son capital, générer du cash-flow, restaurer sa compétitivité opérationnelle et, de l’autre, se digitaliser. Très vite. En pensant, pour se motiver, à ce que disait le physicien Niels Bohr : «Les idées nouvelles ne triomphent jamais, ce sont leurs adversaires qui finissent par mourir.»


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