RETRAITE ET ÉPARGNE DU SALARIÉLa loi « Fillon » fait le trait d'union

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offre globale Un peu moins de trois ans après le vote de la loi « Fillon » portant réforme sur les retraites, la fusion des offres en matière d'assurance collective et d'épargne salariale est une tendance en vogue. Les moyennes et grandes entreprises sont demandeuses, mais seuls quelques acteurs sont à même de répondre à leurs attentes.

La retraite dans l'entreprise a longtemps été une histoire d'assureur. Avec un succès plutôt mitigé. Mais depuis la loi « Fillon », l'instauration du Perco (un outil d'épargne volontaire à vocation retraite) et du PERE (un contrat d'assurance collectif où l'épargne individuelle a droit de cité), la donne a changé. Désormais, les groupes bancaires, qui dominent le marché de l'épargne salariale, se frottent de plus en plus aux assureurs.

Les banques à l'avant-garde

BNP Paribas a été le premier à clamer ses ambitions en annonçant la fusion de ses équipes commerciales « assurance collective » et « épargne salariale » en un seul groupe « épargne retraite entreprise » ou « ÉRE ». La banque persiste en annonçant une petite première avec la création d'un outil permettant à l'épargnant de consulter sur un seul écran ses avoirs globaux obtenus par ses contrats BNP Paribas, qu'il s'agisse d'assurance collective ou d'épargne salariale. Axa a aussi communiqué sur la mise en place d'une offre rapprochant les deux pans.

D'autres y travaillent, plus discrètement. Toutefois, certains signes ne trompent pas. Ainsi, chez CNP assurances, Martine Rapoport, directrice des clientèles collectives, est devenue directrice générale de la filiale d'épargne salariale, Fongepar ; chez Groupama, l'épargne salariale a quitté en 2002 le giron de l'« asset management » pour rejoindre la tour où travaille l'équipe des collectives... Cette stratégie est censée répondre aux besoins des clients. « De plus en plus d'appels d'offres mêlent les deux produits - Perco et assurance retraite. La proposition d'offre globale d'épargne retraite entreprise est donc bien achetée par le marché », explique Hugues Colmant, directeur général de BNP Paribas épargne & retraite entreprises.

La chasse gardée des plus grands

Tous les acteurs peuvent-ils, pour autant, s'adapter à cette nouvelle donne ? Rien n'est moins sûr. Pour deux raisons principales. D'une part, la demande d'offre globale émane surtout des moyennes et grandes entreprises, pas des petites. D'autre part, il faut avoir deux forces techniques et commerciales à unir : seuls Axa, CNP assurances, BNP Paribas, Crédit agricole et la Société générale font partie des dix premiers sur les deux marchés. Le groupe Banques populaires, numéro un de l'épargne salariale, est en train de redéfinir sa gamme en assurance collective, où il est un acteur de taille très modeste, pour répondre aux besoins des grandes entreprises. Elle sera effective en 2007.

Pour les intermédiaires, une adaptation des pratiques et des prestations sera aussi nécessaire. Entre le marché de l'assurance, animé par des courtiers rémunérés aux commissions, et celui de l'épargne salariale, fait d'appels d'offres pilotés par des consultants payés en honoraires, rien de très clair n'émerge en matière de facturation. « Nous travaillons avec les entreprises en tant que conseil ou bien en tant que courtier, à leur convenance et selon le mode d'intervention et de rémunération », indique Denis Campana, responsable du département retraites de Mercer HRC France.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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