Actifs inactifs

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ANNE LAVAUD
ANNE LAVAUD
©BERNARD MARTINEZ
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Parce que la nature humaine est résolument optimiste, les assureurs trouvent actuellement un sujet de satisfaction dans la baisse de la collecte de l'assurance vie, voire dans sa décollecte pour certains d'entre eux. Ils se réjouissent, en effet, de ne pas avoir trop d'actifs nouveaux à placer ! Ayant déjà fort à faire à rendre ceux qu'ils ont en poche Solva 2 compatibles, tout en louvoyant entre les dettes souveraines et les chutes des Bourses. Pour mémoire, la directive européenne exige une mobilisation de capital bien supérieure pour les actions que pour les obligations, favorisant là encore les obligations souveraines (et principalement celles venant de pays de l'OCDE) aux obligations corporate.

Le management des actifs par le risque tel que prévu sous Solvabilité 2 encouragerait, depuis plusieurs années, les assureurs à modifier leur allocation, boudant leur soutien aux entreprises, même si certaines mauvaises langues (ou observateurs avisés) constatent que la baisse de l'exposition du marché aux actions n'est pas réellement le fait d'une stratégie délibérée de la part des gestionnaires d'actifs, mais bel et bien la conséquence d'un repli généralisé des cours.

Toujours est-il que le mouvement est lancé et que l'entrée en application de la directive européenne ne fait désormais plus aucun doute, même si, report après report, il faut l'envisager pour 2014 ou 2015, et non plus en octobre 2012, comme initialement prévu. Voilà encore une occasion de se réjouir ! Imaginez que le calendrier inscrit dans la directive, telle que votée le 22 avril 2009, ait été respecté : c'est dans le marasme économique, fiscal et financier actuel que les assureurs s'apprêteraient à « passer » à Solva 2.

Conscients qu'ils ne doivent pas attendre que tombe au détour d'une dépêche le verdict d'une agence de notation ; inquiets d'un effet domino que le poids des interconnexions entre investisseurs institutionnels présente comme un scénario toujours plus crédible ; convaincus que la crise de la dette souveraine n'est pas aux portes de la France mais a bel et bien passé nos frontières (exit la « tchernodébilité » !), les acteurs du marché de l'assurance - enfin, certains - semblent avoir pris le parti d'agir et d'innover. De nouveaux contrats d'assurance vie devraient bientôt voir le jour ; le service, en dommages comme en vie, reprend des couleurs ; la prévoyance s'invite sérieusement au débat... Bref, d'inactifs, ils sont redevenus actifs, histoire, sans doute, de contrer leurs actifs inactifs.



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article extrait de l’argus de l’assurance

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